Introduction
Ho Chi Minh, de son vrai nom Nguyen Sinh Cung, est une figure monumentale de l'histoire du XXe siècle, symbole de la lutte anticoloniale et de la résistance nationale vietnamienne. Son parcours, qui le mena des ports maritimes aux couloirs du Komintern, façonna un leader à la fois idéologue marxiste-léniniste et patriote profondément ancré dans la culture de son pays. Il incarne la longue quête d'indépendance du Vietnam, synthétisant une volonté de fer avec une image publique de simplicité et de proximité avec le peuple, qui lui valut le surnom affectueux d'« Oncle Ho ».
Jeunesse
Né dans une famille de lettrés confucéens patriotes dans le centre du Vietnam, il est très tôt sensibilisé à la résistance contre la colonisation française. Après des études à Hué, il quitte le pays en 1911 comme garçon de cuisine sur un paquebot français. Ce voyage marque le début de près de trente ans de pérégrinations à travers le monde. Il séjourne longuement en France, aux États-Unis et en Angleterre, s'imprégnant des idées des Lumières et des mouvements ouvriers. C'est à Paris, où il travaille comme retoucheur de photos, qu'il s'engage politiquement, adhère à la SFIO puis fonde en 1919 le parti communiste français. Il se rend ensuite à Moscou où il se forme au marxisme-léninisme au sein du Komintern, avant d'être envoyé en Chine comme agent internationaliste.
Ascension
C'est durant son séjour en Chine qu'il fonde, en 1930, le Parti communiste indochinois (PCI), unifiant les mouvements révolutionnaires vietnamiens. Emprisonné par les autorités chinoises, il prend à sa libération le pseudonyme Ho Chi Minh (« Celui qui éclaire »). Durant la Seconde Guerre mondiale, il retourne au Vietnam et fonde en 1941 la Ligue pour l'Indépendance du Vietnam, le Viêt Minh, une organisation frontiste qui unit communistes et nationalistes contre l'occupant japonais et le colonialisme français. Profitant de la capitulation du Japon en août 1945, le Viêt Minh prend le pouvoir à Hanoï.
Apogee
Le 2 septembre 1945, sur la place Ba Dinh à Hanoï, Ho Chi Minh proclame l'indépendance de la République démocratique du Vietnam, lisant une déclaration s'inspirant des textes américain et français. S'ensuit une guerre de neuf ans contre le retour de la France (Guerre d'Indochine), qui culmine avec la victoire décisive du Viêt Minh à Diên Biên Phu en 1954. Les Accords de Genève divisent temporairement le pays au 17e parallèle. Ho Chi Minh devient président de la République démocratique du Vietnam au Nord. Refusant la partition, il soutient la lutte du Front national de libération du Sud-Vietnam (Viêt Cong), déclenchant la guerre du Vietnam contre les États-Unis et le régime de Saïgon. Il ne verra pas la fin du conflit, décédant en 1969.
Heritage
Ho Chi Minh est aujourd'hui vénéré au Vietnam comme le libérateur national. Son mausolée à Hanoï est un lieu de pèlerinage. Son héritage est complexe : symbole intouchable de l'unité et de la résistance nationale, il est aussi associé au régime communiste à parti unique et aux difficultés économiques initiales. À l'international, il reste une icône majeure des mouvements de libération nationale du Tiers-Monde. Sa pensée, le « Ho Chi Minh Thought », est officiellement un pilier idéologique du Parti communiste vietnamien aux côtés du marxisme-léninisme.
