Introduction
Fidel Castro est l'une des figures politiques les plus marquantes et polarisantes du XXe siècle. Son leadership sur près d'un demi-siècle a fait de Cuba un acteur de premier plan sur la scène internationale, un symbole de la résistance anti-impérialiste pour les uns, une dictature oppressive pour les autres. Son règne, né d'une guérilla audacieuse, a survécu à l'effondrement de l'URSS, à l'embargo américain et à des centaines de tentatives d'assassinat, façonnant profondément l'identité et le destin de l'île caribéenne.
Jeunesse
Né dans une famille aisée de propriétaires terriens d'origine galicienne, Fidel Castro est éduqué dans des collèges jésuites où il développe un esprit compétitif et une éloquence précoce. Il étudie le droit à l'Université de La Havane, où il s'implique intensément dans la politique estudiantine, adhérant à un nationalisme anti-impérialiste et critique envers la corruption. Son engagement politique se radicalise après le coup d'État de Fulgencio Batista en 1952, qui anéantit les espoirs de changement par les voies démocratiques.
Ascension
Le 26 juillet 1953, Castro mène une attaque désespérée contre la caserne de la Moncada à Santiago de Cuba, qui échoue militairement mais devient l'acte fondateur de son mouvement. Emprisonné puis amnistié, il s'exile au Mexique où il fonde le Mouvement du 26 juillet et organise, avec son frère Raúl et l'Argentin Che Guevara, une expédition révolutionnaire. Le 2 décembre 1956, ils débarquent du yacht Granma avec 81 hommes. Après des débuts catastrophiques, la poignée de survivants se réfugie dans la Sierra Maestra et mène une guérilla efficace qui, combinée à un vaste front d'opposition urbaine, conduit à la chute de Batista le 1er janvier 1959.
Apogee
Devenu Premier ministre, Castro engage rapidement une révolution radicale : réforme agraire, nationalisations massives (notamment des entreprises américaines), et mise en place d'un État à parti unique inspiré du modèle soviétique. Cette orientation provoque la rupture avec les États-Unis (embargo en 1960, invasion de la Baie des Cochons en 1961) et le rapprochement avec l'URSS. La crise des missiles d'octobre 1962, née de l'installation de missiles nucléaires soviétiques à Cuba, place l'île au cœur de la confrontation Est-Ouest et au bord d'une guerre mondiale. Malgré l'échec de l'exportation de la révolution en Amérique latine et en Afrique, Castro maintient son régime grâce au soutien économique et militaire soviétique, tout en développant un système d'éducation et de santé public reconnu internationalement.
Heritage
La chute de l'URSS en 1991 plonge Cuba dans une crise économique profonde, la "Période spéciale", mais le régime survit. Castro transfère progressivement le pouvoir à son frère Raúl à partir de 2006 pour raisons de santé. Son héritage est profondément contradictoire : pour ses partisans, il est le défenseur de la souveraineté cubaine face à l'hégémonie américaine, le promoteur de la solidarité internationale et d'un modèle social égalitaire. Pour ses détracteurs, il est le responsable d'un régime autoritaire à parti unique, réprimant les libertés fondamentales et les droits de l'homme, et provoquant l'exil de centaines de milliers de Cubains. Sa figure reste un symbole puissant et controversé de la résistance et du socialisme à l'échelle mondiale.
