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Qiu Kong

« Maître Kong (Kong Fuzi) »

28 septembre 551 av. J.-C. - Qufu11 avril 479 av. J.-C. - QufuChinoise (Période des Printemps et Automnes)
PhilosophieÉthiquePolitiqueÉducation
Periode : Période des Printemps et Automnes (Chine ancienne)

Confucius est un philosophe et penseur chinois du VIe siècle av. J.-C., fondateur du confucianisme. Son enseignement, centré sur la morale, la piété filiale et le bon gouvernement, a profondément façonné la civilisation chinoise et l'Asie de l'Est pendant plus de deux millénaires. Il est considéré comme l'une des figures intellectuelles les plus influentes de l'histoire humaine.

Introduction

Confucius (551-479 av. J.-C.) est le latinisation du nom Kong Fuzi, signifiant "Maître Kong". Né dans une Chine divisée et en proie à des guerres féodales constantes (la Période des Printemps et Automnes), il consacra sa vie à rechercher et à enseigner les principes d'un ordre social harmonieux. Ne fondant pas une religion à proprement parler, il élabora un système de pensée éthique et politique visant à réformer la société par la vertu personnelle et le rétablissement des rites traditionnels. Son influence, consignée principalement dans les "Entretiens" (Lunyu), est devenue le pilier de la culture et de la gouvernance chinoises.

Jeunesse

Issu d'une famille de petite noblesse appauvrie, Confucius perdit son père très jeune et fut élevé par sa mère dans des conditions modestes. Malgré cela, il se montra un étudiant avide, s'instruisant intensément dans les Six Arts (rites, musique, tir à l'arc, conduite de char, calligraphie et mathématiques) et dans les textes classiques anciens. Cette autodiscipline et cette soif de connaissance forgèrent très tôt sa conviction que l'éducation et le perfectionnement moral personnel étaient les clés du progrès humain.

Ascension

Désireux de mettre ses idées en pratique, Confucius occupa divers postes administratifs mineurs dans son État natal de Lu, devenant finalement ministre de la Justice. Il tenta d'appliquer ses principes de gouvernement par la vertu, la justice et le mérite, plutôt que par la naissance ou la force. Cependant, ses réformes se heurtèrent à l'opposition des familles nobles puissantes. Déçu par l'incapacité du duc de Lu à suivre ses conseils, il choisit de démissionner et entama un long exil.

Apogee

Pendant près de quatorze ans, Confucius voyagea de cour en cour avec un groupe de disciples fidèles, cherchant un souverain qui adopterait ses préceptes pour gouverner avec bienveillance. Aucun ne l'écouta vraiment. Cet échec politique fut paradoxalement le creuset de son immense succès intellectuel. C'est durant ces années d'errance et d'enseignement itinérant qu'il forma et instruisit des centaines de disciples, affinant et systématisant sa pensée. De retour à Lu sur ses vieux jours, il se consacra entièrement à l'édition et à la compilation des classiques chinois (comme le "Livre des Odes" ou les "Annales des Printemps et Automnes"), assurant ainsi la transmission du savoir ancien.

Heritage

L'héritage de Confucius est colossal. Après sa mort, ses disciples perpétuèrent et développèrent sa pensée, donnant naissance au confucianisme. Érigé en orthodoxie d'État sous la dynastie Han (IIe siècle av. J.-C.), son système de valeurs – centré sur la piété filiale (xiao), l'humanité (ren), la droiture (yi), les rites (li) et la loyauté – devint le fondement de l'administration impériale (via le système des examens mandarinaux), de l'éducation et de l'éthique sociale en Chine, puis en Corée, au Japon et au Vietnam. Son insistance sur l'harmonie, le respect de l'autorité et l'importance de l'étude a marqué durablement les mentalités. Au XXe siècle, le confucianisme a été vivement critiqué lors de mouvements comme la Révolution culturelle, mais il connaît un regain d'intérêt et une réinterprétation dans la Chine contemporaine et reste une référence majeure dans la philosophie mondiale.

Realisations majeures

  • 1
    Fondation du confucianisme, système de pensée éthique et politique dominant en Asie de l'Est pendant plus de 2000 ans.
  • 2
    Compilation et transmission des Cinq Classiques chinois, préservant le patrimoine culturel et littéraire antique.
  • 3
    Promotion d'une révolution éducative, prônant que l'enseignement moral et l'excellence devaient être accessibles à tous, et non réservés à l'aristocratie.
  • 4
    Élaboration d'une théorie du gouvernement par la vertu (de), où le dirigeant idéal gouverne par l'exemple moral et la bienveillance, assurant l'ordre et la prospérité sans recours à la coercition.

Anecdotes

Leçon sur l'apprentissage

Confucius aurait dit : "Quand trois hommes marchent ensemble, il y a nécessairement mon maître parmi eux. Je choisis ses qualités et les suis, je vois ses défauts et les corrige en moi." Cette phrase illustre sa conviction que l'on peut et doit apprendre de tout le monde, en tout lieu et à tout moment.

Le test des boulettes de riz

Pour tester la droiture de ses disciples, Confucius les aurait un jour enfermés dans une pièce avec un bol de boulettes de riz, en leur disant de ne pas y toucher. Un disciple, affamé, en mangea une. Confucius, en les faisant tous cracher, vit que seul celui qui avait mangé crachait une boulette entière, prouvant ainsi sa culpabilité. L'anecdote, probablement légendaire, souligne l'importance de l'honnêteté et de la maîtrise de soi.

Un enterrement pour son cheval

Lorsque son cheval favori mourut, Confucius voulut lui offrir un enterrement décent. Son serviteur objecta que c'était inconvenant pour un simple animal. Confucius répondit : "Il m'a servi fidèlement et longtemps. Je ne peux le jeter comme un déchet." Il lui fit donc une sépulture modeste, montrant que sa notion d'humanité (ren) et de respect pouvait s'étendre au-delà des relations humaines.

Citations celebres

« Ne fais pas à autrui ce que tu ne voudrais pas qu'on te fasse. »

Formulation négative de la "règle d'or", principe central de l'éthique confucéenne appelé "zhongshu" (loyauté et réciprocité). Elle figure dans les Entretiens (XV, 24).

« Apprendre sans réfléchir est vain. Réfléchir sans apprendre est dangereux. »

Citation des Entretiens (II, 15) soulignant l'importance de l'alliance indispensable entre l'acquisition des connaissances et l'exercice critique de la pensée.

« Le gentleman exige tout de lui-même ; l'homme de peu exige tout des autres. »

Parole tirée des Entretiens (XV, 21) définissant l'idéal de l'homme noble (junzi), qui cultive sa propre vertu avant de critiquer autrui.

Sources

  • Les Entretiens de Confucius (Lunyu), traduction d'Anne Cheng, Seuil, 1981.
  • Histoire de la pensée chinoise, Anne Cheng, Seuil, 1997.
  • Confucius: The Secular as Sacred, Herbert Fingarette, Harper & Row, 1972.
  • Encyclopédie Universalis, articles "Confucius" et "Confucianisme".
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