Introduction
Les guerres anglo-écossaises constituent un chapitre fondamental de l'histoire des îles Britanniques, caractérisé par près de trois siècles de conflits frontaliers, d'invasions et de raids réciproques. Plus qu'une simple rivalité entre deux monarchies, elles incarnent la résistance acharnée du royaume d'Écosse face aux prétentions de suzeraineté des rois d'Angleterre, aboutissant à la consolidation d'une identité nationale écossaise distincte.
Description
Cette longue période de conflit ne fut pas une guerre continue mais une succession de campagnes, de trêves et de reprises des hostilités, principalement concentrées dans les Borders (les Marches), une région frontalière dévastée par les raids. Les causes profondes remontent à la conquête normande de l'Angleterre et aux ambitions expansionnistes des rois anglais, notamment Édouard Ier, qui chercha à imposer sa suzeraineté sur l'Écosse après l'extinction de la lignée royale des Dunkeld en 1290. La réponse écossaise, incarnée par des figures comme William Wallace et Robert the Bruce, fut une guerre d'indépendance acharnée.
Histoire
La première phase majeure, les Guerres d'indépendance de l'Écosse (1296-1357), débuta avec les invasions d'Édouard Ier et l'annexion de l'Écosse. La défaite écossaise à la bataille de Dunbar (1296) fut suivie par la résistance menée par William Wallace, victorieux à Stirling Bridge (1297) mais défait à Falkirk (1298). Robert the Bruce reprit la lutte, remportant une victoire décisive à Bannockburn en 1314. La reconnaissance formelle de l'indépendance écossaise intervint avec la Déclaration d'Arbroath (1320) et le traité d'Édimbourg-Northampton (1328). Les hostilités reprirent sporadiquement tout au long des XIVe et XVe siècles, souvent liées aux alliances écossaises avec la France (la "Auld Alliance"). L'Écosse subit une défaite désastreuse à Flodden Field en 1513, où le roi Jacques IV et une grande partie de la noblesse périrent. Le conflit se poursuivit sous le règne d'Henri VIII lors des "Rough Wooing" (1543-1551), une campagne brutale visant à forcer un mariage entre Marie Stuart et le futur Édouard VI. Les guerres prirent fin avec l'union des couronnes en 1603, lorsque Jacques VI d'Écosse devint Jacques Ier d'Angleterre, et furent définitivement closes par l'Acte d'Union de 1707.
Caracteristiques
Ces guerres présentent plusieurs traits distinctifs : une géographie marquée par la frontière mouvante et les raids (les "Border Reivers"), une asymétrie des forces (l'Angleterre, plus peuplée et riche, face à la ténacité et la connaissance du terrain des Écossais), et l'importance cruciale des châteaux et des places fortes. La tactique écossaise de la "schiltron" (formation de piquiers serrés) s'avéra redoutable contre la cavalerie lourde anglaise, jusqu'à ce que les archers anglais à longue portée (comme à Falkirk et Flodden) ne la neutralisent. Le conflit était également idéologique, opposant la revendication de souveraineté anglaise au droit à l'autodétermination écossais, magnifiquement exprimé dans la Déclaration d'Arbroath.
Importance
L'impact de ces guerres fut profond et durable. Pour l'Écosse, elles forgèrent un sentiment national cohérent et un mythe de la résistance contre un voisin plus puissant. Elles consolidèrent l'alliance avec la France et retardèrent considérablement l'unification de la Grande-Bretagne. Pour l'Angleterre, elles représentèrent un drain financier et militaire constant, influençant sa politique étrangère et intérieure. Culturellement, elles alimentèrent une littérature et une historiographie nationalistes des deux côtés de la frontière. Enfin, elles laissèrent un héritage d'hostilité et de méfiance entre les deux nations qui mit des siècles à s'apaiser, et dont les échos se font encore sentir dans la politique contemporaine du Royaume-Uni.
