Christophe Colomb

Navigateur génois au service des Rois Catholiques d'Espagne, Christophe Colomb est célèbre pour avoir traversé l'océan Atlantique en 1492, croyant atteindre les Indes orientales. Ses quatre voyages ont ouvert la voie à l'exploration et à la colonisation européenne des Amériques. Son héritage est complexe, mêlant découverte majeure et conséquences dramatiques pour les peuples autochtones.

Introduction

Christophe Colomb (1451-1506) est une figure centrale de l'histoire mondiale, symbole de l'ère des Grandes Découvertes. Bien qu'il ne fût pas le premier Européen à atteindre les Amériques (les Vikings l'avaient précédé), ses voyages, soutenus par la couronne espagnole, ont établi un premier contact durable entre l'Ancien et le Nouveau Monde, déclenchant un échange colombien aux conséquences planétaires.

Description

Né à Gênes, Colomb s'installe au Portugal, centre du savoir nautique de l'époque. Il développe la conviction qu'il est possible d'atteindre les Indes (l'Asie) par une route occidentale plus courte que le contournement de l'Afrique. Ses calculs, sous-estimant largement la circonférence de la Terre et ignorant l'existence des continents américains, sont rejetés par les experts portugais. Il obtient finalement le soutien d'Isabelle de Castille et de Ferdinand d'Aragon après la chute de Grenade en 1492. Il reçoit le titre d'Amiral de la mer Océane, de vice-roi et de gouverneur des terres découvertes.

Histoire

Le premier voyage (1492-1493) est historique : avec trois caravelles (la Santa María, la Pinta et la Niña), il atteint une île des Bahamas (Guanahani, qu'il baptise San Salvador) le 12 octobre 1492, puis explore Cuba et Hispaniola. Il y établit le fort de La Navidad. De retour en Espagne, il est accueilli en héros. Le second voyage (1493) est une expédition de colonisation avec 17 navires et 1200 hommes. Il découvre les Petites Antilles, Porto Rico et la Jamaïque, et fonde la première colonie européenne permanente dans les Amériques, La Isabela, sur Hispaniola. Les tensions avec les colons et les Taïnos, ainsi que sa gestion autoritaire, s'aggravent. Le troisième voyage (1498) le mène à l'île de Trinité et aux côtes du Venezuela, qu'il pressent être un 'autre monde', un continent inconnu. Accusé de mauvaise administration, il est renvoyé en Espagne enchaîné. Son quatrième et dernier voyage (1502-1504) le long des côtes de l'Amérique centrale (Honduras, Nicaragua, Costa Rica, Panama) est une quête désespérée d'un passage vers l'Asie. Il meurt en 1506 à Valladolid, convaincu d'avoir atteint l'Asie.

Caracteristiques

Colomb était un navigateur et cartographe talentueux, maîtrisant l'utilisation des alizés pour la traversée. C'était aussi un homme profondément religieux, motivé par la propagation du christianisme et la recherche d'or pour financer une croisade. En tant qu'administrateur, il se révéla autoritaire, incompétent et cruel. Son gouvernorat sur Hispaniola fut marqué par des répressions violentes contre les Espagnols révoltés et l'instauration d'un système d'exploitation (l'encomienda) qui décima les populations taïnos par le travail forcé, les maladies et les violences.

Importance

L'impact de Colomb est immense et dual. Il a définitivement connecté deux hémisphères, initiant l'échange colombien : transfert de plantes (maïs, pomme de terre, tomate vers l'Europe ; blé, café, canne à sucre vers les Amériques), d'animaux et de maladies (la variole et la rougeole causant un cataclysme démographique). Il ouvrit la voie à l'empire espagnol en Amérique et à la colonisation européenne, remodelant la géopolitique mondiale. Son héritage est aujourd'hui réévalué : célébré comme un découvreur visionnaire dans la tradition historique occidentale, il est aussi perçu comme le précurseur de la conquête, de la colonisation et du génocide des peuples autochtones, faisant de lui une figure profondément controversée.

Anecdotes

Une erreur de calcul historique

Colomb utilisait une estimation de la circonférence terrestre établie par l'astronome persan Al-Farghani, mais en la convertissant des miles arabes (plus longs) en miles italiens (plus courts), il obtint un chiffre bien inférieur à la réalité. Il pensait ainsi que le Japon n'était qu'à 4 500 km des Canaries, alors que la distance réelle vers les Amériques était d'environ 19 000 km. Cette erreur fut décisive pour convaincre ses équipages et ses mécènes.

La recherche obsédante de l'or de Cipango

Influencé par les récits de Marco Polo, Colomb était persuadé que l'île de Cipango (le Japon) regorgeait d'or. Tout au long de ses voyages, il interpréta les moindres indices (bijoux en or portés par les Taïnos, rumeurs) comme des preuves de la proximité de mines fabuleuses. Cette quête justifia l'exploitation des populations et devint une obsession qui éclipsa souvent les autres objectifs de l'expédition.

La Lune sauve la journée

Lors de son quatrième voyage, échoué en Jamaïque pendant un an avec des équipages hostiles, Colomb utilisa ses connaissances en astronomie. Sachant qu'une éclipse lunaire totale était prévue pour le 29 février 1504, il convoqua les chefs indigènes et leur annonça que son dieu était en colère et allait faire disparaître la Lune. À mesure que l'éclipse progressait, la panique s'empara des indigènes, qui acceptèrent de ravitailler les Espagnols. La Lune réapparut, renforçant son autorité.

Des restes voyageurs

La dépouille de Christophe Colomb a connu un périple posthume presque aussi mouvementé que ses voyages. Enterré à Valladolid (1506), puis transféré à Séville, ses restes (ou ceux de son fils Diego) furent ensuite envoyés à Saint-Domingue sur Hispaniola selon ses volontés. Après la cession de l'île à la France, ils furent déplacés à La Havane, Cuba (1795). Après la guerre hispano-américaine (1898), ils retournèrent enfin à Séville. La République Dominicaine affirme cependant détenir les véritables restes dans son phare de Colomb, créant une controverse toujours actuelle.

Sources

  • The Diario of Christopher Columbus's First Voyage to America (abstracted by Bartolomé de las Casas)
  • Samuel Eliot Morison, 'Admiral of the Ocean Sea: A Life of Christopher Colombus' (1942)
  • Alfred W. Crosby, 'The Columbian Exchange: Biological and Cultural Consequences of 1492' (1972)
  • Kirkpatrick Sale, 'The Conquest of Paradise: Christopher Columbus and the Columbian Legacy' (1990)
  • Encyclopædia Britannica, 'Christopher Columbus'
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