Introduction
L'Empire romain, fondé en 27 av. J.-C. avec l'avènement d'Auguste comme premier empereur, représente l'apogée de la puissance et de l'influence de Rome. S'étendant de la Bretagne à la Mésopotamie et du Rhin au Sahara, il unifia une multitude de peuples sous un même gouvernement, une même langue (le latin) et un réseau de lois et d'infrastructures sophistiquées. Son histoire se divise généralement entre le Haut-Empire (période de stabilité et de prospérité) et le Bas-Empire (marqué par les crises et les transformations), avant sa division définitive et la chute de sa moitié occidentale.
Description
L'Empire était une autocratie militarisée, où l'empereur (Imperator) détenait le pouvoir suprême, s'appuyant sur l'armée, une bureaucratie naissante et un culte impérial. Sa capitale, Rome, fut la première mégapole de l'histoire, atteignant peut-être un million d'habitants. L'économie reposait sur l'agriculture, l'exploitation des provinces et le commerce à longue distance via les routes et la mer Méditerranée (Mare Nostrum). La société était hiérarchisée, distinguant les citoyens (avec des droits étendus après l'édit de Caracalla en 212) des non-citoyens et des esclaves. La culture romaine, syncrétique, assimila les apports grecs, étrusques et orientaux, notamment dans les domaines de la philosophie, de l'art et de la religion polythéiste.
Histoire
La transition de la République à l'Empire fut le fruit de décennies de guerres civiles, culminant avec la victoire d'Octave sur Marc Antoine à Actium (31 av. J.-C.). Le siècle suivant, dit des Julio-Claudiens, vit le règne d'empereurs comme Tibère, Caligula, Claude et Néron. La dynastie des Antonins (96-192 ap. J.-C.), avec Trajan, Hadrien et Marc Aurèle, marqua l'apogée territorial et la « paix romaine » (Pax Romana). Le IIIe siècle fut une période de crise militaire, politique et économique (l'« anarchie militaire »). Dioclétien (284-305) stabilisa l'Empire par la Tétrarchie (partage du pouvoir). Constantin Ier (306-337) se convertit au christianisme et fonda Constantinople. Théodose Ier fut le dernier à régner sur un Empire unifié avant sa partition définitive en 395 entre Orient (byzantin) et Occident. Ce dernier, affaibli par les invasions barbares, s'effondra en 476 lorsque le chef germanique Odoacre déposa le dernier empereur, Romulus Augustule.
Caracteristiques
Parmi ses caractéristiques majeures figurent : un droit romain sophistiqué, base de nombreux systèmes juridiques modernes ; un réseau exceptionnel de voies pavées (viae), d'aqueducs et de ponts ; une armée professionnelle et légionnaire, structurée en légions de 5 000 hommes ; une administration provinciale centralisée avec des gouverneurs ; une architecture monumentale (arcs de triomphe, amphithéâtres comme le Colisée, thermes, basiliques) utilisant la voûte et le béton romain (opus caementicium) ; et un système de citoyenneté évolutif servant d'outil d'intégration.
Importance
L'héritage de l'Empire romain est colossal. Il transmit au monde médiéval et moderne les fondements du droit, des structures administratives, et la langue latine, mère des langues romanes. Le christianisme, d'abord persécuté, devint religion d'État et se diffusa dans tout l'Empire, façonnant l'Europe. Ses infrastructures influencèrent l'urbanisme pour des siècles. La chute de l'Empire d'Occident est perçue comme une rupture majeure de l'histoire, un modèle de déclin et de transformation qui a nourri d'innombrables réflexions historiques et politiques. L'Empire d'Orient, ou Empire byzantin, perpétua son héritage jusqu'en 1453.
