Introduction
La dynastie Qing, aussi appelée Empire du Grand Qing, régna sur la Chine de 1644 à 1912. Dernière des dynasties impériales, elle fut fondée non par des Chinois Han, mais par les Mandchous, un peuple de l'actuelle Mandchourie. Sous son règne, la Chine connut une expansion territoriale sans précédent, une prospérité économique et un raffinement culturel, avant de s'effondrer sous le poids des révoltes, de la corruption et des agressions étrangères.
Description
L'Empire Qing se caractérisa par sa nature multiethnique et sa bureaucratie centralisée extrêmement sophistiquée. L'empereur, considéré comme le 'Fils du Ciel', gouvernait avec l'aide du Grand Conseil et d'une administration civile recrutée par les rigoureux examens impériaux. L'empire intégra des territoires immenses, incluant la Chine proprement dite, la Mandchourie, la Mongolie, le Tibet et le Xinjiang (Turkestan oriental). La société était structurée de manière hiérarchique, avec les Mandchous et leurs alliés mongols au sommet, suivis des Chinois Han. L'économie était principalement agraire, mais le commerce intérieur et la production artisanale (porcelaine, soieries) étaient florissants. La culture Qing, conservatrice et néo-confucianiste, vit néanmoins un épanouissement dans les arts, la littérature (avec le monumental 'Rêve dans le pavillon rouge') et la philosophie.
Histoire
L'ascension des Qing débuta avec Nurhaci (1559-1626), qui unifia les tribus mandchoues et fonda la dynastie Jin postérieure. Son fils, Hong Taiji, proclama la dynastie Qing en 1636. En 1644, profitant de la révolte paysanne qui renversa les Ming, les armées mandchoues, menées par le prince Dorgon, s'emparèrent de Pékin. La conquête du sud fut longue et sanglante. Les empereurs Kangxi (r. 1661-1722) et Qianlong (r. 1735-1796) consolidèrent l'empire, repoussant les Mongols, annexant le Tibet et le Xinjiang, et présidant à un 'âge d'or' de stabilité et de prospérité. Le XIXe siècle marqua le déclin : les guerres de l'Opium (1839-1842, 1856-1860) contre les puissances britannique et française imposèrent des traités inégaux et une humiliation nationale. L'empire fut secoué par des révoltes massives, notamment la révolte des Taiping (1850-1864), qui fit des dizaines de millions de morts. Les tentatives de réforme modernisatrice, comme le Mouvement d'auto-renforcement, furent insuffisantes. La défaite désastreuse contre le Japon en 1895 et la révolte des Boxers (1899-1901) accélérèrent la chute. La révolution de 1911, menée par Sun Yat-sen, força l'abdication du dernier empereur, Puyi, le 12 février 1912.
Caracteristiques
1. **Origine mandchoue** : Élite dirigeante distincte, préservant son identité par des lois (coiffure de la queue, interdiction des mariages mixtes). 2. **Expansion territoriale maximale** : L'empire atteignit sa plus grande étendue sous Qianlong, fixant les frontières approximatives de la Chine moderne. 3. **Système de gouvernement dual** : Administration mixte utilisant à la fois des fonctionnaires mandchous et han, avec des postes-clés réservés aux Mandchous. 4. **Prosperité du XVIIIe siècle** : Poussée démographique (population passant d'environ 150 à 400 millions), développement agricole et commercial. 5. **Conservatisme et isolationnisme** : Politique restrictive envers le commerce extérieur (système de Canton) et méfiance envers les influences occidentales, contribuant au choc des civilisations.
Importance
L'héritage des Qing est colossal. Ils forgèrent la carte géopolitique de la Chine contemporaine en intégrant durablement des régions périphériques comme le Tibet et le Xinjiang. Le traumatisme du 'siècle de l'humiliation' face aux impérialismes occidentaux et japonais devint un pilier central du nationalisme chinois moderne, motivant les appels à la 'renaissance' et à la puissance. La chute des Qing mit fin à plus de deux millénaires d'institution impériale, ouvrant une période d'instabilité (ère des seigneurs de la guerre) avant l'établissement de la République populaire. Aujourd'hui, la période Qing est à la fois étudiée comme un sommet de la civilisation chinoise traditionnelle et comme une leçon sur les dangers de la stagnation face au changement mondial.
