Mort d'Alexandre le Grand

10 ou 11 juin 323 av. J.-C.Babylone, Empire d'Alexandre (actuel Irak) Antiquité, Époque hellénistique

Alexandre le Grand, roi de Macédoine et conquérant de l'immense empire perse achéménide, meurt à Babylone à l'âge de 32 ans, après une brève maladie. Sa mort soudaine, sans héritier clairement désigné, crée un vide politique immense. Elle déclenche immédiatement des conflits entre ses généraux, les Diadoques, pour le partage de l'empire, inaugurant près d'un demi-siècle de guerres de succession.

Titre

Une agonie rapide et mystérieuse

Description

Le récit des derniers jours d'Alexandre nous est principalement connu par les historiens antiques Arrien, Plutarque et Diodore de Sicile. Tout commence fin mai ou début juin 323. Après un banquet en l'honneur de l'amiral Néarque, Alexandre ressent une forte fièvre. La maladie progresse rapidement. Malgré son état, il continue à diriger depuis son lit, recevant des officiers et donnant des ordres pour la prochaine expédition navale vers l'Arabie. Les symptômes décrits incluent une fièvre intense, des frissons, une faiblesse généralisée, et des difficultés à parler. Ses généraux, angoissés, défilent à son chevet. À un moment, la rumeur de sa mort se répand, provoquant une émeute de soldats macédoniens désespérés qui forcent les portes du palais pour le voir une dernière fois ; Alexandre leur fait alors un signe de la main en silence. L'état du roi empire. Le 10 ou 11 juin, après environ dix jours de maladie, Alexandre le Grand s'éteint dans le palais de Babylone, à l'âge de 32 ans. La question 'À qui laisses-tu ton royaume ?' lui aurait été posée. Sa réponse légendaire et ambiguë fut : 'Au plus fort' (ou 'Au meilleur', selon les sources). Cette réponse allait sceller le destin de son empire.

Anecdotes

Le lit funéraire vide

Selon une curieuse anecdote rapportée par les sources, pendant son agonie, Alexandre aurait demandé à ce que l'on laisse passer son lit funéraire par le temple de Bel-Marduk à Babylone, pour y consulter les oracles. Les prêtres lui auraient répondu qu'il était dangereux d'introduire le roi dans le temple. Alexandre aurait alors interprété cela comme un signe que les dieux lui refusaient l'entrée et qu'il allait mourir. Il renonça alors à sa demande.

L'énigme de l'empoisonnement

La thèse de l'empoisonnement, évoquée déjà dans l'Antiquité, a persisté à travers les siècles. Les suspects désignés étaient souvent Antipater, le régent de Macédoine en conflit avec Alexandre, ou son fils Cassandre, qui aurait fourni un poison distillé dans le pied d'un mulet. Cependant, la plupart des historiens modernes privilégient une cause naturelle : la malaria, la fièvre typhoïde, ou une pancréatite aiguë (peut-être aggravée par l'alcool et des blessures anciennes) semblent des explications plus plausibles au vu des symptômes décrits et du contexte.

Le dernier souhait

Plutarque rapporte une liste de projets grandioses qu'Alexandre aurait ordonnés sur son lit de mort, montrant que son esprit de conquête ne l'avait pas quitté. Il aurait demandé la construction de temples somptueux, la conquête de l'Arabie et de la Méditerranée occidentale, et le peuplement de l'Asie par des colons européens. Le plus spectaculaire était son souhait d'être enterré dans l'oasis de Siwa en Égypte, où l'oracle l'avait reconnu comme fils de Zeus-Ammon. Son corps, embaumé, fut finalement détourné vers Alexandrie par Ptolémée, qui en fit un symbole de légitimité pour son nouveau royaume.

Sources

  • Arrien, 'Anabase d'Alexandre' (livre VII)
  • Plutarque, 'Vies parallèles' (Vie d'Alexandre, chapitres 73-77)
  • Diodore de Sicile, 'Bibliothèque historique' (livre XVII)
  • Paul Goukowsky, 'Alexandre et la conquête de l'Orient'
  • Pierre Briant, 'Alexandre le Grand'
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