Bataille de Marathon

12 septembre -490Marathon, Grèce (Attique) Grèce antique / Guerres médiques

En septembre -490, une armée athénienne et platéenne, largement inférieure en nombre, inflige une défaite décisive aux forces perses de l'empereur Darius Ier débarquées à Marathon. Cette victoire, obtenue par une charge audacieuse des hoplites grecs, sauve Athènes de la soumission et marque un tournant psychologique majeur dans les Guerres médiques. Elle devient le symbole de la supériorité de la liberté et de la discipline grecque face à la puissance impériale orientale.

Titre

Déroulement : La stratégie de Miltiade et la charge décisive

Description

À l'été -490, une flotte perse forte d'environ 25 000 hommes (infanterie et cavalerie, selon les sources antiques, probablement exagérées) commandée par les généraux Datis et Artapherne, débarque dans la baie de Marathon. Ce site est choisi pour sa plage propice et ses plaines adaptées à la cavalerie perse. Les Athéniens, alertés, envoient leur armée de hoplites (environ 9 000 à 10 000 hommes), renforcée par 1 000 Platéens, bloquer les cols menant à Athènes. Le commandement est collégial entre dix stratèges, dont le plus influent est Miltiade, ancien tyran de la Chersonèse connaissant bien les tactiques perses. Pendant plusieurs jours, les deux armées se font face. Les Grecs, positionnés sur les hauteurs, évitent de s'engager dans la plaine où la cavalerie perse serait redoutable. Selon Hérodote, Miltiade, voyant une opportunité (peut-être le rembarquement partiel de la cavalerie ou une faiblesse au centre), persuade ses collègues d'attaquer. Au petit matin du 12 septembre, les hoplites grecs, formés en phalange sur une longue ligne pour éviter l'encerclement, chargent sur une distance inhabituellement longue (environ 1,5 km) pour réduire l'efficacité des archers perses. Le centre grec, volontairement aminci, céda sous le choc des troupes d'élite perses, mais les ailes, plus épaisses, écrasèrent les contingents alliés moins aguerris. Les ailes victorieuses se rabattirent alors sur le centre perse, le mettant en déroute. Les Perses fuient vers leurs navires, poursuivis par les Grecs qui en capturent sept. Les pertes sont asymétriques : environ 6 400 morts du côté perse contre seulement 192 Athéniens (selon la tradition, chiffre symbolique). La légende du coureur Philippidès (ou Phidippidès) courant annoncer la victoire à Athènes (42 km) avant de mourir d'épuisement, bien que probablement apocryphe et confondue avec une course de messagerie avant la bataille, est née de cet épisode.

Anecdotes

Le bouclier signal

Selon l'historien Hérodote, un signal aurait été donné aux Perses depuis Athènes par un bouclier poli reflétant le soleil, peut-être brandi par des partisans des anciens tyrans (les Alcméonides furent suspectés). Ce signal indiquait que la ville était sans défense et encourageait la flotte perse à faire voile directement vers Athènes après la bataille, ce que Miltiade anticipa en forçant la marche de retour de son armée.

Le tumulus des Athéniens

Sur le champ de bataille, un grand tumulus (le Sorós) fut érigé pour inhumer les 192 Athéniens tombés. Il est encore visible aujourd'hui et constitue un témoignage archéologique poignant. Fait rare, les morts furent honorés sur place plutôt que ramenés dans la cité, marquant le caractère sacré du lieu de leur sacrifice.

La course du marathon moderne

La légende du messager Philippidès courant annoncer la victoire à Athènes inspira le baron Pierre de Coubertin pour créer l'épreuve du marathon (42,195 km) lors des premiers Jeux Olympiques modernes d'Athènes en 1896. La distance fut standardisée après les Jeux de Londres en 1908, fixée entre le château de Windsor et le stade de White City.

Les prisonniers érétréens

Avant Marathon, la flotte perse avait rasé Érétrie, sur l'île d'Eubée. Les survivants furent emmenés en captivité. Hérodote rapporte que Datis, en route pour l'Attique, déposa ces prisonniers sur l'île d'Egilia (Styra), démontrant la logistique et les méthodes de déportation de l'armée perse.

Sources

  • Hérodote, *Histoires* (Enquête), Livre VI (102-120) - Source principale, bien que postérieure d'une génération et mêlant faits et récits.
  • Cornelius Nepos, *Vies des grands capitaines*, "Miltiade" - Biographie offrant un récit complémentaire.
  • Pausanias, *Description de la Grèce*, Livre I (Attique) - Décrit les monuments commémoratifs encore visibles à son époque (IIe siècle ap. J.-C.).
  • Études archéologiques du tumulus de Marathon et de la région.
  • Peter Krentz, *The Battle of Marathon* (2010) - Analyse historique moderne réévaluant les effectifs et la tactique.
EdTech AI Assistant