Assassinat de Jules César

15 mars -44Rome, République romaine République romaine tardive

Jules César, dictateur à vie de Rome, est assassiné le 15 mars 44 av. J.-C. (les Ides de Mars) par un groupe de sénateurs romains, dont Brutus et Cassius. Cet acte, perpétré au Sénat, visait à restaurer les institutions républicaines mais plongea Rome dans une nouvelle série de guerres civiles. Il marque un point de non-retour dans la transition de la République romaine vers l'Empire.

Titre

Déroulement : Le complot et les Ides de Mars

Description

Le complot est ourdi par près de soixante sénateurs, menés par Caius Cassius Longinus et Marcus Junius Brutus (ce dernier, protégé de César, est présenté comme le symbole de la défense de la République). Le jour choisi est le 15 mars (Ides de Mars), jour de séance du Sénat dans la Curie de Pompée, temporairement déplacée. La veille, des présages et les avertissements de l'haruspice Spurinna sont ignorés par César. Le matin du 15, son épouse Calpurnia, ayant fait un cauchemar, tente en vain de le retenir. Sur le chemin, il reçoit un billet détaillant le complot mais ne le lit pas. Arrivé à la Curie, les conjurés l'entourent sous le prétexte de présenter une requête. Tillius Cimber lui arrache sa toge, signal donné pour l'attaque. Servilius Casca porte le premier coup, à la nuque. César, surpris, tente de se défendre avec son style (poinçon), mais, voyant Brutus parmi les agresseurs, il prononce, selon Suétone, les mots grecs "Kai su, teknon?" ("Toi aussi, mon fils?") avant de s'envelopper la tête de sa toge et de tomber, percé de 23 coups de poignard, au pied de la statue de Pompée. La scène provoque une panique indescriptible ; les conjurés, brandissant leurs poignards ensanglantés, s'enfuient vers le Capitole en criant avoir libéré Rome du tyran.

Anecdotes

Le présage de Spurinna

L'haruspice (devin) Spurinna aurait averti César que sa vie serait en danger jusqu'aux Ides de Mars. Le matin du 15, César le croisa et lui dit en plaisantant : "Les Ides de Mars sont arrivées !", à quoi Spurinna répondit : "Oui, elles sont arrivées, mais ne sont pas encore passées."

Les derniers mots

La célèbre phrase "Tu quoque, mi fili?" ("Toi aussi, mon fils?") est rapportée par Suétone, mais sous une forme grecque ("Kai su, teknon?"). Shakespeare l'a immortalisée en latin dans sa pièce "Jules César". D'autres sources, comme l'historien romain Dion Cassius, prétendent que César ne dit rien et se couvrit simplement le visage.

La mort au pied de la statue de Pompée

Le fait que César se soit effondré au pied de la statue de son grand rival, Pompée, qu'il avait vaincu à Pharsale, fut perçu comme un châtiment divin et une vengeance posthume par une partie de l'opinion romaine, ajoutant une dimension tragique et symbolique à l'événement.

Le testament et le legs au peuple

Lors de ses funérailles, Marc Antoine révéla le testament de César, qui léguait ses jardins au peuple romain et donnait 300 sesterces à chaque citoyen. Cette révélation, combinée à l'exhibition de sa toge ensanglantée, retourna violemment la foule contre les assassins.

Sources

  • Suétone, "Vie des douze Césars - Vie de Jules César"
  • Plutarque, "Vies parallèles - Vie de César / Vie de Brutus"
  • Nicolas de Damas, "Vie de César" (fragments)
  • Appien, "Guerres civiles, Livre II"
  • Dion Cassius, "Histoire romaine, Livre XLIV"
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