Construction du Mur de Berlin

13 août 1961Berlin, Allemagne Guerre Froide

Dans la nuit du 12 au 13 août 1961, les autorités de la République démocratique allemande (RDA), soutenues par l'Union soviétique, commencent la construction d'un mur fortifié pour encercler Berlin-Ouest. Cet ouvrage, destiné à stopper l'exode massif des Allemands de l'Est vers l'Ouest, devient le symbole physique du 'rideau de fer' et de la division du monde en deux blocs. Il restera en place pendant 28 ans, jusqu'à sa chute le 9 novembre 1989.

Titre

L'Opération 'Rose' : Une construction éclair et secrète

Description

L'opération, baptisée 'Rose', est préparée dans le plus grand secret par le régime est-allemand sous le nom de code 'Mesure de protection de la frontière d'État'. Dans la nuit du samedi 12 au dimanche 13 août 1961, vers 1h du matin, des milliers de membres des forces armées (police, armée, ouvriers du combat) et des groupes de combat des entreprises (FDGB) sont déployés. Ils coupent les communications, déroulent des kilomètres de barbelés et commencent à arracher le pavé pour établir une barrière infranchissable le long de la ligne de démarcation de 43 km à l'intérieur de Berlin. Les transports publics entre les deux parties de la ville sont suspendus. Les Berlinois se réveillent le dimanche matin devant une ville coupée en deux. Dans les jours suivants, les barbelés sont progressivement remplacés par un mur de parpaings et de blocs de béton, surveillé par des miradors, des chevaux de frise ('hérissons tchèques'), des fossés anti-véhicules et une zone interdite (la 'bande de la mort'). Le point de passage le plus célèbre, Checkpoint Charlie, est établi peu après. La construction se poursuit et se perfectionne pendant des années, aboutissant à un système de fortifications complexe (le 'Mur de 4e génération' dans les années 1970) long de 155 km autour de Berlin-Ouest.

Anecdotes

Le dernier train

Dans la nuit de la construction, un train de la ligne S-Bahn (métro de surface) circulant d'est en ouest fut le dernier à passer. Les passagers, ignorant tout, traversèrent une frontière qui n'existait plus à leur retour.

La phrase qui a trahi le secret

Lors d'une conférence de presse internationale le 15 juin 1961, une journaliste interrogea Walter Ulbricht sur une éventuelle fermeture de la frontière. Il répondit : 'Personne n'a l'intention de construire un mur !' ('Niemand hat die Absicht, eine Mauer zu errichten !'). Cette phrase, devenue célèbre, fut un mensonge délibéré, les plans étant déjà bien avancés.

Les fenêtres murées de la Bernauer Strasse

Sur la Bernauer Strasse, la frontière passait au niveau des façades des immeubles, dont les portes donnaient à l'Est et les fenêtres à l'Ouest. Les premiers jours, des habitants sautèrent par les fenêtres pour fuir. Les autorités est-allemandes firent alors murer les fenêtres, puis évacuèrent les habitants et firent finalement raser les immeubles.

Le discours mal compris de Kennedy

Le 26 juin 1963, John F. Kennedy prononça son discours de solidarité devant l'hôtel de ville de Berlin-Ouest. Sa phrase 'Ich bin ein Berliner' ('Je suis un Berlinois') est restée dans l'histoire. Une légende urbaine prétend qu'il se serait trompé et aurait dit 'Je suis un beignet' (un 'Berliner' étant aussi une pâtisserie), mais sa formulation était parfaitement correcte et extrêmement puissante pour le public allemand.

Sources

  • Frederick Taylor, 'Le Mur de Berlin : 13 août 1961 - 9 novembre 1989'
  • Documentation du Mémorial du Mur de Berlin (Berlin Wall Memorial)
  • Archives de la Stasi (BStU) et du gouvernement est-allemand
  • Témoignages et rapports diplomatiques américains (Department of State)
  • Chroniques de presse internationale d'août 1961 (The New York Times, Le Monde, Der Spiegel)
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