Krach de Wall Street

24 octobre 1929New York, États-Unis Entre-deux-guerres

Le Jeudi noir du 24 octobre 1929 marque le début du krach boursier le plus célèbre de l'histoire. Une vente massive et paniquée de titres entraîne l'effondrement des cours à la Bourse de New York. Cet événement est considéré comme le point de départ de la Grande Dépression, une crise économique mondiale sans précédent.

Titre

Du Jeudi noir au Mardi noir : l'effondrement en cascade

Description

Après un pic atteint début septembre, le marché commence à montrer des signes de faiblesse en octobre. Le jeudi 24 octobre 1929, le "Jeudi noir", la panique s'empare de Wall Street. Dès l'ouverture, une vague de ventes massives et désordonnées submerge le marché. Près de 13 millions de titres sont vendus, un record. Les cours s'effondrent. Un groupe de banquiers, mené par Thomas W. Lamont de la banque J.P. Morgan, tente de rétablir la confiance en injectant des fonds pour acheter des actions à des cours élevés, ce qui permet un semblant de stabilisation en fin de journée. Cependant, la panique reprend de plus belle le lundi 28 octobre ("Lundi noir") avec une nouvelle chute vertigineuse. Le point culminant de la crise survient le mardi 29 octobre 1929, le "Mardi noir". Ce jour-là, plus de 16 millions de titres sont liquidés dans le chaos le plus total. Les cours s'effondrent sans trouver de plancher, les téléscripteurs ne parviennent plus à suivre le rythme des transactions, et les investisseurs, ruinés par les appels de marge, voient leurs fortunes s'évaporer. La chute se poursuit par à-coups jusqu'en juillet 1932, date à laquelle l'indice Dow Jones aura perdu près de 90% de sa valeur par rapport à son sommet de 1929. Ce n'était pas un simple ajustement, mais l'implosion totale de la bulle spéculative.

Anecdotes

Les cireurs de chaussures et Joseph Kennedy

La légende veut que l'investisseur Joseph P. Kennedy (père du futur président) ait décidé de vendre toutes ses actions après avoir reçu un conseil boursier de son cireur de chaussures. Il aurait considéré cela comme un signe ultime que la spéculation était devenue irrationnelle et que tout le monde, même les personnes les plus éloignées de la finance, jouait en Bourse. Cette prise de conscience lui aurait permis de préserver sa fortune.

Les téléscripteurs en retard

Le 29 octobre, le volume des transactions était si élevé que les téléscripteurs mécaniques, qui imprimaient les cours en temps réel dans les bureaux de courtage à travers le pays, prirent plus de deux heures et demie de retard. Les investisseurs vendaient "à l'aveugle", sans savoir à quel prix leurs ordres étaient exécutés, ajoutant à la confusion et à la panique générale.

Le suicide des spéculateurs

Une anecdote tenace, bien qu'en partie exagérée par la presse de l'époque, veut que le nombre de suicides ait considérablement augmenté à la suite du krach. Des histoires circulaient sur des spéculateurs ruinés se jetant par les fenêtres de leurs bureaux. Si une hausse des suicides a été constatée, elle fut moins spectaculaire que la légende ne le raconte, mais le mythe du courtier suicidaire est resté ancré dans la culture populaire comme symbole du désastre.

L'incendie du bâtiment de la Bourse

De manière fortuite, un incendie se déclara dans le bâtiment de la Bourse de New York le 10 septembre 1929, quelques semaines seulement avant le krach. Bien que rapidement maîtrisé et n'ayant causé que des dégâts mineurs, certains y virent par la suite un présage sinistre de l'embrasement financier à venir.

Sources

  • John Kenneth Galbraith, "La Crise économique de 1929" (1954)
  • Charles P. Kindleberger, "Manias, Panics, and Crashes: A History of Financial Crises" (1978)
  • Milton Friedman et Anna Schwartz, "A Monetary History of the United States, 1867-1960" (1963)
  • Bibliothèque du Congrès des États-Unis - Archives sur la Grande Dépression
  • Museum of American Finance, New York - Exhibits on the 1929 Crash
EdTech AI Assistant