Armistice de 1918

11 novembre 1918Compiègne, France Première Guerre mondiale (1914-1918)

L'Armistice du 11 novembre 1918 est la convention signée entre les Alliés et l'Allemagne, marquant la fin des combats de la Première Guerre mondiale sur le front occidental. Entré en vigueur à 11 heures, il suspend les hostilités en attendant la signature d'un traité de paix définitif. Cet événement est devenu le symbole de la victoire des démocraties et de la fin d'un conflit d'une brutalité inédite.

Titre

Négociations dans le wagon et signature sous contrainte

Description

La délégation allemande, conduite par le civil Matthias Erzberger (centre catholique), traverse les lignes le 7 novembre. Elle est conduite, les yeux bandés, jusqu'à la clairière de Rethondes où stationne le train du commandant suprême allié, le maréchal Ferdinand Foch. Les pourparlers débutent le 8 novembre à 9h du matin. Foch et l'amiral britannique Wemyss présentent les conditions alliées, préparées après consultation des gouvernements. Il n'y a pas de négociation possible : il s'agit d'une capitulation militaire. Les clauses sont extrêmement dures : évacuation sous 15 jours de tous les territoires occupés (Alsace-Lorraine, Belgique, France), ainsi que de la rive gauche du Rhin ; livraison d'un matériel de guerre colossal (5 000 canons, 25 000 mitrailleuses, 1 700 avions, la flotte de haute mer) ; annulation des traités de Brest-Litovsk et de Bucarest. L'Allemagne doit en outre renoncer à la flotte de guerre, dont le sort sera décidé plus tard. Après avoir transmis les conditions à Berlin et reçu l'autorisation du gouvernement provisoire, Erzberger signe l'armistice à 5h20 du matin, le 11 novembre. Il entre en vigueur à 11h00, marquant la fin de plus de quatre années de combats. Le cessez-le-feu est respecté sur la plupart des fronts, bien que des combats sporadiques aient lieu jusqu'à la dernière minute.

Anecdotes

La dernière victime

Le soldat américain Henry Gunther est considéré comme le dernier tué au combat de la Première Guerre mondiale. À 10h59, soit une minute avant l'heure H, il chargea, contre l'ordre de son supérieur, un poste de mitrailleuse allemand près de Metz. Les soldats allemands, connaissant l'imminence du cessez-le-feu, tentèrent de le dissuader, mais finirent par tirer.

Le wagon et son destin symbolique

Le wagon-restaurant n°2419D, utilisé pour la signature, fut conservé comme monument à la clairière de Rethondes. En juin 1940, Adolf Hitler exigea que l'armistice avec la France soit signé au même endroit, dans le même wagon, pour effacer l'humiliation de 1918. Le wagon fut ensuite emmené en Allemagne et détruit dans les derniers jours de la Seconde Guerre mondiale. Une réplique exacte occupe aujourd'hui le site mémoriel.

Le télégramme codé 'Hostilities'

L'ordre de cessez-le-feu fut transmis aux troupes alliées par un télégramme codé. Le message officiel, envoyé à 6h du matin le 11 novembre, commençait par : 'Hostilities will cease on the entire front November 11 at 11 o'clock French time...' Ce mot 'Hostilities' (hostilités) devint le signal officiel de la fin de la guerre.

Une paix immédiate mais précaire

L'armistice n'était pas un traité de paix, mais une suspension d'armes renouvelable (il fut prolongé trois fois). Les combats continuèrent sur d'autres fronts, notamment en Russie où les Alliés intervenaient contre les Bolcheviks, et en Afrique de l'Est où le général allemand Lettow-Vorbeck, ignorant la nouvelle, ne déposa les armes que le 25 novembre.

Sources

  • Becker, J.-J. (2010). 'L'Année 14'. Folio histoire.
  • Duroselle, J.-B. (2003). 'La Grande Guerre des Français, 1914-1918'. Perrin.
  • Winter, J. (2014). 'The Cambridge History of the First World War'. Cambridge University Press.
  • Site officiel de l'Historial de la Grande Guerre de Péronne.
  • Archives diplomatiques françaises - Les traités de paix et l'armistice.
EdTech AI Assistant