Assassinat d'Abraham Lincoln

14 avril 1865Washington, D.C., États-Unis Guerre de Sécession américaine (1861-1865)

Le 14 avril 1865, le président Abraham Lincoln, 16e président des États-Unis, est assassiné par l'acteur et sympathisant sudiste John Wilkes Booth au théâtre Ford de Washington. L'attentat survient cinq jours après la reddition du général confédéré Robert E. Lee à Appomattox, marquant la fin effective de la Guerre de Sécession. Lincoln succombe à ses blessures le lendemain matin, plongeant la nation en deuil et compromettant ses projets de réconciliation nationale.

Titre

Une conspiration mise à exécution

Description

Le 14 avril, jour du Vendredi Saint, John Wilkes Booth, acteur célèbre et espion confédéré, apprend que le président et sa femme assisteront à une représentation de la pièce "Our American Cousin" au théâtre Ford ce soir-là. Il organise rapidement l'attentat. Vers 22h, Booth, connaissant parfaitement les lieux, entre dans la loge présidentielle (la "State Box") et verrouille la porte derrière lui. Au moment où le public rit d'une réplique de la pièce, il tire à bout portant une balle de derringer de calibre .44 dans l'arrière du crâne de Lincoln, assis dans un fauteuil à bascule. Le major Henry Rathbone, présent dans la loge, tente de maîtriser Booth mais est blessé d'un coup de couteau. Booth saute alors de la loge sur la scène (environ 3 mètres), s'écriant "Sic semper tyrannis!" (Ainsi périssent toujours les tyrans !), la devise de la Virginie, avant de s'enfuir à cheval par une porte arrière. Le président, gravement blessé, est transporté dans une maison en face du théâtre (la Petersen House), où les médecins ne peuvent que constater la gravité de la blessure. Il reste dans le coma toute la nuit et meurt à 7h22 le 15 avril. Pendant ce temps, un complice, Lewis Powell, tente d'assassiner le secrétaire d'État Seward chez lui, le blessant grièvement, tandis que George Atzerodt, chargé de tuer le vice-président Johnson, perd courage et ne passe pas à l'acte.

Anecdotes

Le rêve prémonitoire

Quelques jours avant l'assassinat, Lincoln aurait raconté à son garde du corps et à sa femme un rêve troublant. Il se voyait errer dans la Maison-Blanche et entendre des sanglots. En suivant le bruit, il arrivait dans la East Room et découvrait un corps allongé sur un catafalque, entouré de soldats en garde. À la question "Qui est mort à la Maison-Blanche ?", un soldat lui répondait : "Le président. Il a été assassiné."

L'absence du garde du corps

Le policier John Parker, assigné à la protection du président à la loge du théâtre Ford, quitta son poste pendant l'entracte, soit pour aller boire au salon adjacent, soit pour regarder la pièce depuis un autre endroit. Il n'était donc pas à son poste lorsque Booth entra. Cette négligence fatale illustre le manque de protocole de sécurité rigoureux pour les dirigeants à l'époque.

La balle fatale et le fauteuil à bascule

La balle qui tua Lincoln est entrée par l'arrière gauche du crâne et s'est logée derrière son œil droit. Le fauteuil à bascule dans lequel il était assis, taché de sang, fut conservé par le Département de l'Intérieur avant d'être exposé au musée Henry Ford. La loge du théâtre, quant à elle, n'a jamais été réutilisée et est aujourd'hui une attraction touristique.

La dernière phrase entendue

La réplique de la pièce "Our American Cousin" qui provoqua le rire masquant le coup de feu était : "Well, I guess I know enough to turn you inside out, old gal—you sockdologizing old man-trap!" ("Eh bien, je suppose que j'en sais assez pour te retourner comme un gant, vieille fille — espèce de vieux piège à hommes socdologisant !"). Le mot inventé "sockdologizing" (signifiant peut-être "décisif" ou "assommant") fut la dernière chose qu'Abraham Lincoln entendit.

Sources

  • James L. Swanson, "Manhunt: The 12-Day Chase for Lincoln's Killer" (2006)
  • Doris Kearns Goodwin, "Team of Rivals: The Political Genius of Abraham Lincoln" (2005)
  • National Park Service - Ford's Theatre National Historic Site
  • Library of Congress - Abraham Lincoln Papers
  • Eric Foner, "Reconstruction: America's Unfinished Revolution, 1863-1877" (1988)
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