Exécution de Louis XVI

21 janvier 1793Paris, France Révolution française

Louis XVI, roi de France, est guillotiné publiquement le 21 janvier 1793. Son exécution, décidée par la Convention nationale après un procès pour haute trahison, marque un point de non-retour dans la Révolution française. Cet acte symbolise la fin de la monarchie de droit divin et plonge l'Europe dans la guerre.

Titre

Le procès et l'exécution

Description

Le procès de Louis XVI, désormais appelé « Louis Capet », s'ouvre le 10 décembre 1792 devant la Convention, qui se constitue en tribunal. Il est accusé de « conspiration contre la liberté publique et la sûreté générale de l'État ». Le roi est défendu par Malesherbes, Tronchet et de Sèze. Malgré une défense habile, les preuves de ses manœuvres contre-révolutionnaires sont accablantes. Le vote sur la culpabilité est unanime (693 voix pour). Le vote sur la peine, qui dure 24 heures les 16 et 17 janvier, est dramatique et serré : 387 voix pour la mort contre 334 pour la détention ou la mort conditionnelle. La demande de sursis est rejetée à une voix près (380 contre 310). Dans la matinée du 21 janvier, le roi est conduit en voiture fermée de la prison du Temple à la place de la Révolution, escorté par une force militaire imposante. Il monte sur l'échafaud vers 10h22. Selon de nombreux témoignages, il tente de s'adresser à la foule (« Je meurs innocent… ») mais ses paroles sont couvertes par un roulement de tambours ordonné par le général Santerre. La lame de la guillotine tombe, mettant fin à sa vie. L'exécuteur Sanson exhibe sa tête au peuple, déclenchant des cris de « Vive la Nation ! ».

Anecdotes

La dernière nuit

La veille de son exécution, Louis XVI confia ses dernières volontés à un garde, demanda des ciseaux pour couper lui-même ses cheveux, et refusa de voir sa famille pour leur éviter une scène déchirante. Il passa une partie de la nuit en prières avec son confesseur, l'abbé Edgeworth de Firmont.

Le couteau de la guillotine

Selon une légende tenace, la lame de la guillotine aurait été émoussée par l'exécution du duc de Cossé-Brissac quelques jours auparavant, et aurait mal fonctionné. Les historiens considèrent cela comme une invention royaliste pour ajouter au martyre du roi ; les comptes-rendus officiels et des témoins comme Beugnot indiquent une exécution rapide et technique.

Le pari de Philippe Égalité

Louis-Philippe d'Orléans, cousin du roi et député à la Convention sous le nom de Philippe Égalité, vota pour la mort de Louis XVI. Ce vote fratricide, motivé par son ambition révolutionnaire, le rendit infréquentable et précipita sa propre exécution en novembre 1793.

La chemise du roi

Sur l'échafaud, Louis XVI fut empêché de parler par les tambours, mais il aurait, selon plusieurs témoins, prononcé ces mots à l'attention de son confesseur : « Peuple, je meurs innocent ! Je pardonne aux auteurs de ma mort. Je prie Dieu que le sang que vous allez répandre ne retombe jamais sur la France. »

Sources

  • Archives parlementaires de 1787 à 1860, Série 1, Tome LVII.
  • Mémoires de Sanson, bourreau de Paris (anonyme, 1830).
  • Récits de témoins oculaires : Beugnot, Cléry, l'abbé Edgeworth.
  • Œuvres de Robespierre et Saint-Just à la Convention.
  • Travaux historiques de François Furet, Mona Ozouf, Jean-Clément Martin.
EdTech AI Assistant