Révolution copernicienne

mai 1543Nuremberg, Saint-Empire romain germanique Renaissance

En 1543, l'astronome polonais Nicolas Copernic publie "Des révolutions des sphères célestes", un ouvrage qui propose un modèle héliocentrique du système solaire. Cette théorie révolutionnaire place le Soleil, et non la Terre, au centre de l'univers, remettant en cause près de quatorze siècles de dogme scientifique et philosophique. Bien que timidement reçue à l'époque, elle constitue le point de départ d'une révolution scientifique majeure.

Titre

La publication d'une idée révolutionnaire

Description

Nicolas Copernic, chanoine, médecin et astronome polonais, travaille pendant des décennies à l'élaboration de son modèle héliocentrique. Il rédige une première esquisse de ses idées vers 1514 dans un court manuscrit, le "Commentariolus", diffusé confidentiellement parmi quelques savants. Craignant les controverses, il retarde pendant des années la publication de son œuvre majeure. Ce n'est qu'à la fin de sa vie, poussé par son disciple Georg Joachim Rheticus, qu'il accepte de la publier. Rheticus supervise l'impression à Nuremberg, mais doit quitter la ville avant son achèvement, confiant la tâche finale au théologien luthérien Andreas Osiander. Ce dernier, sans en informer Copernic mourant, ajoute une préface non signée ("Au lecteur, sur les hypothèses de cet ouvrage") présentant le modèle héliocentrique comme un simple outil mathématique pour calculer les positions des planètes, et non comme une description de la réalité physique. Cette préface, longtemps attribuée à Copernic lui-même, atténue le caractère révolutionnaire de l'ouvrage. "De revolutionibus orbium coelestium" (Des révolutions des sphères célestes) paraît finalement en mai 1543. La légende veut que Copernic ait reçu le premier exemplaire imprimé sur son lit de mort, le jour même de sa disparition, le 24 mai 1543. L'ouvrage expose de manière détaillée et mathématique un système où les planètes, dont la Terre, tournent autour du Soleil, et où la rotation diurne de la Terre explique le mouvement apparent de la voûte céleste.

Anecdotes

Une préface trompeuse

La fameuse préface ajoutée par Osiander, qui présentait le système de Copernic comme un simple modèle mathématique et non comme la réalité, a trompé les lecteurs pendant des décennies. Même un astronome aussi éminent que Tycho Brahe en a été influencé, rejetant le mouvement de la Terre tout en admirant la cohérence mathématique de l'ouvrage. Ce n'est que lorsque Kepler révéla la supercherie dans son ouvrage "Astronomia Nova" (1609) que la véritable intention révolutionnaire de Copernic fut pleinement reconnue.

Copernic, le chanoine multi-tâches

Copernic n'était pas un astronome de profession. En tant que chanoine de la cathédrale de Frombork, ses responsabilités étaient administratives, juridiques et médicales. Il a mené ses recherches astronomiques en parallèle de ses charges officielles. Il a également écrit un traité de monnaie et participé à la défense de son diocèse lors de conflits avec l'Ordre Teutonique.

Une censure tardive

Contrairement à une idée reçue, "De revolutionibus" ne fut pas immédiatement mis à l'Index par l'Église catholique. L'ouvrage circula librement parmi les savants pendant 73 ans. Ce n'est qu'en 1616, dans le contexte très tendu du procès de Galilée, qu'il fut finalement "suspendu jusqu'à correction" pour ses affirmations contraires à l'Écriture Sainte. Les corrections demandées (une dizaine de passages à modifier) furent publiées en 1620, mais peu d'exemplaires furent effectivement corrigés.

Sources

  • Copernic, Nicolas. "De revolutionibus orbium coelestium". Nuremberg, 1543.
  • Koyré, Alexandre. "La Révolution astronomique". Hermann, 1961.
  • Gingerich, Owen. "Le Livre que nul n'avait lu : À la poursuite du "De revolutionibus" de Copernic". Dunod, 2008.
  • Blay, Michel. "La Science classique : XVIe-XVIIIe siècle". Flammarion, 1999.
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