Départ de l'expédition de Magellan

20 septembre 1519Sanlúcar de Barrameda, Espagne Grandes Découvertes

Le 20 septembre 1519, Fernand de Magellan quitte l'Espagne avec une flotte de cinq navires pour trouver une route occidentale vers les îles aux Épices (les Moluques). Après trois ans d'un périple épique, marqué par la découverte du détroit qui porte son nom et la traversée du Pacifique, un seul navire, la Victoria, revient en Espagne le 6 septembre 1522, bouclant la première circumnavigation de l'histoire. Magellan meurt aux Philippines en 1521, et c'est le Basque Juan Sebastián Elcano qui achève le voyage.

Titre

Un périple de trois ans, de l'Atlantique au Pacifique et au-delà

Description

L'expédition quitte Séville le 10 août 1519, puis Sanlúcar le 20 septembre, avec 5 navires (la Trinidad, le vaisseau amiral de Magellan, la San Antonio, la Concepción, la Victoria et la Santiago) et environ 237 hommes de diverses nationalités. Après une traversée de l'Atlantique et une escale à Rio de Janeiro, Magellan explore minutieusement la côte sud-américaine à la recherche d'un passage. Face à l'hiver austral et au découragement des équipages, il doit réprimer une mutinerie dans la baie de San Julián (Patagonie) en avril 1520. La Santiago est perdue lors d'une reconnaissance. En octobre 1520, Magellan découvre l'entrée du détroit qui portera son nom, un labyrinthe de chenaux de 600 km. La San Antonio profite d'une mission de reconnaissance pour faire défection et retourner en Espagne. Après 38 jours de navigation périlleuse, les trois navires restants débouchent dans un océan d'une tranquillité inouïe que Magellan nomme « Pacifique ». La traversée de cet océan, bien plus vaste que prévu, est un calvaire de près de quatre mois (novembre 1520 - mars 1521), marqué par la faim, la soif et le scorbut. L'expédition atteint enfin les îles Mariannes puis les Philippines. Magellan s'implique dans les conflits locaux et est tué lors d'une bataille contre les habitants de Mactan le 27 avril 1521. Sous le commandement successif de João Serrão et de Juan Sebastián Elcano, les survivants, réduits à deux navires, atteignent enfin les Moluques en novembre 1521 et chargent un précieux chargement d'épices. La Trinidad, trop endommagée, reste pour réparer (elle sera finalement capturée par les Portugais). Seule la Victoria, sous le commandement d'Elcano avec 18 hommes d'équipage européens et 4 Indonésiens, ose affronter l'océan Indien et le cap de Bonne-Espérance, territoire portugais, pour rentrer en Espagne. Elle arrive à Sanlúcar de Barrameda le 6 septembre 1522, bouclant le premier tour du monde.

Anecdotes

Le géant patagons

Pigafetta décrit la rencontre avec les Tehuelches en Patagonie comme celle avec des géants : « Nous ne lui arrivions qu'à la ceinture, et il était bien proportionné. » Le nom « Patagonie » viendrait peut-être de « Patagón », le « grand pied », en référence à leurs grandes empreintes.

La mutinerie de la baie de San Julián

En avril 1520, plusieurs capitaines espagnols, doutant de l'existence d'un passage, se rebellent contre l'autorité de Magellan, le Portugais. Par une ruse audacieuse, Magellan envoie un groupe fidèle reprendre le navire rebelle Victoria, puis fait exécuter l'un des meneurs, Quesada, et abandonne un autre, Cartagena, avec un prêtre sur la côte déserte. Il rétablit ainsi son autorité par la terreur.

Le baptême du Pacifique

En émergeant du détroit, Magellan et ses hommes trouvèrent un océan si calme, comparé aux tempêtes de l'Atlantique Sud, qu'il le nomma « Mar Pacífico » (Mer Pacifique). Ils ignoraient qu'ils s'apprêtaient à traverser le plus grand océan de la planète.

Le journal qui a gagné un jour

En rentrant par l'ouest, l'équipage de la Victoria constata à l'arrivée que leur journal de bord indiquait le 5 septembre, alors qu'en Espagne c'était le 6. Ils avaient en fait « perdu » un jour en faisant le tour de la Terre vers l'ouest. Cette expérience fut une démonstration pratique du caractère sphérique de la planète et du décalage horaire.

Le prix des épices

La cargaison de clous de girofle rapportée par la Victoria, bien que réduite après les pertes en mer, fut vendue pour une somme si élevée qu'elle couvrit l'intégralité du coût de l'expédition de cinq navires et près de 240 hommes. Les 18 survivants européens qui débarquèrent étaient riches.

Sources

  • Pigafetta, Antonio. « Le Premier Voyage autour du monde par Magellan » (manuscrits divers, 1524-1525).
  • Zweig, Stefan. « Magellan » (biographie, 1938).
  • Bergreen, Laurence. « Over the Edge of the World: Magellan's Terrifying Circumnavigation of the Globe » (2003).
  • Documents des Archives générales des Indes (Archivo General de Indias) à Séville.
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