Bataille de Hastings

14 octobre 1066Hastings, Angleterre Moyen Âge central

Le 14 octobre 1066, l'armée normande de Guillaume le Conquérant affronte et défait les troupes anglo-saxonnes du roi Harold II. Cette victoire décisive ouvre la voie à la conquête normande de l'Angleterre. Elle marque une rupture profonde dans l'histoire britannique, transformant la société, la langue, la culture et le système politique.

Titre

Une journée d'affrontement tactique et de ruse

Description

L'armée anglo-saxonne, épuisée par sa marche forcée et les pertes de Stamford Bridge, prend position sur la crête de la colline de Senlac. Elle forme un mur de boucliers (le 'shield wall') compact et difficile à percer. Les Normands, quant à eux, alignent une armée plus diversifiée : archers, fantassins et une puissante cavalerie lourde. La bataille commence par une volée de flèches normandes, peu efficace contre le mur de boucliers. Les assauts de l'infanterie et de la cavalerie normandes échouent à briser les lignes anglaises. Une rumeur de la mort de Guillaume provoque un moment de panique dans ses rangs. Le duc relève alors sa visière pour montrer qu'il est vivant et rallie ses troupes. La bataille tourne grâce à une ruse tactique probablement préméditée : des unités normandes simulent une retraite désordonnée, incitant des groupes de soldats anglais à quitter leur position défensive pour les poursuivre. Une fois isolés, ils sont encerclés et massacrés par la cavalerie normande. Cette manœuvre est répétée, érodant progressivement le mur de boucliers. En fin d'après-midi, le roi Harold II est tué, probablement frappé à l'œil par une flèche selon la tradition (représentée sur la Tapisserie de Bayeux), avant d'être achevé par des chevaliers normands. La mort de leur chef provoque la déroute définitive de l'armée anglo-saxonne.

Anecdotes

La Tapisserie de Bayeux

Cette broderie de lin longue de près de 70 mètres, réalisée probablement en Angleterre peu après la conquête, est une source iconographique majeure. Elle raconte en images la saga de la conquête, de la promesse d'Harold à sa mort. Elle représente notamment la comète de Halley (apparue en avril 1066) comme un mauvais présage pour Harold.

Le serment controversé

La revendication de Guillaume reposait sur le fait qu'Harold, fait prisonnier lors d'un naufrage sur les côtes du Ponthieu, lui avait prêté serment de fidélité sur des reliques sacrées, promettant de soutenir sa candidature au trône. Les sources normandes présentent cela comme un serment sacré, tandis que les sources anglaises le dépeignent comme extorqué sous la contrainte.

Fondation de l'abbaye de Battle

En pénitence pour le sang versé et pour commémorer sa victoire, Guillaume fit vœu de fonder une abbaye à l'endroit exact où Harold était tombé. L'autel de l'abbaye fut érigé sur le prétendu lieu de sa mort. La petite ville de Battle s'est développée autour de cette abbaye.

Une armée hétéroclite

L'armée de Guillaume n'était pas uniquement composée de Normands. Elle comprenait aussi des contingents de Bretons, de Flamands, de Français et même des mercenaires venus de toute l'Europe, attirés par la promesse de butin et de terres. Cette diversité est visible sur la Tapisserie de Bayeux.

Sources

  • La Tapisserie de Bayeux (broderie du XIe siècle).
  • Guillaume de Poitiers, 'Gesta Guillelmi' (écrit vers 1071-1077).
  • Orderic Vital, 'Historia Ecclesiastica' (XIIe siècle).
  • Anglo-Saxon Chronicle (chroniques contemporaines).
  • David Bates, 'William the Conqueror' (2016).
  • Marc Morris, 'The Norman Conquest' (2012).
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