Introduction
L'Empire achéménide, fondé par la dynastie perse des Achéménides, représente l'apogée de la puissance perse antique. Il fut le premier véritable empire mondial, intégrant une mosaïque de peuples, de cultures et de royaumes sous une autorité centralisée. Sa capacité à gérer cette diversité par un système administratif sophistiqué et une politique de relative autonomie pour les peuples conquis en fit un modèle de gouvernance impériale.
Origines
Les Perses, peuple indo-européen, s'installent sur le plateau iranien vers le IIe millénaire av. J.-C. Initialement vassaux du royaume mède, ils sont unifiés par Cyrus II (Cyrus le Grand), issu du clan des Achéménides. Vers 550 av. J.-C., Cyrus renverse le roi mède Astyage, unifiant Mèdes et Perses. Il lance ensuite une série de conquêtes fulgurantes : le royaume lydien de Crésus (546), les cités grecques d'Ionie, et surtout l'empire néo-babylonien (539), libérant les Juifs exilés. Son fils Cambyse II ajoute l'Égypte à l'empire en 525 av. J.-C.
Organisation
L'empire était divisé en une vingtaine de provinces appelées satrapies, chacune gouvernée par un satrape (gouverneur) nommé par le Grand Roi, souvent issu de la famille royale ou de la noblesse perse. Un système de contrôle rigoureux était mis en place, avec un secrétaire royal et un commandant militaire indépendant pour surveiller le satrape. Le réseau royal de routes, dont la célèbre « Route Royale » de Sardes à Suse (2 700 km), permettait une communication rapide via des relais de courriers (le système des angaroi). L'empire utilisait plusieurs langues administratives (vieux-perse, élamite, babylonien, araméen) et frappait une monnaie d'or, le darique, qui facilita les échanges.
Religion
La religion officielle de la dynastie et de l'élite était le zoroastrisme, une foi monothéiste ou dualiste fondée par le prophète Zarathoustra (Zoroastre). Elle opposait le dieu suprême de la sagesse et de la lumière, Ahura Mazdâ, à l'esprit du mal, Angra Mainyu. Le feu sacré était un élément central du culte. Cependant, les Achéménides pratiquèrent une politique de tolérance religieuse remarquable pour l'époque. Ils respectèrent et financèrent parfois les cultes des peuples soumis (comme les dieux babyloniens Marduk ou Bel, ou le Dieu des Juifs), voyant dans cette diversité une source de stabilité. Les inscriptions royales invoquaient souvent la protection d'Ahura Mazdâ tout en reconnaissant les autres divinités.
Apogee
L'apogée de l'empire est atteint sous Darius Ier (522-486 av. J.-C.) et son fils Xerxès Ier (486-465 av. J.-C.). Darius réorganisa profondément l'administration et les finances, créant le système des satrapies, uniformisant les poids et mesures, et lançant de grands projets de construction. Il fit édifier la nouvelle capitale cérémonielle de Persépolis, chef-d'œuvre de l'art achéménide synthétisant les influences mésopotamiennes, égyptiennes, grecques et anatoliennes. L'empire s'étendait alors de la Thrace et de la Cyrénaïque à l'ouest, jusqu'à la vallée de l'Indus à l'est, englobant environ 40 à 50 millions d'habitants. Les tentatives de conquête de la Grèce continentale (guerres médiques) marquèrent cependant les limites de cette expansion.
Declin
Après Xerxès, l'empire entra dans une phase de déclin relatif, marquée par des révoltes fréquentes en Égypte et en Asie Mineure, et des intrigues de palais. La centralisation se relâcha, et le pouvoir des satrapes locaux grandit. La stabilité financière fut érodée par les dépenses militaires et les trésors immobilisés. La fin survint avec l'invasion foudroyante d'Alexandre le Grand de Macédoine. Après les batailles décisives du Granique (334), d'Issos (333) et de Gaugamèles (331), Alexandre s'empara des capitales (Babylone, Suse, Persépolis qu'il incendia partiellement en 330) et mit fin à la dynastie achéménide en tuant le dernier roi, Darius III.
Heritage
L'héritage achéménide est immense. L'empire servit de modèle administratif et politique pour les empires hellénistiques (séleucides) puis parthes et sassanides. Son idéal de gouvernement d'un vaste territoire multiculturel inspira les empires ultérieurs. Les techniques de construction et l'art synchrétique de Persépolis influencèrent l'architecture orientale. La tolérance religieuse de Cyrus est commémorée dans le « Cylindre de Cyrus », souvent considéré comme une première déclaration des droits de l'homme. Enfin, l'empire achemina des idées, des techniques et des biens entre l'Orient et l'Occident, préparant le terrain aux échanges de l'ère hellénistique.
