Introduction
Les périodes Maurya (c. 322-185 av. J.-C.) et Gupta (c. 320-550 ap. J.-C.) constituent les piliers de l'Inde ancienne classique. Séparées par plusieurs siècles de fragmentation politique, ces deux dynasties ont successivement unifié une grande partie du sous-continent, établissant des modèles d'administration, de culture et de pensée qui définissent encore l'héritage indien. Le Maurya est célèbre pour sa puissance militaire et sa bureaucratie sophistiquée, tandis que le Gupta est renommé comme l'apogée de la culture classique et scientifique indienne, souvent qualifié d'Âge d'or.
Origines
L'empire Maurya est fondé par Chandragupta Maurya, qui, avec l'aide de son conseiller Chanakya (Kautilya), a renversé la dynastie Nanda de Magadha et repoussé les garnisons grecques laissées par Alexandre le Grand. L'empire Gupta est fondé par Sri Gupta, mais son véritable architecte est Chandragupta Ier (sans lien avec le Maurya), qui a établi sa puissance par une alliance matrimoniale avec la puissante famille Licchavi. Les deux empires sont nés dans la plaine du Gange, cœur économique et démographique de l'Inde du Nord.
Organisation
L'empire Maurya était hautement centralisé et bureaucratique, divisé en provinces dirigées par des princes ou des gouverneurs. L'État contrôlait étroitement l'économie, l'industrie (comme la sidérurgie et le textile) et disposait d'un vaste réseau d'espions, comme décrit dans l'Arthashastra, traité de politique attribué à Chanakya. L'empire Gupta était plus décentralisé, fonctionnant sur un modèle féodal où les rois locaux (samanthas) devaient allégeance et tribut à l'empereur (Maharajadhiraja). Cette structure permettait une autonomie locale tout en maintenant une unité culturelle et politique.
Religion
Sous les Maurya, le bouddhisme a prospéré, notamment sous Ashoka, qui, après la sanglante conquête du Kalinga, s'est converti au Dharma (loi morale bouddhiste) et a promu la non-violence (ahimsa), l'éthique et la tolérance par ses célèbres édits gravés sur des piliers et des rochers. L'hindouisme, le jaïnisme et d'autres cultes étaient également tolérés. L'ère Gupta est marquée par une renaissance et une systématisation de l'hindouisme sous sa forme puranique, avec le culte de Vishnou et Shiva prenant le pas sur les anciens rites védiques. Le bouddhisme a continué à fleurir (notamment à Nalanda) mais a commencé à décliner face à un hindouisme revitalisé.
Apogee
L'apogée Maurya est atteint sous Ashoka (r. c. 268-232 av. J.-C.), dont l'empire s'étendait de l'actuel Afghanistan au Bengale et jusqu'au sud de l'Inde (sauf l'extrême sud). Son règne est marqué par la propagation du bouddhisme et des principes de gouvernance éthique. L'apogée Gupta est atteint sous Chandragupta II (r. c. 375-415 ap. J.-C.), période de stabilité, de prospérité et d'exploits culturels. La cour d'Ujjain attirait les plus grands esprits, et l'empire commerçait activement avec l'Empire romain et l'Asie du Sud-Est.
Declin
L'empire Maurya a décliné rapidement après la mort d'Ashoka, affaibli par des successeurs faibles, la pression financière d'une bureaucratie pléthorique et la résurgence des pouvoirs régionaux. Il s'effondre vers 185 av. J.-C. L'empire Gupta a décliné au milieu du VIe siècle, miné par les invasions des Huns Hephtalites (Hunas) depuis le nord-ouest, l'érosion du pouvoir central au profit des samanthas et des difficultés économiques. Le sous-continent est retourné à un patchwork d'États régionaux.
Heritage
L'héritage est immense. Les Maurya ont légué le concept d'un État indien unifié, des principes de gouvernance administrative et la diffusion du bouddhisme en Asie. Les piliers d'Ashoka, avec leur chapiteau du lion, sont l'emblème national de l'Inde moderne. Les Gupta ont codifié et ont laissé leur marque dans presque tous les domaines : les épopées du Mahabharata et du Ramayana ont pris leur forme définitive ; les traités de mathématiques (invention du zéro, système décimal), d'astronomie (Aryabhata), de médecine (Sushruta Samhita) et de métallurgie (le Pilier de fer de Delhi) ont connu des avancées majeures. L'art et l'architecture (temples de pierre, peintures d'Ajanta) ont établi les canons esthétiques classiques de l'Inde.
