Introduction
Les Étrusques, ou Rasenna comme ils se nommaient eux-mêmes, ont constitué la première grande civilisation de la péninsule italienne avant la montée en puissance de Rome. Leur culture, sophistiquée et originale, s'est développée à partir de l'âge du fer (culture villanovienne) et a rayonné sur une confédération de cités-États prospères. Leur langue, non indo-européenne et encore partiellement déchiffrée, et leurs coutumes distinctes des peuples voisins en font un peuple fascinant et mystérieux, souvent perçu comme un pont entre le monde grec et le monde romain.
Origines
L'origine des Étrusques est un débat historique ancien. L'historien Hérodote les disait venus de Lydie (Asie Mineure), tandis que Denys d'Halicarnasse les considérait comme autochtones. L'archéologie moderne penche pour une formation progressive à partir de la culture villanovienne (IXe-VIIIe siècles av. J.-C.), enrichie par des contacts intenses avec les commerçants et colons grecs et phéniciens. Cette synthèse a donné naissance à une identité culturelle unique, marquée par une forte orientalisation aux VIIe-VIe siècles av. J.-C.
Organisation
La société étrusque était organisée en une ligue de douze cités-États indépendantes (dodécapole), dont Véies, Tarquinia, Cerveteri et Vulci. Le pouvoir était détenu par une aristocratie guerrière et marchande, vivant dans un luxe ostentatoire. Les femmes jouissaient d'une liberté sociale remarquable pour l'Antiquité, participant aux banquets et aux événements publics aux côtés des hommes. L'économie reposait sur l'agriculture, l'exploitation de riches mines de fer et de cuivre, et un commerce maritime actif en Méditerranée.
Religion
La religion étrusque était une discipline révélée, fondée sur des livres sacrés dictés par des prophètes. Elle était fortement axée sur l'observation des signes divins (haruspicine), comme le vol des oiseaux (augures) ou l'examen des entrailles des animaux (hépatoscopie). Le panthéon, influencé par la Grèce, incluait Tinia (équivalent de Zeus), Uni (Héra) et Menrva (Athéna). La conception de l'au-delà était centrale, donnant lieu à la construction de somptueuses nécropoles avec des tombes peintes et remplies d'objets précieux, reflet d'une vie terrestre prolongée dans l'éternité.
Apogee
Aux VIIe et VIe siècles av. J.-C., la civilisation étrusque atteint son zénith. Son influence s'étend du Pô jusqu'en Campanie. Les Étrusques dominent les mres Tyrrhénienne et Adriatique, entrent en conflit avec les Grecs de Cumes et fondent des comptoirs. La dynastie des Tarquins, d'origine étrusque, règne sur Rome et y introduit des symboles du pouvoir (licteurs, chaise curule, toge prétexte) et des travaux d'urbanisme majeurs (drainage du Forum, temple de Jupiter Capitolin). L'art étrusque, notamment la sculpture en terre cuite et le travail du bronze, est d'une virtuosité exceptionnelle.
Declin
Le déclin commence au Ve siècle av. J.-C. La défaite navale face aux Grecs de Cumes en 474 av. J.-C. affaiblit leur domination maritime. Au nord, les Celtes envahissent la plaine du Pô. Mais le coup le plus fatal vient de Rome. Après un long siège, Véies tombe en 396 av. J.-C. Une à une, les cités étrusques sont absorbées par la République romaine, malgré une résistance acharnée. La dernière cité indépendante, Volsinii, est prise en 264 av. J.-C. L'assimilation culturelle et politique s'achève avec l'obtention de la citoyenneté romaine complète après la guerre sociale (90-88 av. J.-C.).
Heritage
L'héritage étrusque sur Rome est immense et fondamental. Les Romains leur ont emprunté des éléments constitutifs de leur État : l'organisation de l'armée (la légion s'inspire de la phalange étrusque), les jeux publics (ludi), les techniques de construction (voûte, arc) et d'hydraulique (égouts, aqueducs). La religion romaine est profondément marquée par les pratiques divinatoires étrusques. L'alphabet étrusque, adapté du grec, a servi de base à l'alphabet latin. Enfin, l'image du pouvoir romain (insignes, triomphe) est directement héritée des rois étrusques de Rome.
