Introduction
La civilisation égyptienne antique est l'une des plus durables et des plus influentes de l'histoire humaine. Son développement fut entièrement conditionné par le Nil, dont les crues annuelles et prévisibles permettaient une agriculture prospère, fondement de sa richesse et de sa stabilité. Cette géographie favorisa l'émergence d'un État centralisé puissant, dirigé par un roi-dieu, le pharaon, et structuré par une bureaucratie complexe et une religion omniprésente.
Origines
La période prédynastique (c. 6000–3150 av. J.-C.) voit l'émergence de cultures distinctes en Haute et Basse-Égypte. Vers 3150 av. J.-C., le roi Narmer (ou Ménès) unifie les Deux Terres, marquant le début de la période thinite et de l'ère dynastique. La capitale est établie à Memphis. Les premières dynasties mettent en place les institutions fondamentales : la royauté divine, l'administration et les pratiques funéraires élaborées qui préfigurent les pyramides.
Organisation
La société était rigoureusement hiérarchisée, en forme de pyramide. Au sommet, le pharaon, incarnation du dieu Horus, détenait un pouvoir absolu. Il était secondé par le vizir et une puissante administration de scribes, de prêtres et de fonctionnaires. Venaient ensuite les soldats, les artisans et les paysans, qui formaient l'immense majorité de la population. L'économie était basée sur l'agriculture (blé, orge, lin), la gestion des greniers de l'État et le commerce avec le Levant et la Nubie.
Religion
Polythéiste et profondément liée à la nature, la religion égyptienne visait à maintenir l'ordre cosmique (Maât) contre le chaos (Isfet). Les dieux, aux formes souvent hybrides (Rê le soleil, Osiris du monde souterrain, Isis, Hathor, Anubis), étaient honorés dans des temples considérés comme leurs demeures terrestres. La croyance en une vie après la mort était centrale, motivant la pratique de la momification et la construction de tombeaux monumentaux (mastabas, pyramides, hypogées) garnis d'offrandes et de textes magiques (Textes des Pyramides, Livre des Morts).
Apogee
Le Nouvel Empire (c. 1550–1069 av. J.-C.) représente l'âge d'or de la puissance égyptienne. Chassant les Hyksôs, les pharaons de la XVIIIe dynastie, comme Thoutmôsis III et la reine-pharaon Hatchepsout, établissent un vaste empire de la Nubie à l'Euphrate. Les richesses affluent, permettant des constructions grandioses : les temples de Karnak et de Louxor, les tombeaux de la Vallée des Rois, et les colossales statues d'Aménophis III. Akhenaton tente une révolution religieuse monothéiste (le culte d'Aton) depuis sa nouvelle capitale, Amarna, mais son successeur Toutânkhamon restaure l'ancien ordre.
Declin
Après le Nouvel Empire, l'Égypte entre dans une longue période de déclin, marquée par des divisions internes, des conquêtes étrangères et une perte d'influence. Elle est successivement gouvernée par des Libyens, des Nubiens, puis des Perses. La dernière dynastie indigène, les Ptolémées d'origine macédonienne, prend le pouvoir après la conquête d'Alexandre le Grand. Leur règne, brillant sur le plan culturel (avec la fondation d'Alexandrie et sa célèbre bibliothèque), s'achève avec la défaite de Cléopâtre VII et Marc Antoine face à Octavien en 30 av. J.-C., faisant de l'Égypte une province romaine.
Heritage
L'héritage de l'Égypte antique est immense. Il influence profondément les Grecs et les Romains. Ses réalisations architecturales et artistiques (pyramides de Gizeh, temple d'Abou Simbel, buste de Néfertiti) fascinent toujours. Ses apports en médecine, astronomie (calendrier de 365 jours) et mathématiques sont fondamentaux. La découverte de la pierre de Rosette en 1799 permit à Jean-François Champollion de déchiffrer les hiéroglyphes en 1822, ouvrant enfin l'accès direct à sa littérature, son histoire et sa pensée.
