Introduction
La dynastie Joseon (조선), également connue sous le nom de dynastie Yi, représente un pilier fondamental de l'histoire et de l'identité coréenne. Durant ses 505 années de règne, elle forgea les structures politiques, sociales et culturelles qui définissent encore largement la Corée moderne. Héritière du royaume de Goryeo, elle en rejeta l'influence bouddhiste pour adopter le néo-confucianisme comme idéologie d'État, créant une société profondément hiérarchisée et centrée sur les valeurs de loyauté, de piété filiale et d'érudition.
Origines
La dynastie fut fondée en 1392 par le général Yi Seong-gye (futur roi Taejo), qui renversa le dernier roi de Goryeo avec le soutien d'une faction de lettrés réformateurs néo-confucianistes. Ces derniers critiquaient la corruption et l'influence excessive du bouddhisme dans la cour de Goryeo. Taejo établit sa capitale à Hanyang (l'actuelle Séoul) et nomma son royaume 'Joseon', en référence à l'ancien Gojoseon. Les premières décennies furent consacrées à la consolidation du pouvoir, à la réforme agraire et à l'établissement d'un nouveau code légal, le 'Gyeongguk daejeon'.
Organisation
La société Joseon était structurée selon un système de classes rigide (yangban, jungin, sangmin et cheonmin) et gouvernée par une bureaucratie centralisée néo-confucianiste. La classe dirigeante des yangban, une aristocratie de fonctionnaires lettrés, détenait le pouvoir politique et économique. L'accès aux postes se faisait par des examens civils (gwageo) extrêmement exigeants. Le roi, bien que théoriquement absolu, devait composer avec les factions politiques des yangban et les remontrances des censeurs. L'économie était principalement agricole, avec un système de taxation basé sur la production de riz.
Religion
Le néo-confucianisme, particulièrement l'école de Zhu Xi, devint l'idéologie officielle de l'État, guidant l'administration, l'éducation et les rites. Le bouddhisme fut marginalisé, ses temples relégués à la campagne et ses biens confisqués. Cependant, il continua d'influencer les pratiques populaires aux côtés du chamanisme et du taoïsme. La piété filiale (hyo) et les rites ancestraux étaient centraux. Plus tard, le catholicisme, introduit au XVIIIe siècle, fut d'abord étudié puis violemment persécuté, perçu comme une menace à l'ordre social.
Apogee
L'apogée culturel et politique se situe aux XVe et XVIe siècles, sous les règnes du roi Sejong le Grand (1418-1450) et du roi Seongjong. Le roi Sejong supervisa des avancées majeures : la création de l'alphabet hangul (1446), des progrès en astronomie, en médecine (compilation du 'Hyangyak jipseongbang') et en technologie agricole. L'administration fut renforcée, et les frontières septentrionales consolidées. Cette période vit également une floraison des arts, de la littérature et de l'historiographie, avec la compilation des 'Annales de la dynastie Joseon' (Joseon Wangjo Sillok).
Declin
Le déclin commença avec les invasions japonaises de Hideyoshi (Guerres Imjin, 1592-1598) et mandchoues (1636-1637), qui ravagèrent le pays et le placèrent dans une relation tributaire avec la dynastie Qing. Au XVIIIe siècle, des luttes factionnelles intestines paralysèrent la cour. Le XIXe siècle fut marqué par une instabilité croissante, des révoltes paysannes, la montée du catholicisme et l'incapacité à se réformer face aux pressions impérialistes. Après les traités inégaux avec les puissances occidentales et le Japon, la dynastie s'effondra à la suite de la guerre sino-japonaise (1894-1895). Elle fut formellement remplacée par l'Empire coréen en 1897, avant l'annexion japonaise de 1910.
Heritage
L'héritage de Joseon est immense. Le hangul est l'un des systèmes d'écriture les plus scientifiques au monde et un pilier de l'identité nationale. L'architecture des palais (Gyeongbokgung, Changdeokgung) et des villages confucéens (Hahoe, Yangdong) est classée au patrimoine mondial de l'UNESCO. La cuisine coréenne (kimchi, barbecue) et les arts (pansori, céramique buncheong et blanc de Joseon) se sont épanouis durant cette période. Les valeurs confucéennes, l'importance de l'éducation et la structure administrative centralisée ont profondément marqué les sociétés coréennes modernes.
