Civilisation de l'Indus

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L'une des trois plus anciennes civilisations du monde, avec l'Égypte et la Mésopotamie, la civilisation de l'Indus (ou harappéenne) s'est épanouie dans le bassin de l'Indus. Elle est célèbre pour ses villes planifiées avec des systèmes d'égouts sophistiqués, son écriture non déchiffrée et son économie commerciale étendue.

Introduction

La civilisation de l'Indus, également appelée civilisation harappéenne d'après le site de Harappa découvert en premier, représente un phénomène urbain remarquable de l'âge du bronze. Elle couvrait une superficie immense, plus grande que celles de l'Égypte et de la Mésopotamie réunies, et se caractérisait par un haut degré d'homogénéité culturelle et technique malgré l'absence apparente d'un pouvoir centralisé impérial. Sa redécouverte au XXe siècle a fondamentalement changé notre compréhension de l'histoire ancienne de l'Asie du Sud.

Origines

La civilisation émerge à partir de cultures néolithiques locales, comme celle de Mehrgarh (vers 7000 av. J.-C.), qui pratiquaient déjà l'agriculture et l'élevage. Vers 3300 av. J.-C., la période dite « précoce » voit le développement de villages permanents et l'apparition de l'écriture et de la céramique peinte. Cette phase d'expansion et d'innovation technique prépare l'avènement de l'urbanisation à grande échelle.

Organisation

La société harappéenne semble avoir été remarquablement égalitaire et peu hiérarchisée, du moins en comparaison avec ses contemporaines. Il n'existe pas de preuves archéologiques de palais somptueux, de grands temples monumentaux ou de tombes royales richement dotées. L'organisation était probablement structurée autour de guildes de marchands, d'artisans et d'administrateurs urbains. Les villes, construites selon des plans en quadrillage standardisés, suggèrent une autorité municipale forte capable de planification et de travaux publics.

Religion

Les croyances religieuses de l'Indus restent énigmatiques, mais l'archéologie révèle des éléments qui influenceront plus tard l'hindouisme. Des figurines féminines (interprétées comme des déesses-mères), des sceaux représentant un personnage masculin en position yogique entouré d'animaux (un « proto-Shiva »), ainsi que des symboles comme le svastika et la vénération d'arbres (comme le pipal) et d'animaux (taureaux, éléphants, rhinocéros) sont attestés. Les « grands bains » (comme celui de Mohenjo-daro) pourraient avoir eu une fonction rituelle de purification.

Apogee

La période harappéenne mature (2600-1900 av. J.-C.) constitue l'apogée. Les grandes villes comme Mohenjo-daro, Harappa, Dholavira et Rakhigarhi atteignent leur plein développement. Elles présentent une architecture standardisée (briques cuites de dimensions uniformes), des systèmes d'adduction d'eau et d'égouts couverts sans équivalent dans le monde antique, des greniers et des marchés. L'économie est florissante, basée sur une agriculture irriguée (blé, orge, coton) et un commerce à longue distance avec la Mésopotamie (Magan et Dilmun), l'Asie centrale et la péninsule indienne.

Declin

Vers 1900 av. J.-C., un déclin graduel s'amorce. Les théories explicatives sont multiples et probablement combinées : changements climatiques (affaiblissement des moussons, assèchement de la rivière Ghaggar-Hakra), déforestation, surexploitation des sols, perturbations tectoniques modifiant le cours des fleuves, et éventuellement arrivée de groupes de migrants. La civilisation ne s'effondre pas brutalement mais se « ruralise » : les grandes villes sont progressivement abandonnées, l'écriture disparaît, mais les traditions culturelles et technologiques subsistent dans les villages. Il n'y a pas de preuve d'une invasion violente et destructrice généralisée.

Heritage

L'héritage de l'Indus est profond et durable. De nombreux éléments matériels (perles, poids et mesures standardisés, techniques artisanales) et culturels (motifs religieux, pratiques agricoles) ont été absorbés par les cultures postérieures de l'âge du fer et ont contribué à la formation de la civilisation védique puis de l'Inde classique. Son génie urbain, son sens de l'hygiène publique et son système de poids et mesures restent des témoignages impressionnants de ses accomplissements. Son écriture, non déchiffrée, constitue l'un des grands défis de l'archéologie mondiale.

Sources

  • Fouilles archéologiques des sites majeurs (Harappa, Mohenjo-daro, Dholavira, Lothal, etc.).
  • Études des sceaux, inscriptions et artefacts (British Museum, Musée national de New Delhi, etc.).
  • Recherches interdisciplinaires (paléoclimatologie, archéobotanique, analyses isotopiques).
  • Ouvrages de référence : « The Indus Civilization » de Sir Mortimer Wheeler, « The Ancient Indus: Urbanism, Economy, and Society » de Rita P. Wright.
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