Introduction
L'Empire byzantin, ou Empire romain d'Orient, est la continuation directe de l'Empire romain après la chute de sa partie occidentale en 476. Sa capitale, Constantinople (ancienne Byzance, aujourd'hui Istanbul), fondée par Constantin le Grand en 330, fut le centre politique, économique et culturel d'un État qui perdura jusqu'en 1453. Bien que se désignant toujours comme « Romains » (Rhomaioi), ses habitants développèrent une civilisation distincte, profondément chrétienne, de langue grecque et d'influence orientale, qui joua un rôle crucial dans l'histoire mondiale.
Origines
Les origines remontent à la Tétrarchie de Dioclétien (fin IIIe siècle) et à la fondation de Constantinople par Constantin Ier, qui officialisa le christianisme. La division définitive de l'Empire romain à la mort de Théodose Ier en 395 sépara les destinées de l'Occident et de l'Orient. Alors que l'Occident s'effondrait sous les invasions, l'Orient, plus riche, urbanisé et mieux défendu, résista et se transforma. Le règne de Justinien Ier (527-565) marqua une tentative spectaculaire de reconquête de l'Occident et une codification définitive du droit romain (Corpus Juris Civilis).
Organisation
L'Empire était une autocratie centralisée et bureaucratique. L'empereur (Basileus) était un monarque absolu de droit divin, chef de l'État et de l'Église. Une administration complexe et hiérarchisée, composée de fonctionnaires lettrés (les logothètes), gérait les provinces (thèmes) dirigées par des stratèges militaires. L'économie était fondée sur une agriculture prospère, un commerce international florissant (soie, épices) contrôlé par l'État, et un système monétaire stable (le solidus d'or, monnaie de référence pendant des siècles). La société était stratifiée mais perméable, avec une aristocratie civile et militaire, une classe marchande active, et une paysannerie libre formant l'épine dorsale de l'armée et de l'économie.
Religion
Le christianisme orthodoxe était le fondement identitaire de l'Empire. L'Église et l'État étaient étroitement liés dans un système de symphonie des pouvoirs. Les débats théologiques (comme sur la nature du Christ) agitaient toute la société. Les querelles iconoclastes (VIIIe-IXe siècles) sur la vénération des images divisèrent profondément l'Empire. Le Grand Schisme de 1054 sépara définitivement l'Église orthodoxe de Constantinople de l'Église catholique romaine. La spiritualité byzantine, mystique et liturgique, s'exprimait magnifiquement dans l'art des icônes et l'architecture des églises à coupoles.
Apogee
L'apogée s'étend de Justinien Ier (VIe s.) à la dynastie macédonienne (IXe-XIe s.). Sous les Macédoniens (Basile II notamment), l'Empire atteignit son extension territoriale maximale après Justinien, reprenant des territoires en Orient et dans les Balkans. C'est une période de renaissance culturelle, de prospérité économique et de puissance militaire. Constantinople, avec près d'un million d'habitants, était la ville la plus riche et la plus sophistiquée de la chrétienté, protégée par ses légendaires murailles de Théodose et le feu grégeois.
Declin
Le déclin fut progressif et ponctué de sursauts. La défaite face aux Turcs seldjoukides à Manzikert (1071) ouvrit l'Anatolie à l'islam. La quatrième croisade (1204) fut un désastre : les Latins pillèrent Constantinople et fondèrent des États croisés sur ses débris. Bien que restauré en 1261, l'Empire des Paléologue était un État affaibli, réduit à quelques enclaves. Les guerres civiles, la peste noire et la montée en puissance des Turcs ottomans eurent raison de lui. Constantinople, isolée, tomba après un siège héroïque le 29 mai 1453 sous les assauts de Mehmed II le Conquérant.
Heritage
L'héritage byzantin est immense. Il fut le principal transmetteur des textes et de la culture de l'Antiquité grecque et romaine au monde arabe puis à l'Europe de la Renaissance. Son droit influença les systèmes juridiques européens. Son art et son architecture (églises à coupole, mosaïques, icônes) marquèrent profondément l'Europe orientale, les Balkans et la Russie, qui se considéra comme la « Troisième Rome ». L'Église orthodoxe, née à Byzance, reste une force spirituelle majeure. Enfin, son long rôle de bouclier face aux invasions perses, arabes et turques permit à l'Europe occidentale de se développer à l'abri.
