Babylone

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Babylone fut l'une des cités-États les plus influentes de l'Antiquité mésopotamienne, célèbre pour son pouvoir politique, ses avancées législatives avec le Code d'Hammurabi, ses prouesses architecturales comme les Jardins Suspendus et son rôle central dans l'astronomie et les mathématiques.

Introduction

Babylone, dont le nom signifie 'Porte des dieux' (Bāb-ili), fut bien plus qu'une simple ville. Elle incarna le cœur politique, culturel et religieux de la Basse Mésopotamie pendant près de quinze siècles. Fondée par des Amorrites, elle devint le centre d'un empire qui unifia la région, établissant des standards administratifs, juridiques et intellectuels qui influencèrent profondément les civilisations ultérieures, y compris les Assyriens, les Perses et les Grecs. Son image dans les sources bibliques et classiques en a fait un symbole durable de puissance, de savoir, mais aussi d'orgueil et de décadence.

Origines

Babylone émergea comme une cité-État mineure vers 1894 av. J.-C., sous la dynastie amorrite. Sa position stratégique sur l'Euphrate, au carrefour des routes commerciales, favorisa son développement initial. Son ascension fut lente jusqu'à l'avènement de son sixième roi, Hammurabi, qui transforma radicalement son destin. Avant lui, la région était dominée par des cités comme Ur, Isin, Larsa et l'ascendante Assyrie.

Organisation

La société babylonienne était hiérarchisée et théocratique. À son sommet trônait le roi, représentant terrestre du dieu Marduk, doté d'un pouvoir absolu mais devant garantir la justice et l'ordre divin. Venaient ensuite l'aristocratie administrative et militaire, les prêtres, les marchands et les artisans. La majorité de la population était composée de paysans libres et d'esclaves (généralement des prisonniers de guerre). L'administration était centralisée et efficace, reposant sur un corps de scribes et de fonctionnaires qui géraient les impôts, la justice et les grands travaux. L'économie était agraire (orge, dattes) et commerciale, avec un système de crédit et de contrats bien établi.

Religion

La religion polythéiste babylonienne était un héritage suméro-akkadien profondément remodelé. Le dieu protecteur de la cité, Marduk, fut élevé au rang de chef du panthéon, supplantant Enlil. Son mythe principal, l'Épopée de la Création (Enūma eliš), justifiait la prééminence de Babylone. Le grand temple de Marduk, l'Esagil, et sa ziggurat étagée, l'Etemenanki (assimilée à la Tour de Babel), étaient le centre cosmique du monde. Les prêtres, puissants, pratiquaient des rites complexes, l'extispicine (divination par les entrailles) et développèrent une astrologie savante liée à l'observation des cieux.

Apogee

Babylone connut deux périodes d'apogée. Le Premier Empire babylonien (ou paléo-babylonien) culmina sous Hammurabi (1792-1750 av. J.-C.), qui unifia la Mésopotamie par la diplomatie et la force. Son règne est synonyme de prospérité et de structuration, symbolisée par son célèbre Code. Après des siècles de domination étrangère (Kassites, Assyriens), un second apogée, l'Empire néo-babylonien (626-539 av. J.-C.), vit le jour. Sous Nabopolassar et surtout Nabuchodonosor II, Babylone devint la métropole la plus fastueuse du monde connu, avec ses murailles colossales, la Porte d'Ishtar, la Voie Processionnelle et les légendaires Jardins Suspendus. L'empie s'étendit de la Palestine à la Perse.

Declin

La splendeur néo-babylonienne fut de courte durée. Les derniers souverains, comme Nabonide qui promut le dieu Sîn au détriment de Marduk, fragilisèrent le lien entre le trône et le clergé. En 539 av. J.-C., Cyrus le Grand, roi des Perses achéménides, s'empara de Babylone presque sans combat, exploitant les dissensions internes. La ville devint une capitale provinciale riche mais politiquement soumise, sous les Perses, les Séleucides et les Parthes. Son déclin final fut progressif, accéléré par la fondation de Séleucie du Tigre qui draina sa population. Au Ier siècle apr. J.-C., le site était largement abandonné.

Heritage

L'héritage de Babylone est immense. Son droit, via le Code d'Hammurabi, posa le principe de la loi écrite et publique. Ses astronomes établirent des calendriers précis, identifièrent les cycles planétaires et créèrent les signes du zodiaque. Leur système sexagésimal (base 60) survit dans notre mesure du temps et des angles. Littérairement, elle préserva et transmit les œuvres sumériennes (comme l'Épopée de Gilgamesh). Son image mythifiée, à la fois ville de savoir et de corruption (la 'Grande Prostituée' de la Bible), perdure dans la culture occidentale. Ses fouilles au XIXe siècle marquèrent la naissance de l'assyriologie.

Sources

  • Le Code de Hammurabi (stèle et copies sur tablettes d'argile).
  • La Chronique de Nabonide et la Chronique de Nabopolassar (textes historiographiques).
  • Les tablettes astronomiques de la série 'MUL.APIN' et les journaux astronomiques.
  • Les récits des historiens grecs Hérodote et Ctésias.
  • Les livres bibliques de la Genèse, des Rois, des Chroniques et de Daniel.
  • Les découvertes archéologiques des fouilles de Robert Koldewey à Babylone (1899-1917).
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