Introduction
L'Assyrie fut l'une des civilisations les plus puissantes et les plus redoutées du Proche-Orient ancien. Originaire du nord de la Mésopotamie, elle se développa en un empire expansionniste et hautement militarisé, dont la capitale, Ninive, devint une métropole légendaire. Sa réputation de férocité au combat et ses méthodes de gouvernement par la terreur sont contrebalancées par des contributions majeures à l'art, à l'architecture, à la littérature et à l'administration impériale.
Origines
Les origines de l'Assyrie remontent au début du IIIe millénaire av. J.-C., avec la fondation de la cité d'Assur sur le Tigre, qui donna son nom à la civilisation et à son dieu principal. Initialement un modeste centre commercial et un royaume vassal des empires plus puissants (Akkad, Ur, Babylone), l'Assyrie commença à affirmer son indépendance et sa puissance à la fin du IIe millénaire av. J.-C., jetant les bases de sa future expansion.
Organisation
La société assyrienne était pyramidale et militarisée, avec le roi, représentant du dieu Assur, au sommet. Une aristocratie guerrière et une puissante bureaucratie administraient l'empire, divisé en provinces dirigées par des gouverneurs. L'armée, pilier de l'État, était une machine de guerre professionnelle et innovante, utilisant la cavalerie, les chars, les engins de siège et des tactiques de terreur psychologique. Un système de routes et de relais de poste (le premier du genre) assurait des communications rapides à travers l'empire.
Religion
La religion polythéiste était centrale, dominée par le dieu national Assur. Le panthéon comprenait d'autres grandes divinités mésopotamiennes comme Ishtar (guerre et amour), Shamash (soleil et justice) et Nabû (écriture). Le roi était le grand prêtre et le lieutenant d'Assur sur terre, responsable des grands rituels et des constructions de temples. La pratique divinatoire, notamment l'hépatoscopie (lecture des foies de moutons), était cruciale pour prendre les décisions d'État.
Apogee
L'apogée, l'ère néo-assyrienne (911-609 av. J.-C.), vit l'empire atteindre son extension maximale, de l'Égypte à l'Iran et du golfe Persique à l'Anatolie. Sous des souverains énergiques comme Assurnasirpal II (qui fit de Kalhu sa capitale), Sargon II (fondateur de Dur-Sharrukin), Sennachérib (qui agrandit Ninive) et Assurbanipal (grand bibliophile et conquérant de l'Élam), l'empire devint une superpuissance. Les capitales se dotèrent de palais immenses décorés de reliefs sculptés et de lamassus (gardiens colossaux), et la célèbre bibliothèque d'Assurbanipal à Ninive rassembla des milliers de tablettes cunéiformes.
Declin
Le déclin fut rapide après la mort d'Assurbanipal (c. 627 av. J.-C.). L'empire, trop vaste, était miné par les révoltes incessantes des peuples soumis, les querelles de succession et la pression de nouvelles forces, notamment les Mèdes et les Babyloniens. Une coalition de ces derniers détruisit Ninive en 612 av. J.-C. après un siège célèbre. Les dernières résistances assyriennes furent écrasées en 609 av. J.-C., marquant la fin brutale de l'empire.
Heritage
L'héritage assyrien est considérable. Son modèle d'administration impériale centralisée et ses techniques de communication rapide influencèrent les empires ultérieurs, notamment les Perses achéménides. Son art, en particulier les reliefs narratifs et les sculptures monumentales, constitue un témoignage inestimable sur la vie, la guerre et la religion de l'époque. Surtout, la découverte au XIXe siècle de la bibliothèque d'Assurbanipal a révolutionné notre connaissance du Proche-Orient ancien, préservant des œuvres majeures comme l'épopée de Gilgamesh. L'Assyrie a ainsi sauvé une grande partie de la culture mésopotamienne qu'elle avait d'abord conquise.
