Introduction
La bataille d'Austerlitz, livrée le 2 décembre 1805 (11 frimaire an XIV) près de la ville de Brno, en Moravie (actuelle République tchèque), est l'apogée de la campagne de 1805. Elle oppose la Grande Armée de Napoléon Ier, forte d'environ 73 000 hommes, à l'armée combinée de l'empire d'Autriche et de l'empire russe, commandée par le général Koutouzov et comptant environ 85 000 hommes. La bataille se déroule sous les yeux des empereurs François Ier d'Autriche et Alexandre Ier de Russie, d'où son surnom.
Description
Napoléon, conscient de son infériorité numérique, adopte une posture défensive astucieuse. Il affaiblit volontairement son flanc droit, défendu par le corps du maréchal Davout arrivé à marche forcée, pour attirer le gros des forces alliées. Le plan conçu par les Austro-Russes, le 'plan de Weyrother', vise précisément à percer ce flanc droit pour couper les Français de Vienne et de leurs lignes de communication. Au centre, Napoléon conserve les hauteurs du plateau de Pratzen, mais les évacue au matin pour feindre la retraite. Lorsque l'assaut allié s'engage sur son aile droite, le centre allié, dégarni, s'avance sur le plateau. C'est alors que Napoléon lance la contre-attaque décisive : les corps de Soult attaquent et percent le centre allié, divisant son armée en deux. La Garde Impériale et la cavalerie de Murat exploitent la brèche. Sur l'aile gauche, Lannes et la cavalerie de Murat contiennent l'assaut. L'armée alliée, coupée et enveloppée, est mise en déroute, beaucoup de fuyards périssant dans les étangs gelés de Satschan et Menitz, que les Français bombardent.
Histoire
La bataille s'inscrit dans le contexte de la Troisième Coalition, formée par le Royaume-Uni, l'Autriche, la Russie et d'autres puissances pour contrer l'influence française après le couronnement de Napoléon. Après avoir forcé la capitulation d'une armée autrichienne à Ulm, Napoléon occupe Vienne mais se retrouve face à une armée austro-russe intacte en Moravie. Feignant l'inquiétude et la faiblesse, il propose des pourparlers de paix tout en choisissant avec soin le terrain près d'Austerlitz. Le 1er décembre, il harangue ses troupes en promettant de diriger lui-même leur feu. Le lendemain, dans le brouillard, son plan se déroule à la perfection. La victoire est totale en moins de neuf heures de combat.
Caracteristiques
Austerlitz est l'archétype de la bataille napoléonienne d'anéantissement. Ses caractéristiques majeures sont : 1) Le maniement stratégique du terrain (utilisation des hauteurs de Pratzen comme appât). 2) La conception d'un plan basé sur la prédiction des mouvements ennemis (Napoléon avait parfaitement deviné le plan allié). 3) La concentration des efforts sur le point décisif (le centre), une fois l'ennemi déséquilibré par son propre mouvement. 4) L'emploi magistral du corps d'armée, unité autonome capable d'opérer seul puis de converger. 5) Le rôle crucial du renseignement et de la désinformation (faiblesse feinte, pourparlers trompeurs).
Importance
L'importance d'Austerlitz est immense. Militairement, elle consacre le génie tactique de Napoléon et le modèle du commandement napoléonien. Politiquement, elle entraîne la dissolution de la Troisième Coalition. Le traité de Presbourg (26 décembre 1805) impose à l'Autriche de lourdes pertes territoriales, dont le Tyrol et Venise, et consacre la création de la Confédération du Rhin, vassale de la France, qui sonne le glas du Saint-Empire romain germanique. Symboliquement, c'est le 'Soleil d'Austerlitz', moment de gloire absolue du Premier Empire. La bataille influence profondément la pensée militaire jusqu'au XXe siècle. Elle reste étudiée dans toutes les académies militaires comme un exemple de manœuvre sur les arrières et de bataille d'anéantissement.
