Introduction
Sakurajima, dont le nom signifie 'île des cerisiers', est un stratovolcan andésitique à dacitique formant une péninsule spectaculaire dans la baie de Kagoshima, face à la ville du même nom. Considéré comme un modèle de volcanisme explosif et persistant, il constitue une partie de la caldeira d'Aira, une immense dépression volcanique formée il y a environ 29 000 ans. Sa présence imposante et son activité incessante en font un élément central du paysage, de la culture et de la vie quotidienne de la région, symbolisant à la fois la beauté et la puissance destructrice de la nature.
Description
Le volcan Sakurajima est composé de trois sommets principaux : le pic Kitadake (1 117 m), le plus haut mais actuellement inactif ; le pic Nakadake ; et le pic Minamidake (1 040 m), qui est le centre de l'activité éruptive actuelle depuis 1955. Son édifice s'est construit à l'intérieur de la caldeira d'Aira, partiellement submergée par la baie. Le volcanisme est alimenté par la subduction de la plaque philippine sous la plaque eurasienne. Son activité typique se manifeste par des explosions vulcaniennes fréquentes, expulsant des panaches de cendres pouvant atteindre plusieurs kilomètres de hauteur, des bombes volcaniques et des coulées pyroclastiques. Les périodes d'activité intense sont entrecoupées de phases plus calmes, mais le volcan est rarement complètement silencieux. Les pentes du volcan, malgré les cendres fréquentes, sont cultivées, notamment pour le daikon (radis géant), réputé dans tout le Japon.
Histoire
L'histoire éruptive de Sakurajima est longue et violente. Sa formation a débuté il y a environ 26 000 ans. L'éruption la plus significative de l'histoire récente est celle dite de l'Ère Taisho, qui débuta en janvier 1914. Cette éruption colossale dura des mois, produisant d'énormes quantités de lave qui comblèrent le détroit de 400 mètres de large la séparant de la péninsule d'Ōsumi, la transformant définitivement en péninsule. L'éruption causa des dégâts considérables mais relativement peu de victimes grâce aux évacuations. Depuis 1955, le volcan est entré dans une phase d'activité persistante dite 'éruptive de type Showa', centrée sur le cratère Showa du pic Minamidake. Des milliers d'explosions ont été enregistrées depuis, avec des pics d'activité en 2006, 2009, 2013, 2015 et 2020. Une évacuation préventive partielle a été ordonnée en 2015 en raison du risque d'une éruption majeure.
Caracteristiques
Sakurajima présente plusieurs caractéristiques remarquables : 1) **Activité persistante** : C'est l'un des rares volcans au monde en éruption quasi continue, servant de laboratoire naturel. 2) **Type éruptif** : Éruptions principalement explosives de type vulcanien à strombolien, avec génération fréquente de foudre volcanique. 3) **Surveillance intensive** : Il est l'un des volcans les plus instrumentés au monde, avec un réseau dense de sismomètres, inclinomètres, caméras, capteurs GPS et d'infrasons pour la prévision des éruptions. 4) **Risques majeurs** : Les principaux aléas sont les chutes de cendres (affectant Kagoshima quotidiennement), les coulées pyroclastiques, les bombes volcaniques (zone d'exclusion de 2 km), les lahars (coulées de boue) et, à plus long terme, le risque d'une éruption plinienne majeure de la caldeira d'Aira. 5) **Préparation** : La ville de Kagoshima est un modèle de préparation aux catastrophes, avec des exercices réguliers, des abris anti-cendres et un système d'alerte sophistiqué.
Importance
L'importance de Sakurajima est multiple. Scientifiquement, c'est un site clé pour l'étude des processus éruptifs en temps réel et l'amélioration des modèles de prévision. Socialement et économiquement, il façonne la vie de la région de Kagoshima ; les cendres sont une nuisance constante mais font partie de l'identité locale. Le volcan est aussi une attraction touristique majeure, avec des observatoires, des sentiers de randonnée (lorsque l'activité le permet) et des onsens (sources chaudes). Culturellement, il est profondément ancré dans l'art, la littérature et la spiritualité locale, souvent vénéré comme une divinité (kami) à la fois redoutable et protectrice. Enfin, sur le plan de la gestion des risques, Sakurajima est une référence mondiale pour la coexistence entre une population urbaine dense et un volcan hyperactif, démontrant l'importance cruciale de la surveillance, de l'éducation et de la planification.
