Introduction
Le mont Merapi, culminant à 2 910 mètres d'altitude, est un stratovolcan majestueux et redouté de l'arc volcanique de la Sonde. Sa position au centre de Java, dans une région à forte densité de population et riche en culture javanaise, en fait un élément géographique, culturel et social central. Son nom, issu du vieux javanais, traduit parfaitement sa nature : une montagne de feu en perpétuelle activité. Sa dangerosité est classée au niveau A, le plus élevé en Indonésie, en raison de son historique éruptif violent et de son potentiel destructeur considérable.
Description
Le Merapi est un volcan jeune, formé il y a environ 400 000 ans, et son cône actuel s'est édifié au cours des 10 000 dernières années. Sa morphologie est caractérisée par un dôme de lave visqueuse (andésitique à dacitique) qui obstrue fréquemment son cratère. Ce dôme, en croissance continue, est la source principale du danger : il peut s'effondrer partiellement, générant des nuées ardentes (coulées pyroclastiques) dévalant les pentes à des vitesses pouvant atteindre 100 km/h. Ces avalanches incandescentes de gaz, cendres et blocs rocheux sont les phénomènes les plus meurtriers du Merapi. Ses flancs sont entaillés par de profondes ravines (appelées 'kali') qui canalisent ces écoulements et les lahars (coulées de boue volcanique) lors des fortes pluies.
Histoire
L'histoire éruptive du Merapi est marquée par une activité quasi permanente depuis le XVIe siècle, avec des cycles d'éruption majeure tous les 4 à 6 ans en moyenne. L'éruption de 1006 est souvent citée, bien que controversée, comme ayant contribué à la chute du royaume hindouiste de Mataram. Les éruptions majeures des temps modernes incluent celles de 1930-1931 (plus de 1 300 morts), 1994 (64 morts), et 2006. L'éruption de 2010 fut la plus importante du XXIe siècle : après une phase d'intense activité sismique, une série d'explosions violentes entre octobre et novembre a produit des colonnes de cendres de plus de 10 km de haut et des nuées ardentes dévastatrices, entraînant l'évacuation de plus de 350 000 personnes et causant la mort de plus de 350 personnes, dont le célèbre gardien spirituel du volcan, Mbah Maridjan. Cette éruption a considérablement modifié la morphologie du sommet.
Caracteristiques
Le Merapi présente des caractéristiques typiques d'un volcan gris (explosif). Son magma andésitique, riche en silice, est visqueux et piège les gaz, conduisant à des pressions internes élevées et à des explosions. Son activité se manifeste par : la croissance et l'effondrement cyclique d'un dôme de lave ; des émissions de nuées ardentes (type 'Merapi') ; des explosions vulcaniennes et sub-pliniennes ; des chutes de cendres étendues ; et la génération de lahars. Il est équipé d'un réseau de surveillance dense (sismomètres, tiltmètres, caméras, détecteurs de lahars) géré par le Centre de Volcanologie et d'Atténuation des Risques Géologiques (PVMBG). Son sommet est souvent masqué par des fumerolles.
Importance
L'importance du Merapi est multiple. D'un point de vue géologique, c'est un laboratoire naturel de premier ordre pour l'étude des dômes de lave et des mécanismes éruptifs explosifs. Socialement et économiquement, il représente un défi colossal de gestion des risques dans un pays en développement densément peuplé. Son sol volcanique extrêmement fertile attire pourtant une agriculture intensive sur ses pentes inférieures. Culturellement, il est profondément ancré dans les croyances javanaises : considéré comme un royaume spirituel, il fait l'objet d'un culte et de cérémonies annuelles (labuhan) visant à apaiser les esprits. Son statut de volcan hyperactif à proximité d'une grande ville en fait une référence mondiale en matière de vulcanologie et de prévention des catastrophes.
