Introduction
Karachi, située sur la côte de la mer d'Arabie, est la mégalopole du Pakistan et l'une des villes les plus peuplées du monde. C'est le moteur économique du pays, abritant son principal port maritime et son centre financier. Ville de contrastes saisissants, elle mêle gratte-ciel modernes, quartiers coloniaux et vastes bidonvilles, reflétant à la fois l'immense potentiel et les défis colossaux du Pakistan. Son caractère cosmopolite, hérité de son histoire de plaque tournante des migrations, en fait un creuset culturel unique.
Histoire
Le site de Karachi est habité depuis des millénaires, mais la ville moderne fut fondée en 1729 sous le nom de Kolachi par des pêcheurs Baloutches. Son importance grandit sous la domination britannique qui, après l'annexion du Sind en 1843, en fit le principal port du nord-ouest de l'Empire des Indes. La construction de voies ferrées la reliant à l'intérieur des terres consolida son rôle. Après la partition de l'Inde en 1947, Karachi devint la capitale du Pakistan nouvellement créé, subissant un afflux massif de réfugiés musulmans (Muhajirs) qui transforma radicalement sa démographie et son paysage urbain. Elle resta capitale jusqu'en 1959, date à laquelle Islamabad lui succéda. Le XXe et le XXIe siècles ont vu une croissance explosive, souvent chaotique, marquée par des vagues successives de migrations internes, une industrialisation rapide et des périodes de tensions politiques et ethniques.
Geographie
Karachi s'étend sur environ 3 530 km² le long d'une baie naturelle de la mer d'Arabie, dans le delta de l'Indus. Le climat est aride, chaud toute l'année avec des étés très chauds et humides (avril à août) et des hivers doux. La ville est traversée par deux petites rivières saisonnières, la Lyari et la Malir. Son littoral comprend des plages populaires comme Clifton et Manora. L'expansion urbaine, largement non planifiée, a grignoté les zones désertiques et les mangroves côtières, posant d'importants défis environnementaux, notamment la pénurie d'eau et la pollution.
Economie
Karachi est le poumon économique du Pakistan, générant une part substantielle du PIB national, des recettes fiscales et des activités industrielles. Le port de Karachi, incluant le terminal à conteneurs de Qasim, gère la majorité du commerce international du pays. La ville est le siège de la bourse (PSX), des principales banques, des compagnies d'assurance et des sièges sociaux des grandes entreprises. Ses industries sont diversifiées : textile, automobile, sidérurgie, chimie, électronique, impression, et elle est un centre majeur pour les technologies de l'information et les médias. L'économie informelle y est également très importante.
Culture
Karachi est un kaléidoscope culturel. Sa population est composée de groupes ethnolinguistiques variés : Sindhis, Muhajirs (originaires d'Inde), Pachtounes, Pendjabis, Baloutches, entre autres. Cette diversité se reflète dans la cuisine, la musique, les vêtements et les langues (ourdou, sindhi, pachto, pendjabi, anglais). C'est le centre de l'industrie cinématographique (Lollywood) et musicale pakistanaise. La ville possède une scène artistique et littéraire vibrante, avec de nombreuses galeries, théâtres et festivals. La cuisine de rue y est légendaire, des biryanis épicés aux nihari et aux fruits de mer.
Monuments
Les monuments notables incluent le Mausolée de Muhammad Ali Jinnah (le fondateur du Pakistan, en marbre blanc), la Mosquée de la Tooba (la plus grande mosquée à dôme unique au monde), et le palais Mohatta (un exemple d'architecture fusion Rajput et coloniale, aujourd'hui musée). Le quartier colonial de Saddar abrite des bâtiments historiques comme le Frere Hall et l'Empress Market. D'autres sites importants sont le Musée national du Pakistan, le Port de Karachi (vue depuis le Keamari), et les plages de Clifton et Sandspit.
Vie
La vie quotidienne à Karachi est intense et mouvementée. La circulation est notoirement congestionnée, et les transports en commun, bien que diversifiés (bus, minibus, rickshaws), sont souvent surchargés. Les quartiers varient considérablement, des zones résidentielles huppées comme Defence et Clifton aux quartiers populaires et aux vastes bidonvilles (katchi abadis). Les centres commerciaux modernes côtoient les marchés traditionnels animés (bazaars). Malgré les défis liés à la sécurité, à l'approvisionnement en eau et à l'électricité, la ville possède une énergie et une résilience remarquables, avec une vie sociale et commerciale qui ne s'arrête jamais.
