Introduction
Le Turkménistan, enclavé entre la mer Caspienne et les déserts d'Asie centrale, est un État post-soviétique marqué par une forte personnalité nationale et une neutralité permanente reconnue par l'ONU. Héritier des empires nomades et des caravansérails de la Route de la Soie, il est aujourd'hui un acteur énergétique majeur, bien que discret, gouverné par un système politique très centralisé et un culte de la personnalité autour de ses dirigeants.
Geographie
Le territoire est dominé à près de 80% par le désert du Karakoum, l'un des plus grands déserts de sable au monde. Le climat est continental aride, avec des étés torrides et des hivers froids. L'Amou-Daria, principal fleuve, irrigue les oasis fertiles du sud et de l'est. La côte sur la mer Caspienne offre un accès maritime, bien que limité. Le pays est également connu pour le « Porte de l'Enfer », un cratère de gaz naturel en combustion continue depuis 1971 dans le désert de Darvaza.
Histoire
Peuplé par des tribus turkmènes nomades, la région fut traversée par la Route de la Soie et conquise par divers empires (Perse, Alexandre le Grand, Arabes, Mongols). Au XIXe siècle, elle fut annexée par l'Empire russe. Intégrée à l'URSS en 1924 sous le nom de République socialiste soviétique du Turkménistan, elle connut une sédentarisation forcée et une exploitation de ses ressources. Elle proclama son indépendance en 1991. Saparmyrat Nyýazow, premier secrétaire du parti communiste local, devint président et instaura un régime autocratique sous le titre de « Türkmenbaşy » (Chef des Turkmènes), développant un culte de la personnalité extrême. À sa mort en 2006, Gurbanguly Berdimuhamedow lui succéda, perpétuant un système politique fermé et un nationalisme affirmé.
Politique
Le Turkménistan est une république présidentielle autoritaire de facto, souvent décrite comme une dictature à parti unique. Le président, actuellement Serdar Berdimuhamedow (depuis 2022), concentre tous les pouvoirs. Le Parti démocratique du Turkménistan, héritier du parti communiste, domine la vie politique. L'Assemblée (Mejlis) a un rôle très limité. Les libertés civiles et politiques sont sévèrement restreintes, la presse est étroitement contrôlée par l'État, et l'opposition est inexistante ou en exil. La neutralité permanente, inscrite dans la constitution, guide la politique étrangère, limitant les alliances militaires.
Economie
L'économie est presque entièrement dépendante des hydrocarbures, possédant la 4e plus grande réserve de gaz naturel au monde. L'exportation de gaz vers la Chine constitue la principale source de revenus. L'agriculture (coton, « or blanc » du pays, et blé) est concentrée dans les oasis irriguées. L'État maintient un contrôle très fort sur l'économie, avec des subventions importantes pour les biens de première nécessité (électricité, eau, gaz). Le manat est la monnaie nationale, dont le taux de change officiel est très éloigné du marché parallèle. Les difficultés d'accès aux devises et un secteur privé atrophié limitent la diversification.
Culture
La culture turkmène est profondément liée à son passé nomade et à l'islam sunnite (pratiqué de manière modérée). Le tapis turkmène, avec ses motifs tribaux distinctifs (guls), est un symbole national omniprésent, au point d'être représenté sur le drapeau. Le cheval Akhal-Téké, réputé pour sa beauté et son endurance, est un autre emblème national. La littérature orale, notamment l'épopée « Görogly », est valorisée. Sous les présidences successives, un culte de la personnalité a profondément marqué l'espace public, avec des statues, des livres (le Ruhnama de Türkmenbaşy) et des renommages de mois et de lieux. La société reste traditionnelle et hiérarchisée.
Tourisme
Le tourisme est très réglementé et nécessite un visa accompagné d'un guide pour la plupart des visiteurs. Les attractions principales incluent la capitale Achgabat, célèbre pour ses bâtiments publics en marbre blanc et ses fontaines, inscrite au Guinness des records pour sa densité. Les sites archéologiques de l'ancienne Merv (classée au patrimoine mondial de l'UNESCO) et de Kounia-Ourguentch témoignent du passé glorieux de la Route de la Soie. Le désert du Karakoum offre le spectacle surréaliste du cratère de Darvaza (Porte de l'Enfer). Les stations balnéaires sur la mer Caspienne, comme Awaza, sont développées pour un tourisme local et régional.
