Introduction
L'Ouzbékistan, situé au cœur de l'Asie centrale, est un État indépendant depuis 1991, après la dissolution de l'Union soviétique. Il est considéré comme le berceau de la civilisation turco-persane et a été un carrefour majeur de la Route de la Soie pendant des siècles. Son territoire a vu naître de grands empires, des cités prospères et des figures scientifiques et culturelles majeures comme Avicenne (Ibn Sina) et Tamerlan (Timour). Aujourd'hui, le pays cherche à concilier son riche patrimoine avec une modernisation économique et une ouverture progressive.
Geographie
Pays doublement enclavé (il n'a accès à aucune mer et ses voisins le sont également), l'Ouzbékistan est dominé par des déserts (le Kyzylkoum) et des steppes, qui couvrent près des deux tiers de son territoire. Les principales chaînes de montagnes (Tian Shan et Pamir-Alaï) se trouvent à l'est et au sud-est. Les deux fleuves majeurs, l'Amou-Daria et le Syr-Daria, qui se jettent dans la mer d'Aral, sont vitaux pour l'irrigation d'une agriculture intensive, notamment du coton, mais leur surexploitation a causé l'une des plus grandes catastrophes écologiques du XXe siècle : l'assèchement quasi-total de la mer d'Aral. Le climat est continental aride, avec des étés très chauds et des hivers froids.
Histoire
L'histoire de l'Ouzbékistan est millénaire. La région, connue sous le nom de Transoxiane, a été conquise par Alexandre le Grand, puis intégrée à l'empire perse achéménide. Elle a connu son âge d'or entre les VIIIe et XVe siècles sous les dynasties samanide, timouride et d'autres khanats, avec Samarcande et Boukhara comme centres intellectuels et commerciaux mondiaux. Conquise par l'Empire russe au XIXe siècle, elle devient la République socialiste soviétique d'Ouzbékistan en 1924. L'indépendance est proclamée le 1er septembre 1991. La période post-soviétique a été marquée par un régime présidentiel fort sous Islam Karimov jusqu'en 2016, suivi d'une période de réformes et d'ouverture sous Shavkat Mirziyoyev.
Politique
L'Ouzbékistan est une république présidentielle. Le président, élu pour sept ans, détient des pouvoirs exécutifs très étendus. Le parlement bicaméral (Oliy Majlis) a un rôle législatif mais limité. Depuis 2016, le pays a engagé un vaste programme de réformes politiques et économiques visant à libéraliser partiellement le régime, améliorer les droits de l'homme et les relations avec les voisins. Le pouvoir reste cependant fortement centralisé autour de la présidence. La politique étrangère est dite « multivectorielle », cherchant à équilibrer les relations avec la Russie, la Chine, les États-Unis et les pays voisins.
Economie
L'économie ouzbèke, autrefois planifiée, est en transition vers une économie de marché. Elle repose traditionnellement sur l'agriculture, en particulier la culture du coton (« l'or blanc »), dont le pays est l'un des plus grands producteurs mondiaux. Les ressources naturelles sont cruciales : l'Ouzbékistan est un important producteur et exportateur de gaz naturel, d'or, d'uranium et de cuivre. Le secteur industriel se développe, notamment dans l'automobile et la transformation agroalimentaire. Le tourisme culturel connaît une croissance spectaculaire, devenant un pilier économique majeur. Des réformes monétaires et fiscales récentes visent à attirer les investissements étrangers.
Culture
La culture ouzbèke est un syncrétisme fascinant d'influences turciques, persanes, islamiques et, plus récemment, russes. La musique traditionnelle (shashmaqom), la danse, la poésie (avec des figures comme Alisher Navoï) et les arts de la miniature et de la céramique sont très vivants. L'islam sunnite de rite hanafite est la religion majoritaire et façonne les traditions, mais la pratique est généralement modérée. La société est fortement structurée autour de la famille et des valeurs communautaires. La cuisine, réputée, est centrée sur le riz (plov), les brochettes (shashlik), les soupes et les pains (naan).
Tourisme
Le tourisme est focalisé sur le patrimoine historique exceptionnel des villes de la Route de la Soie. Samarcande, avec la place du Régistan, le mausolée de Gour-Emir et la mosquée Bibi-Khanym, est la plus célèbre. Boukhara, ville-musée aux centaines de monuments, et Khiva, cité fortifiée presque intacte, sont également des joyaux classés au patrimoine mondial de l'UNESCO. Tachkent, la capitale moderne, offre un contraste avec son métro orné et ses musées. Les paysages désertiques du Kyzylkoum et les vestiges de la mer d'Aral attirent les voyageurs en quête d'aventure. Le pays a considérablement simplifié ses procédures de visa pour favoriser ce secteur.
