Introduction
Nauru est un atoll surélevé isolé en Micronésie, à environ 42 km au sud de l'équateur. Son isolement et sa petite taille en font un cas unique dans la géopolitique mondiale. L'histoire moderne de Nauru est un récit saisissant de boom économique, de déclin écologique et de résilience, offrant une étude de cas sur les limites des ressources non renouvelables et les défis du développement durable pour les petits États insulaires.
Geographie
Nauru est un atoll surélevé de forme ovale, entouré d'un récif corallien. L'intérieur de l'île, appelé le « Topside », est un plateau central ravagé par l'extraction minière à ciel ouvert, laissant un paysage lunaire de pinacles de calcaire stériles. Une étroite bande côtière fertile, large d'environ 150 à 300 mètres, abrite la population et les infrastructures. Il n'y a pas de rivières et la seule source d'eau douce durable est la collecte d'eau de pluie. Le climat est tropical, avec une saison des pluies de novembre à février.
Histoire
Peuplée depuis au moins 3 000 ans par des Micronésiens et des Polynésiens, Nauru est découverte par les Européens en 1798. Annexée par l'Allemagne en 1888, elle est placée sous mandat australo-britannéo-néo-zélandais après la Première Guerre mondiale. L'exploitation intensive du phosphate, découvert en 1900, commence alors. Occupée par le Japon durant la Seconde Guerre mondiale, Nauru accède à l'indépendance en 1968. Les revenus du phosphate ont, dans les années 1970-1980, donné à ses habitants l'un des PIB par habitant les plus élevés du monde. Cependant, l'épuisement des réserves dans les années 1990 a plongé le pays dans une grave crise financière et une dépendance à l'aide internationale.
Politique
Nauru est une république parlementaire. Le Parlement, composé de 19 membres, est élu tous les trois ans. Le Parlement élit le Président de la République, qui est à la fois chef de l'État et chef du gouvernement. Le système politique est caractérisé par une instabilité fréquente, avec des motions de censure régulières. Nauru est membre du Commonwealth et des Nations Unies. Depuis les années 2000, sa politique étrangère et son économie ont été fortement influencées par un accord avec l'Australie pour hériter un centre de traitement des demandes d'asile (« Regional Processing Centre »), générant des revenus vitaux mais aussi des critiques internationales sur les droits de l'homme.
Economie
L'économie de Nauru a été dominée à plus de 90% par l'extraction et l'exportation de phosphate de haute qualité, dérivé du guano accumulé pendant des millénaires. L'épuisement de cette ressource a entraîné un effondrement économique. Le pays a tenté des investissements hasardeux à l'étranger (comme le financement d'une comédie musicale à Londres) qui ont échoué. Aujourd'hui, l'économie dépend presque entièrement de l'aide au développement (notamment de l'Australie, de Taïwan et de la Nouvelle-Zélande), des redevances de la pêche thonière, et des revenus du centre de détention pour demandeurs d'asile géré pour l'Australie. Le chômage est très élevé et le secteur public est le principal employeur.
Culture
La société nauruane est organisée autour des douze tribus originelles. La culture traditionnelle, bien qu'affaiblie par la modernisation et les bouleversements du XXe siècle, persiste à travers la langue nauruane, la danse, la pêche et les structures claniques. Le christianisme (principalement protestant) est largement pratiqué. Les problèmes de santé publique sont majeurs : Nauru détient l'un des taux les plus élevés au monde de diabète de type 2, d'obésité et de maladies cardiovasculaires, héritage du changement brutal de régime alimentaire et de mode de vie lié à la richesse phosphate.
Tourisme
Le tourisme est extrêmement limité en raison de l'isolement de l'île, du coût élevé des vols (une seule liaison aérienne régulière avec Brisbane, Australie), du manque d'infrastructures hôtelières développées et de la dégradation environnementale. Les quelques attractions incluent les vestiges de l'occupation japonaise (canons, bunkers), la vue sur les pinacles calcaires du « Topside », la pêche sportive, et les plages de sable blanc du littoral, notamment la baie d'Anibare. L'accès à l'île nécessite un visa préalable.
