Introduction
Le Kosovo est un territoire enclavé du sud-est de l'Europe, situé au cœur des Balkans. Son statut politique est complexe et unique : il s'est déclaré indépendant de la Serbie le 17 février 2008. Cette indépendance est reconnue par plus de 100 pays membres de l'ONU, dont les États-Unis et la majorité des États de l'Union européenne, mais pas par la Serbie, la Russie, la Chine et plusieurs autres. La Serbie continue de le considérer comme sa province autonome du Kosovo-et-Métochie. Cette situation fait du Kosovo un cas d'étude majeur en droit international et en relations internationales contemporaines.
Geographie
Le Kosovo est un pays relativement petit et montagneux. Il est entouré par la Serbie au nord et à l'est, la Macédoine du Nord au sud, l'Albanie à l'ouest et le Monténégro au nord-ouest. Son relief est dominé par deux grandes plaines fertiles, celle du Kosovo à l'est et celle de Dukagjin (Metohija) à l'ouest, séparées par les collines centrales de Drenica. Ces plaines sont encadrées par des chaînes de montagnes faisant partie des Alpes dinariques et des Balkans, avec des sommets dépassant les 2 500 mètres, comme le Gjeravica (2 656 m), point culminant. Le climat est continental modéré, avec des étés chauds et des hivers froids et neigeux en altitude. Les principaux cours d'eau sont la Drini i Bardhë (Drina Blanche), la Sitnica et l'Ibar.
Histoire
Le Kosovo est un carrefour historique et le berceau de la nation serbe médiévale, abritant des monuments religieux orthodoxes de première importance comme le patriarcat de Peć et les monastères de Gračanica et Dečani (tous inscrits au patrimoine mondial de l'UNESCO). La bataille du Kosovo Polje (1389) contre l'Empire ottoman est un événement fondateur de l'identité nationale serbe. Sous domination ottomane pendant près de cinq siècles, la démographie de la région évolue avec l'installation progressive d'une population albanaise majoritairement musulmane. Après les guerres balkaniques, le Kosovo est intégré au royaume de Yougoslavie. Après la Seconde Guerre mondiale, il devient une province autonome au sein de la République socialiste de Serbie, membre de la Yougoslavie de Tito. La suppression de son autonomie par Slobodan Milošević en 1989 déclenche des décennies de résistance non-violente puis armée de la part des Albanais du Kosovo. La répression serbe culmine en 1998-1999, conduisant à une intervention militaire de l'OTAN et à la mise sous administration internationale de l'ONU (MINUK). Neuf ans plus tard, le Kosovo proclame son indépendance.
Politique
Le Kosovo est une république parlementaire. Son système politique est défini par la constitution de 2008, qui établit un État laïc et multiethnique. Le président de la République est le chef de l'État, élu par l'Assemblée. Le pouvoir exécutif est exercé par le gouvernement, dirigé par le Premier ministre. L'Assemblée du Kosovo est un parlement monocaméral de 120 députés, dont 20 sièges sont réservés aux représentants des minorités (notamment 10 pour la communauté serbe). La présence internationale reste significative : la Mission État de droit de l'UE (EULEX) a joué un rôle dans le renforcement de la justice, et la Force pour le Kosovo (KFOR) de l'OTAN assure la sécurité. Le dialogue facilité par l'UE entre Belgrade et Pristina pour normaliser leurs relations est un pilier central de la politique régionale.
Economie
Le Kosovo possède l'une des économies les plus pauvres et les plus jeunes d'Europe, avec un PIB par habitant parmi les plus bas du continent. Le chômage, particulièrement chez les jeunes, est structurellement élevé. L'économie repose sur le secteur des services, une base industrielle limitée (exploitation minière, énergie) et une agriculture de subsistance. Les transferts de fonds de la diaspora kosovare, principalement installée en Allemagne et en Suisse, constituent une source de revenus vitale, représentant une part significative du PIB. Le pays utilise l'euro comme monnaie de fait, sans être membre de la zone euro, ce qui lui offre une stabilité monétaire mais limite ses outils de politique économique. Les principaux défis sont la corruption, l'économie informelle, le manque d'investissements étrangers et la faiblesse des infrastructures énergétiques et de transport.
Culture
La société kosovare est majoritairement albanaise (environ 90%), avec des minorités serbe, bosniaque, turque, rom et ashkali. Cette diversité se reflète dans les langues officielles (albanais et serbe) et les religions (islam sunnite majoritaire, christianisme orthodoxe serbe et catholicisme). La culture albanaise du Kosovo est marquée par le code d'honneur traditionnel du « Kanun », une forte tradition de musique folklorique et une littérature moderne dynamique. La diaspora joue un rôle culturel crucial. Pristina, la capitale, est un centre urbain jeune et animé, symbolisé par la bibliothèque nationale au style architectural unique et par la statue « NEWBORN » dévoilée le jour de l'indépendance. Le sport, notamment le football et les arts martiaux, est très populaire.
Tourisme
Le tourisme au Kosovo est un secteur en développement, axé sur le patrimoine historique, le tourisme de montagne et l'hospitalité locale. Les sites incontournables incluent le monastère orthodoxe serbe de Visoki Dečani (XIVe siècle, UNESCO), la mosquée impériale de Prizren (XVe siècle) et le vieux bazar de cette même ville, considérée comme la capitale culturelle. La région montagneuse des Alpes albanaises (Prokletije/Accursed Mountains) offre des possibilités de randonnée et de ski. La capitale Pristina surprend par son énergie juvénile et ses contrastes architecturaux. Le tourisme mémoriel, avec des sites liés à la guerre de 1999, est également présent. L'accessibilité reste un défi, mais l'hospitalité légendaire (« mikpritja ») des Kosovars est un atout majeur.
