Introduction
Le Honduras, situé au cœur de l'isthme centraméricain, est un pays de contrastes marqués entre montagnes verdoyantes, plaines côtières et îles paradisiaques. Héritier d'un riche passé précolombien, il a été profondément marqué par la colonisation espagnole et les tumultes politiques du XXe siècle. Aujourd'hui, il fait face à des défis majeurs en matière de développement, de sécurité et de préservation de son exceptionnelle biodiversité, tout en étant un acteur clé de la région.
Geographie
Le territoire hondurien est majoritairement montagneux, avec la Sierra Madre traversant le pays d'est en ouest. Le point culminant est le Cerro Las Minas (2 870 m). Il possède deux façades maritimes : une étroite sur l'océan Pacifique (golfe de Fonseca) et une plus longue sur la mer des Caraïbes, où se trouvent les îles de la Bahía (Roatán, Utila, Guanaja) et les Cayos Cochinos. Le pays compte de nombreux fleuves, dont l'Ulúa et l'Aguán, et le lac de Yojoa, le seul lac naturel d'importance. Les forêts de pins et de chênes des hautes terres contrastent avec les forêts tropicales humides de la Mosquitia, région de jungle et de marécages peu peuplée à l'est.
Histoire
La région fut le siège de la civilisation maya classique, dont le site de Copán est un joyau. Christophe Colomb toucha la côte en 1502, donnant son nom au pays ('Honduras' signifiant 'profondeurs'). Conquis par Pedro de Alvarado, il devint une colonie espagnole jusqu'en 1821. Après une brève annexion par le Mexique, le Honduras fut membre des Provinces unies d'Amérique centrale avant de devenir une république indépendante en 1838. Le XXe siècle fut marqué par l'influence des compagnies fruitières américaines (d'où le terme 'république bananière'), des dictatures militaires et des conflits frontaliers. Le retour à la démocratie dans les années 1980 n'a pas mis fin à l'instabilité politique, avec un coup d'État en 2009. Les ouragans Mitch (1998) et Eta/Iota (2020) ont causé des dégâts catastrophiques.
Politique
Le Honduras est une république démocratique constitutionnelle unitaire. Le pouvoir exécutif est détenu par un président élu au suffrage universel pour un mandat de quatre ans, non renouvelable. Le pouvoir législatif est monocaméral, exercé par le Congrès national composé de 128 députés. Le pouvoir judiciaire est indépendant, avec une Cour suprême de justice. Le pays est divisé en 18 départements. Le système politique est dominé par deux partis traditionnels, le Parti national et le Parti libéral, bien que de nouvelles forces aient émergé. La corruption, la faiblesse des institutions et l'influence des cartels de la drogue sur le territoire sont des défis majeurs pour la gouvernance.
Economie
L'économie hondurienne est l'une des plus pauvres d'Amérique latine. Elle repose traditionnellement sur l'agriculture (café, bananes, palmier à huile, sucre, melons), mais les secteurs des services et de l'industrie (notamment les maquiladoras, usines d'assemblage pour l'exportation) ont pris de l'importance. Les envois de fonds des Honduriens vivant à l'étranger (principalement aux États-Unis) représentent une source vitale de devises, dépassant souvent les exportations. Le pays possède des ressources minières (zinc, plomb, argent) et un potentiel hydroélectrique. Les principaux défis sont la forte informalité, les inégalités sociales, la dette publique élevée et la vulnérabilité aux chocs climatiques.
Culture
La culture hondurienne est un métissage entre les héritages indigènes (Lenca, Miskito, Garifuna, Pech), espagnol et africain. La musique populaire inclut le punta, rythme afro-caribéen des Garifunas, et la ranchera. La littérature est illustrée par des figures comme Ramón Amaya Amador. La religion catholique est dominante, avec une croissance des églises évangéliques. La cuisine typique associe maïs, haricots, riz, banane plantain et viande, avec des plats comme les baleadas (tortillas garnies), la sopa de caracol et les tamales. La société est marquée par des valeurs familiales fortes et un sens de l'hospitalité ('catracho', surnom des Honduriens).
Tourisme
Le Honduras offre des attractions variées mais encore peu exploitées. Les principaux sites sont les ruines mayas de Copán, classées au patrimoine mondial de l'UNESCO pour leurs stèles et hiéroglyphes. La côte caraïbe attire pour la plongée et le snorkeling autour de la barrière de récif mésoaméricaine, notamment sur les îles de Roatán et Utila, paradis pour les plongeurs et l'observation des requins-baleines. La Mosquitia offre des expéditions en jungle vers le site de la 'Cité blanche' (Kaha Kamasa). Les villes coloniales comme Comayagua, les parcs nationaux (La Tigra, Pico Bonito) et le lac de Yojoa complètent l'offre. La réputation du pays en matière de sécurité reste un frein au développement touristique.
