Introduction
L'Érythrée, bordée par la mer Rouge, est un État jeune mais à l'histoire ancienne et mouvementée. Son nom dérive du grec 'Erythra Thalassa' (mer Rouge). Son indépendance, arrachée après trois décennies de lutte, a forgé une identité nationale forte mais dans un contexte d'isolement international et de gouvernance répressive. Le pays reste l'un des plus fermés et des moins développés au monde, avec une économie étatisée et une jeunesse contrainte à un service militaire prolongé.
Geographie
L'Érythrée présente une diversité géographique remarquable sur un territoire relativement petit. Elle comprend trois grandes zones : les hauts plateaux centraux (autour d'Asmara, culminant à 3018 m), la plaine côtière désertique le long de la mer Rouge (incluant le port de Massaoua et l'archipel des Dahlak), et les basses terres occidentales arides. Le point le plus bas est le lac Kulul dans la dépression de Danakil (-75 m). Le climat varie du désertique aride sur les côtes au tempéré sur les hauts plateaux. La faune et la flore sont adaptées à ces milieux extrêmes, avec une riche vie marine dans la mer Rouge.
Histoire
L'histoire érythréenne est marquée par des influences extérieures et une lutte pour l'autodétermination. Ancienne partie du royaume d'Aksoum, la région fut successivement sous influence ottomane, égyptienne, puis italienne (colonie d'Érythrée à partir de 1890). Après la Seconde Guerre mondiale, elle fut placée sous administration britannique puis fédérée à l'Éthiopie en 1952 par l'ONU, avant d'être annexée en 1962. Cette annexion déclencha une guerre d'indépendance de 30 ans (1961-1991) menée par le Front populaire de libération de l'Érythrée (FPLE). Un référendum en 1993 approuva l'indépendance à 99,8%. Des conflits frontaliers avec l'Éthiopie (1998-2000, 2018-2020) ont ensuite dominé la politique régionale.
Politique
L'Érythrée est un État à parti unique, dirigé depuis l'indépendance par le Front populaire pour la démocratie et la justice (PFDJ), héritier du FPLE, et par son président Isaias Afwerki. Aucune élection nationale n'a eu lieu depuis 1993. La Constitution de 1997 n'a jamais été mise en œuvre. Le régime est souvent qualifié d'autoritaire et répressif, avec un contrôle strict de l'information, une absence de libertés civiles et politiques, et un service national obligatoire à durée indéterminée pour les hommes et femmes, source d'exode massif. Le pays entretient des relations complexes avec ses voisins, jouant un rôle militaire dans la région (notamment au Yémen et en Éthiopie).
Economie
L'économie érythréenne, parmi les moins développées, est largement contrôlée par l'État et l'armée. Elle repose sur une agriculture de subsistance (sorgho, millet, légumes) vulnérable aux sécheresses, l'élevage, et les transferts de fonds de la diaspora. Le secteur minier (or, cuivre, zinc, potasse) est le principal pourvoyeur de devises étrangères, mais les bénéfices sont opaques. Le potentiel touristique (sites historiques, plongée) est inexploité en raison des restrictions. L'infrastructure est médiocre et le pays souffre de pénuries chroniques. Le service national fournit une main-d'œuvre forcée à bas coût pour des projets publics.
Culture
La société érythréenne est composée de neuf groupes ethniques principaux (Tigrigna, Tigré, Afar, Saho, etc.), chacun avec sa langue et ses traditions. Le sentiment national, forgé par la guerre, transcende souvent ces divisions. Les langues tigrigna et arabe sont les plus répandues. La culture mélange des influences africaines, moyen-orientales et italiennes (visible dans l'architecture d'Asmara, classée à l'UNESCO). La cuisine est à base de injera (galette) et de plats en sauce (zigni, tsebhi). La musique et la danse traditionnelles sont vivantes. La majorité de la population est chrétienne (orthodoxe érythréenne) et musulmane sunnite, vivant généralement en harmonie.
Tourisme
Le tourisme est extrêmement limité en Érythrée, nécessitant un visa difficile à obtenir et des permis de déplacement internes. Pour les rares visiteurs, les attractions potentielles sont uniques : l'architecture moderniste italienne exceptionnellement préservée d'Asmara (site UNESCO), les sites archéologiques de Qohaito et Adulis, les paysages spectaculaires du désert de Danakil, les récifs coralliens de l'archipel des Dahlak, et les monastères orthodoxes des hauts plateaux. La ville portuaire de Massaoua, avec son vieux quartier ottoman, offre un contraste frappant avec la capitale. Le pays reste une destination pour les voyageurs aventureux et spécialisés.
