Introduction
L'Union des Comores est un État archipélagique souverain composé de trois îles principales (Grande Comore, Mohéli, Anjouan) sur les quatre de l'archipel (Mayotte étant un territoire français revendiqué). C'est l'un des plus petits pays d'Afrique, avec une population dense et jeune. Sa position stratégique dans le canal du Mozambique a façonné son histoire, marquée par des influences africaines, arabes, malgaches et européennes. La nation est membre de la Ligue arabe, de l'Organisation de la coopération islamique et de l'Union africaine.
Geographie
L'archipel des Comores est d'origine volcanique, situé sur le point chaud des Comores. Le relief est montagneux et escarpé, avec des sols fertiles sur les pentes. Le point culminant est le volcan actif du Karthala (2 361 m) sur Grande Comore, l'un des volcans les plus actifs du monde. Les côtes sont découpées avec des plages de sable noir ou blanc. Le climat est tropical maritime, avec une saison chaude et humide (novembre à avril) et une saison plus sèche et fraîche (mai à octobre). La biodiversité est riche, avec une forte endémicité (comme le Cœlacanthe dans ses eaux), mais menacée par la déforestation et la pression démographique.
Histoire
Peuplées dès le VIe siècle par des populations bantoues et austronésiennes, les îles deviennent un carrefour commercial important, intégré aux réseaux swahili et arabo-persans. L'islam sunnite s'y implante durablement. À partir du XVIe siècle, les sultanats rivaux (comme celui de Ndzuwani à Anjouan) se développent. La France établit un protectorat sur Mayotte en 1841, puis étend progressivement son contrôle sur les autres îles jusqu'en 1912. Après la Seconde Guerre mondiale, un mouvement indépendantiste émerge. Les Comores accèdent à l'indépendance le 6 juillet 1975, sauf Mayotte qui choisit par référendum de rester française. La période post-indépendance est très instable, marquée par une vingtaine de coups d'État ou tentatives, la sécession d'Anjouan et de Mohéli (1997-2001), et une forte instabilité institutionnelle. L'Union des Comores, adoptée en 2001, instaure une fédération avec une présidence tournante entre les îles, apportant une relative stabilité.
Politique
L'Union des Comores est une république fédérale islamique. La Constitution de 2001 établit une large autonomie pour chaque île (Grande Comore, Anjouan, Mohéli), chacune ayant son président et son assemblée. Le pouvoir exécutif fédéral est détenu par un président, élu pour un mandat de cinq ans, qui tourne entre les ressortissants des trois îles. Le pouvoir législatif est bicaméral : une Assemblée de l'Union et un Sénat représentant les îles. L'islam est religion d'État. Le système politique reste fragile, avec des tensions persistantes entre le gouvernement fédéral et les autorités insulaires sur la répartition des pouvoirs et des ressources.
Economie
L'économie comorienne est l'une des plus pauvres et les moins développées au monde, très dépendante de l'aide internationale et des transferts de la diaspora (environ 25% du PIB). L'agriculture, incluant la pêche et la sylviculture, emploie la majorité de la population. Le pays est un important producteur mondial d'essence d'ylang-ylang (utilisée en parfumerie) et de vanille, ainsi que de girofle. Ces cultures d'exportation sont vulnérables aux fluctuations des prix et aux aléas climatiques. Le secteur industriel est quasi inexistant. Le tourisme, malgré un potentiel (plages, volcan, culture), est sous-développé en raison des infrastructures limitées et de l'instabilité politique passée. Les principaux défis sont la forte croissance démographique, le chômage, l'insécurité alimentaire et le déficit énergétique chronique.
Culture
La société comorienne est profondément imprégnée par l'islam sunnite, qui régit la vie sociale et les rites. La culture est un mélange d'influences africaines (bantoues), arabes et malgaches. La famille et le respect des aînés sont centraux. La vie sociale est rythmée par des cérémonies traditionnelles fastueuses, notamment le « grand mariage » (aada), événement social majeur qui consacre le statut et entraîne d'importantes dépenses. La musique traditionnelle (twarab, musique de zéli) est vivante. La langue nationale est le shikomor (dérivé du swahili), tandis que le français et l'arabe sont langues officielles. La cuisine utilise le riz, le poisson, la noix de coco et les épices (curry, cardamome).
Tourisme
Le tourisme aux Comores est un secteur naissant. Les attractions principales sont les paysages volcaniques spectaculaires, notamment le cratère du Karthala, les plages de sable blanc immaculées (comme à Mohéli ou à Itsandra), et la riche vie marine (plongée sous-marine pour observer les coraux, les tortues et le cœlacanthe). Mohéli abrite un parc marin national. La culture authentique et l'architecture des médinas (vieille ville de Moroni avec sa mosquée de l'Ancien Vendredi) sont également des atouts. Les obstacles majeurs restent les liaisons aériennes limitées, le manque d'infrastructures hôtelières de standing international et une image encore associée à l'instabilité.
