Introduction
La Bolivie, cœur de l'ancien empire Tiwanaku et partie intégrante de l'empire Inca, est devenue une nation indépendante en 1825. Son nom rend hommage à Simón Bolívar. C'est l'un des deux pays d'Amérique du Sud sans accès à la mer (avec le Paraguay), ayant perdu son littoral lors de la Guerre du Pacifique (1879-1884) face au Chili. Cette réalité marque profondément son identité et sa politique étrangère. La Constitution de 2009 a refondé le pays en tant qu'« État plurinational », reconnaissant officiellement l'autonomie et les droits des 36 nations indigènes qui le composent.
Geographie
La géographie bolivienne est divisée en trois grandes régions. À l'ouest, l'Altiplano, haut plateau andin situé entre 3 500 et 4 000 mètres d'altitude, abrite le célèbre lac Titicaca (partagé avec le Pérou), plus haut lac navigable du monde, et le salar d'Uyuni, le plus grand désert de sel de la planète, riche en lithium. Les vallées centrales (Yungas et Vallées) bénéficient d'un climat tempéré. À l'est, les vastes plaines tropicales des Llanos, couvrant près des deux tiers du territoire, font partie du bassin amazonien et du Gran Chaco, avec une biodiversité exceptionnelle mais une faible densité de population.
Histoire
L'histoire bolivienne est marquée par de grandes civilisations précolombiennes (Tiwanaku, Inca), la conquête espagnole au XVIe siècle et l'exploitation des mines d'argent de Potosí, qui ont alimenté l'économie mondiale. L'indépendance, proclamée en 1825, a été suivie d'une instabilité politique chronique et de guerres territoriales désastreuses (notamment la perte de l'accès à la mer). Le XXe siècle a vu se succéder des gouvernements militaires, des révolutions (1952) et une démocratisation dans les années 1980. L'élection d'Evo Morales en 2006, premier président indigène, a inauguré une période de profonds changements sociaux et constitutionnels, marquée par la nationalisation des hydrocarbures et la reconnaissance des droits indigènes, mais aussi par des tensions politiques et sociales persistantes.
Politique
La Bolivie est une république démocratique, unitaire et sociale, organisée selon la Constitution de 2009. Elle adopte une forme de gouvernement présidentiel où le président, chef de l'État et du gouvernement, est élu pour un mandat de cinq ans. L'Assemblée Législative Plurinationale est bicamérale (Chambre des Députés et Chambre des Sénateurs). Le système judiciaire inclut une Cour Suprême et une Cour Constitutionnelle Plurinationale. Un élément distinctif est l'autonomie reconnue aux départements, municipalités, et aux territoires indigènes originaires paysans (TIOC). La vie politique est dominée par le Mouvement vers le Socialisme (MAS), bien que l'opposition soit forte dans les régions de l'« demi-lune » orientale.
Economie
L'économie bolivienne reste dépendante de l'exportation de matières premières. Le gaz naturel est la principale source de revenus et d'exportation. Le pays possède également d'importantes réserves de minerais (zinc, étain, argent) et est considéré comme détenteur des plus grandes réserves mondiales de lithium, un métal crucial pour la transition énergétique, dont l'exploitation est stratégique. L'agriculture (soja, quinoa, noix du Brésil) et l'élevage sont importants. Malgré une croissance économique soutenue et une réduction significative de la pauvreté extrême depuis les années 2000, le pays fait face à des défis majeurs : diversification économique, informalité, et dépendance aux prix des commodités. L'industrialisation du gaz et du lithium est une priorité nationale.
Culture
La culture bolivienne est un syncrétisme profond entre les traditions indigènes (principalement aymara et quechua) et l'héritage colonial espagnol. Cette fusion est visible dans les festivals religieux comme le Carnaval d'Oruro (patrimoine de l'UNESCO), la musique (charangos, pan flûtes), les danses folkloriques et les textiles aux motifs et couleurs vibrants. La cuisine reflète cette dualité avec des plats comme le salteña (chausson fourré), le sajta de pollo, et l'usage omniprésent de la pomme de terre et du maïs sous de multiples formes. La coca, plante sacrée pour les cultures andines, y est cultivée et consommée traditionnellement (mastication, infusion). La société est majoritairement métisse et indigène, avec des langues et cosmovisions très vivantes.
Tourisme
Le tourisme en Bolivie s'articule autour de ses paysages spectaculaires et de son patrimoine culturel. Le salar d'Uyuni, immense miroir d'eau en saison des pluies, est une attraction majeure. Le lac Titicaca et ses sites (Île du Soleil, Tiwanaku) offrent un voyage dans l'histoire. Les villes de Potosí, avec ses mines coloniales, et Sucre, la « ville blanche » classée au patrimoine de l'UNESCO, sont des joyaux architecturaux. La route des Yungas, surnommée « la route de la mort », attire les amateurs de vélo tout-terrain. L'Amazonie bolivienne (parc national Madidi) et les missions jésuites de Chiquitos sont des destinations pour l'écotourisme et le tourisme culturel. L'infrastructure touristique est en développement, avec une offre allant du basique au haut de gamme.
