Introduction
Le mont Fuji, ou Fujisan, est bien plus qu'une simple montagne pour le peuple japonais. C'est une icône nationale, un site sacré, une source d'inspiration artistique inépuisable et un géologique actif qui domine la région du Chūbu, à cheval sur les préfectures de Shizuoka et Yamanashi. Inscrit au patrimoine mondial de l'UNESCO en 2013 en tant que « lieu sacré et source d'inspiration artistique », il incarne la beauté naturelle et la spiritualité du Japon.
Description
Le mont Fuji est un stratovolcan actif, bien qu'à faible activité actuellement, dont la dernière éruption remonte à 1707-1708 (l'éruption Hōei). Son cône presque parfaitement symétrique, culminant à 3 776 mètres, est le résultat de coulées de lave successives, de cendres et de scories. Il est couronné par un cratère sommital d'environ 500 mètres de diamètre et 250 mètres de profondeur. La montagne est divisée en dix « stations », la cinquième station étant le point de départ le plus courant pour l'ascension. Son sommet est recouvert de neige une grande partie de l'année, offrant un spectacle saisissant. Le volcan fait partie de la ceinture de feu du Pacifique et sa formation a commencé il y a environ 100 000 ans, avec le Fuji « actuel » (Kofuji) qui s'est édifié il y a environ 10 000 ans sur les bases d'anciens volcans.
Histoire
L'histoire du mont Fuji est profondément liée à la religion et à la culture japonaise. Vénéré depuis des siècles par les shintoïstes, qui y voient la demeure de la déesse Konohanasakuya-hime (symbole de la vie fragile), il a également été un lieu de pratique ascétique pour les bouddhistes, notamment la secte Shugendō. Les premières ascensions attestées datent du 8ème siècle, réalisées par des moines. Pendant la période Edo (1603-1868), il est devenu un lieu de pèlerinage populaire avec la fondation de la confrérie Fujikō. Son influence sur l'art est immense : il est le sujet central de la célèbre série d'estampes « Trente-six vues du mont Fuji » du maître Katsushika Hokusai (1760-1849), qui a contribué à diffuser son image dans le monde entier. Sa forme reconnaissable est devenue un symbole du Japon.
Caracteristiques
Altitude : 3 776 mètres (point culminant du Japon). Type : Stratovolcan actif (classé actif avec faible risque). Dernière éruption : 1707-1708 (Hōei). Cratère : Diamètre d'environ 500 m, profondeur d'environ 250 m. Localisation : Île de Honshū, à environ 100 km au sud-ouest de Tokyo. Géologie : Composé principalement de basalte, ce qui est relativement rare pour un stratovolcan et contribue à la fluidité de ses anciennes coulées de lave et à la régularité de ses pentes. Cinq lacs (Fuji Goko) se trouvent au nord : Kawaguchi, Yamanaka, Sai, Motosu et Shōji. La forêt d'Aokigahara, une mer d'arbres dense, s'étend à sa base nord-ouest. La saison officielle d'ascension s'étend de début juillet à début septembre, lorsque la neige a fondu et les refuges sont ouverts.
Importance
L'importance du mont Fuji est à la fois culturelle, spirituelle, artistique et économique. En tant que site sacré, il attire pèlerins et pratiquants de religions syncrétiques. En tant que symbole national, il est représenté sur d'innombrables œuvres d'art, photographies, et même sur les billets de banque. Il est un élément fondamental de l'identité japonaise. Économiquement, il est au cœur d'une région touristique majeure, générant des revenus liés à l'ascension, aux visites des lacs et des onsens (sources chaudes). Son inscription à l'UNESCO reconnaît son influence universelle sur l'art (notamment via les estampes ukiyo-e) et sa valeur en tant que paysage culturel. Environ 300 000 personnes tentent son ascension chaque année, faisant de lui l'un des sommets les plus gravis au monde. Sa préservation est un enjeu national, notamment face à la problématique des déchets laissés par les randonneurs.
