Manaslu

Le Manaslu, huitième plus haut sommet du monde avec 8 163 mètres d'altitude, est situé dans la chaîne de l'Himalaya au Népal. Surnommé la 'Montagne de l'Esprit', il est réputé pour sa beauté majestueuse et son ascension technique, offrant une alternative moins fréquentée que l'Everest. Il est le point culminant du massif des Gurkha et domine la vallée isolée de Budhi Gandaki.

Introduction

Le Manaslu, dont le nom dérive du sanskrit 'Manasa' signifiant 'âme' ou 'intellect', est un géant de l'Himalaya népalais qui incarne à la fois un défi alpin de premier ordre et une profonde signification spirituelle pour les populations locales. Sa silhouette massive et ses pentes abruptes en font l'un des sommets de 8 000 mètres les plus esthétiques et redoutables. Longtemps préservé par son isolement géographique, il est aujourd'hui au cœur d'une région en pleine mutation, entre développement du trekking et préservation culturelle.

Description

Le Manaslu (8 163 m) est situé dans le district de Gorkha, dans l'ouest du Népal. Il forme le point central du massif du Mansiri Himal. Sa face sud, particulièrement impressionnante, présente une dénivelé de près de 3 000 mètres depuis le glacier de Pungen. Le sommet principal est flanqué de plusieurs pics secondaires notables, dont le Manaslu Nord (7 157 m) et le Manaslu Est (7 992 m). L'itinéraire d'ascension normal, par la face nord-est, emprunte un long glacier puis une arête d'accès complexe. La montagne est la source de la rivière Budhi Gandaki, qui a creusé une vallée profonde et isolée, classée en aire de conservation (Manaslu Conservation Area) depuis 1998. Cette zone protégée abrite une biodiversité riche, incluant le léopard des neiges, le panda roux et de nombreuses espèces d'oiseaux, ainsi que des forêts de rhododendrons et de pins.

Histoire

La première reconnaissance sérieuse du Manaslu fut menée par une expédition japonaise en 1952. Après plusieurs tentatives infructueuses, la première ascension fut réalisée le 9 mai 1956 par Toshio Imanishi (alpiniste) et Gyalzen Norbu (Sherpa), membres d'une expédition japonaise dirigée par Yuko Maki. Cette réussite consolida le lien fort entre le Manaslu et les alpinistes japonais, qui en firent leur 'montagne de prédilection'. La première ascension par une femme fut l'œuvre de la Polonaise Wanda Rutkiewicz en 1987. La voie normale, bien que considérée comme moins dangereuse que celle du K2 ou de l'Annapurna, reste périlleuse en raison des risques d'avalanches et de séracs. La face sud, l'une des plus grandes parois des Himalayas, fut gravie pour la première fois en 1972 par une expédition autrichienne menée par Wolfgang Nairz. L'histoire de l'alpinisme sur le Manaslu est aussi marquée par des tragédies, comme l'avalanche de 1972 qui tua 15 personnes, dont plusieurs membres d'une expédition coréenne.

Caracteristiques

Altitude : 8 163 mètres (8ème sommet mondial). Première ascension : 9 mai 1956 par Toshio Imanishi et Gyalzen Norbu. Localisation : Massif du Mansiri Himal, chaîne de l'Himalaya, Népal (district de Gorkha). Proéminence : 3 092 mètres (col de Larkya La à 5 071 m). Isolément topographique : 106 km. Difficulté d'ascension : Considérée comme l'un des 8 000 mètres 'les plus accessibles' par sa voie normale, mais reste une entreprise extrêmement dangereuse en raison des conditions météorologiques imprévisibles, du risque d'avalanche élevé (notamment sur le glacier supérieur) et de l'altitude. Le taux de mortalité est historiquement d'environ 9%, bien qu'il ait diminué avec les techniques modernes. Le trek du tour du Manaslu, qui contourne la montagne en 14 à 18 jours, est réputé pour sa beauté sauvage et son immersion culturelle dans des villages de culture tibétaine (Nubri, Tsum).

Importance

Le Manaslu est d'une importance capitale à plusieurs niveaux. Sur le plan alpin, il représente un objectif majeur pour les grimpeurs visant les 14 sommets de 8 000 mètres, souvent considéré comme une étape préparatoire à des ascensions plus techniques. Culturellement, il est vénéré par les populations bouddhistes locales comme une demeure des divinités, et son nom même reflète cette dimension sacrée. Écologiquement, l'Aire de Conservation du Manaslu (1 663 km²) est un modèle de gestion communautaire visant à concilier protection de la biodiversité et développement économique par l'écotourisme. Économiquement, le trek du tour du Manaslu est devenu une source de revenus vitale pour les villages de la région, bien que son ouverture plus tardive (1991) et son statut de trek en 'région restreinte' aient permis de mieux contrôler son impact que sur l'Everest. Le Manaslu symbolise ainsi le défi de la préservation d'un patrimoine naturel et culturel face à la montée en puissance de l'alpinisme commercial et du tourisme de masse.

Anecdotes

La 'Montagne Japonaise'

Le Manaslu entretient un lien historique unique avec le Japon. Non seulement la première ascension fut japonaise, mais le pays a également financé la construction de nombreuses écoles et infrastructures dans la région du Budhi Gandaki dans les années 1950 et 1960, créant un lien de gratitude durable. Une réplique du stupa de Swayambhunath, offerte par le Japon, trône d'ailleurs à Samagaon, le village principal au pied de la montagne.

La malédiction du Yeti

Lors des premières explorations dans les années 1950, des rumeurs persistantes évoquaient la présence du mythique Yeti (l'abominable homme des neiges) sur les pentes du Manaslu. Une expédition japonaise rapporta avoir trouvé de grandes empreintes dans la neige, alimentant le mystère. Les sherpas locaux attribuaient parfois les échecs ou accidents à la colère de cette créature légendaire, censée protéger la montagne sacrée.

Un sommet, plusieurs noms

Le nom 'Manaslu' est le plus commun, mais la montagne est aussi appelée 'Kutang', où 'Tang' signifie en tibétain 'endroit plat', en référence au plateau situé au sommet. Les cartes britanniques de l'époque coloniale l'avaient brièvement baptisée 'Peak XXX'. Enfin, son appellation officielle complète est parfois donnée comme 'Manaslu I', pour la distinguer de ses sommets satellites.

L'avalanche de 2012

Le 23 septembre 2012, une immense avalanche déferla sur le camp 3 de la face sud-ouest, tuant 11 alpinistes (dont des Français, Espagnols, Népalais et Allemands) et en blessant plusieurs autres. C'est l'une des pires tragédies survenues sur le Manaslu, rappelant brutalement les dangers objectifs de la haute montagne, même sur des itinéraires réputés 'classiques'.

Sources

  • The Himalayan Database: Expedition Archives of the Nepal Himalayas.
  • American Alpine Journal: Various reports on Manaslu ascents and accidents.
  • Manaslu Conservation Area Project (MCAP) - Official reports and management plans.
  • Boukreev, Anatoli & DeWalt, G. Weston. 'The Climb: Tragic Ambitions on Everest'. (Context on 8000m peaks).
  • Nepal Tourism Board: Official trekking and mountaineering statistics and regulations.
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