Cho Oyu

Cho Oyu est le sixième plus haut sommet du monde, culminant à 8 188 mètres d'altitude. Situé à la frontière entre le Tibet (Chine) et le Népal, dans la chaîne de l'Himalaya, il est considéré comme le plus accessible des quatorze sommets de plus de 8 000 mètres. Son nom signifie 'Déesse Turquoise' en tibétain.

Introduction

Cho Oyu, le 'toit turquoise', est un géant de l'Himalaya qui occupe une place particulière dans le monde de l'alpinisme. Faisant partie du massif du Mahalangur Himal, il se dresse à environ 20 km à l'ouest de l'Everest. Sa réputation de 'plus facile' des 8 000 mètres n'est qu'une apparence relative, car à cette altitude, tous les sommets présentent des défis mortels. Il sert souvent de tremplin pour les alpinistes visant l'Everest, offrant une expérience cruciale de la haute altitude dans des conditions techniques moins extrêmes.

Description

Cho Oyu présente une structure massive et imposante, avec une face nord-ouest principale large et des pentes relativement régulières comparées à ses voisins plus escarpés. Le sommet est caractérisé par un large plateau. L'itinéraire normal d'ascension passe par le versant nord-ouest, depuis le Tibet. Cet itinéraire, bien que long, évite les grands obstacles techniques comme les séracs instables ou les parois verticales, mais n'est pas pour autant dénué de dangers : les pentes de glace à 40-50 degrés, les crevasses cachées, les avalanches et surtout les effets de l'altitude extrême (hypoxie, œdèmes) constituent les principaux périls. La face sud, côté Népal, est beaucoup plus technique et rarement gravie.

Histoire

Cho Oyu a été gravi pour la première fois le 19 octobre 1954 par une expédition autrichienne dirigée par Herbert Tichy, avec les alpinistes Sepp Jöchler et le Sherpa Pasang Dawa Lama. Cette ascension fut remarquable pour son style alpin léger, sans utilisation d'oxygène artificiel, et pour la reconnaissance préalable discrète effectuée par Tichy. Elle intervint peu après les premières ascensions de l'Annapurna (1950), de l'Everest (1953) et du Nanga Parbat (1953). Dans les décennies qui suivirent, Cho Oyu est devenu l'un des 8 000 mètres les plus fréquentés, avec des centaines de succès. Il a également été le théâtre de tragédies, comme la mort de l'alpiniste française Chantal Mauduit en 1998.

Caracteristiques

Altitude : 8 188 mètres (26 864 pieds). Rang mondial : 6e. Localisation : Frontière Tibet-Népal (28°05′39″N 86°39′39″E). Massif : Mahalangur Himal (Himalaya). Première ascension : 19 octobre 1954. Premiers ascensionnistes : Herbert Tichy, Sepp Jöchler, Pasang Dawa Lama. Voie normale : Versant nord-ouest (depuis le Tibet). Difficulté technique : PD/AD (Peu Difficile/Assez Difficile) sur l'échelle alpine, mais extrême en raison de l'altitude. Taux de réussite : L'un des plus élevés parmi les 8 000 m, souvent autour de 60-70% lors des bonnes saisons. Dénivelé : L'ascension depuis le camp de base avancé (vers 5 700m) représente un dénivelé positif d'environ 2 500 mètres.

Importance

Cho Oyu joue un rôle central dans l'alpinisme commercial de haute altitude. Sa relative accessibilité en fait un objectif prisé pour les alpinistes souhaitant gravir leur premier '8 000', et une préparation quasi obligatoire pour les guides et clients visant l'Everest. Économiquement, il génère une activité significative en termes d'expéditions, de logistique et d'emploi pour les Sherpas et les agences. D'un point de vue géopolitique, sa situation à la frontière rend son accès sensible ; la plupart des ascensions se font par le Tibet, nécessitant des autorisations chinoises strictes, tandis que l'accès côté Népal est plus complexe et rare. Environnementalement, comme tous les sommets himalayens, il subit la pression de l'activité humaine et les effets du changement climatique, avec une évolution notable des glaciers et des conditions de neige.

Anecdotes

Un sommet 'facile' ?

Bien que considéré comme le plus facile des 8 000 m, Cho Oyu a un taux de mortalité d'environ 1,5%, ce qui signifie qu'environ un alpiniste sur soixante-cinq y laisse la vie. Cette statistique rappelle que 'facile' à 8 000 mètres reste une entreprise extrêmement dangereuse où une erreur, un mauvais temps ou un mal aigu des montagnes est souvent fatal.

La première ascension hivernale

La première ascension hivernale de Cho Oyu fut réalisée le 12 février 1985 par une équipe polonaise menée par Maciej Berbeka. Cette performance fut historique, car elle fut le premier 8 000 m gravi en hiver par des Polonais, ouvrant la voie à leur domination dans l'alpinisme hivernal en Himalaya. Berbeka et son compagnon ont lutté contre des températures descendant sous les -40°C.

Le record de vitesse

Le record d'ascension rapide depuis le camp de base (avancé) est détenu par le légendaire alpiniste et skieur extrême suisse Ueli Steck. En 2013, il a gravi seul la face sud-ouest, une voie technique, en un temps record de 10 heures et 30 minutes aller-retour, démontrant un niveau de performance athlétique et technique exceptionnel sur ce géant.

Un nom controversé

Le nom 'Cho Oyu' (Déesse Turquoise) est le plus communément accepté. Cependant, sur certaines cartes chinoises, le sommet est parfois appelé 'Qowowuyag'. De plus, des explorateurs et cartographes du début du XXe siècle l'avaient temporairement identifié sous d'autres noms ou numéros, avant que la dénomination tibétaine locale ne s'impose définitivement.

Sources

  • The Himalayan Database: Expedition Archives of the Himalayan Club
  • American Alpine Journal - Various reports on Cho Oyu ascents
  • Boukreev, Anatoli & DeWalt, G. Weston. 'The Climb: Tragic Ambitions on Everest' (context on 8000m peaks)
  • Japanese Alpine News - Feature on the history of Cho Oyu
  • Interviews and publications of the Polish Winter Himalayan Annals
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