Introduction
L'océan Arctique, souvent considéré comme la couronne glacée de la planète, est un bassin océanique entouré par les masses terrestres de l'Eurasie, de l'Amérique du Nord et du Groenland. Malgré sa taille modeste (environ 14 millions de km²), il exerce une influence disproportionnée sur les systèmes climatiques et écologiques mondiaux. Sa caractéristique la plus emblématique est sa couverture de glace de mer, un paysage dynamique qui a façonné l'histoire humaine, la faune et les équilibres géopolitiques de la région.
Description
L'océan Arctique est le plus septentrional des océans. Il est entouré par les côtes de la Russie, de la Norvège, de l'Islande, du Groenland (Danemark), du Canada et des États-Unis (Alaska). Il est relié à l'océan Pacifique par le détroit de Béring et à l'océan Atlantique principalement par la mer de Norvège et le détroit de Fram. Sa bathymétrie est dominée par le bassin Arctique central, profond de 3 000 à 5 000 mètres, divisé par des dorsales sous-marines comme la dorsale de Lomonossov. La plate-forme continentale est exceptionnellement large, notamment du côté eurasiatique (plate-forme de Sibérie), représentant environ un tiers de sa superficie totale. Ces eaux peu profondes sont d'une grande importance biologique et économique.
Histoire
L'exploration de l'Arctique est une longue quête marquée par la recherche de passages commerciaux et la conquête du pôle. Dès le XVIe siècle, les Européens recherchaient les passages du Nord-Est (le long de la Sibérie) et du Nord-Ouest (à travers l'archipel canadien). Des expéditions légendaires, souvent tragiques, comme celles de Franklin, Nansen ou Amundsen, ont peu à peu cartographié la région. Le pôle Nord géographique a été atteint de manière controversée par Robert Peary en 1909, et de manière confirmée par l'expédition dirigée par Roald Amundsen en 1926 en dirigeable. Pendant la Guerre froide, l'Arctique est devenu une zone stratégique cruciale pour les sous-marins nucléaires. Aujourd'hui, l'histoire s'écrit autour du changement climatique et de l'ouverture de nouvelles voies maritimes.
Caracteristiques
Les caractéristiques principales de l'océan Arctique sont sa glace et son froid. La banquise, d'une épaisseur moyenne de 2 à 3 mètres, atteint son maximum en mars (environ 15 millions de km²) et son minimum en septembre, une étendue qui diminue drastiquement depuis des décennies en raison du réchauffement climatique. Sous la glace, l'océan présente une stratification unique avec une couche de surface froide et peu salée (due à l'apport des fleuves sibériens et canadiens) surmontant des eaux plus chaudes et salées venues de l'Atlantique. La faune est adaptée à l'extrême : ours polaire, phoque annelé, béluga, narval et une riche vie benthique. La nuit polaire dure plusieurs mois en hiver, tandis que le soleil de minuit brille en été.
Importance
L'importance de l'océan Arctique est planétaire. Il agit comme un réfrigérateur global : sa glace blanche réfléchit l'énergie solaire (albédo) et ses eaux froides alimentent la circulation thermohaline, le « tapis roulant » océanique qui régule le climat. Sa fonte accélérée est à la fois un indicateur et un amplificateur du changement climatique. Économiquement, il recèle d'importantes ressources en hydrocarbures et en minéraux, et la réduction de la glace ouvre potentiellement les routes maritimes du Passage du Nord-Ouest et de la Route Maritime du Nord, réduisant considérablement les distances entre l'Europe et l'Asie. Sur le plan géopolitique, il est le théâtre de revendications territoriales et d'une coopération internationale fragile, encadrée par le Conseil de l'Arctique. Sa préservation est un enjeu environnemental majeur.
