Mer du Japon

Mer marginale de l'océan Pacifique Nord, située entre l'archipel japonais à l'est, la péninsule coréenne à l'ouest et la Russie continentale au nord. Elle est une voie maritime stratégique majeure et possède une biodiversité unique. Son nom est l'objet d'un différend diplomatique entre la Corée et le Japon.

Introduction

La mer du Japon est une mer semi-fermée, bordée par le Japon, la Corée du Sud, la Corée du Nord et la Russie. Elle communique avec plusieurs mers adjacentes par des détroits peu profonds, ce qui influence fortement ses caractéristiques océanographiques. D'une importance géopolitique et économique cruciale, elle est aussi le théâtre d'une riche histoire maritime et de tensions contemporaines.

Description

La mer du Japon s'étend sur environ 1 048 000 km². Elle est relativement profonde, avec une profondeur moyenne de 1 752 mètres et un maximum de 3 742 mètres dans le bassin du Japon. Elle est connectée à d'autres masses d'eau par des détroits étroits et peu profonds : le détroit de Tsushima (avec la mer de Chine orientale) au sud-ouest, le détroit de Tsugaru (avec l'océan Pacifique) à l'est, et le détroit de La Pérouse (avec la mer d'Okhotsk) au nord. Cette configuration en fait un bassin aux échanges limités, contribuant à la formation de masses d'eau distinctes. La mer est divisée en deux bassins principaux, le bassin du Japon au nord et le bassin de Yamato (une élévation sous-marine) au sud-est. Ses côtes sont variées, avec des falaises rocheuses, des baies profondes comme celles de Peter le Grand (Vladivostok) et de Wakasa, et quelques plaines côtières étroites.

Histoire

Historiquement, la mer du Japon a été une zone d'échanges et de conflits. Elle a vu le développement de la culture Jōmon au Japon et des anciens royaumes coréens. Au Moyen Âge, elle fut le cadre des invasions mongoles du Japon (1274 et 1281) et de l'activité des wakō (pirates). À l'époque d'Edo, elle était traversée par la « route de la mer du Japon ». La bataille navale décisive de Tsushima en 1905, pendant la guerre russo-japonaise, s'y est déroulée, consacrant l'émergence du Japon comme puissance navale. Durant la Guerre froide, ses eaux furent le lieu de tensions entre les blocs de l'Est et de l'Ouest. Le différend sur son nom (« Mer du Japon » vs « Mer de l'Est ») remonte au début du XXe siècle et reste un sujet de friction entre la Corée et le Japon, l'Organisation hydrographique internationale reconnaissant actuellement le premier nom.

Caracteristiques

La mer du Japon présente des conditions océanographiques particulières. Les courants principaux forment une circulation cyclonique (dans le sens inverse des aiguilles d'une montre) : le courant chaud de Tsushima entre par le sud, longe la côte japonaise, et le courant froid du Liman sort par le nord. En hiver, les vents froids et secs de Sibérie provoquent un transfert de chaleur et d'humidité intense vers l'atmosphère, entraînant une convection profonde qui forme l'Eau Profonde de la Mer du Japon, une masse d'eau très froide et bien oxygénée. La mer connaît peu de marées (amplitude généralement inférieure à 50 cm). Sa biodiversité comprend des espèces tempérées et subarctiques, avec une productivité halieutique importante (calmars, maquereaux, crabes). Elle est aussi connue pour ses bancs de méduses géantes (Nemopilema nomurai).

Importance

L'importance de la mer du Japon est multidimensionnelle. Économiquement, c'est une artère vitale pour le transport maritime, notamment pour les exportations de la Corée du Sud et du Japon, et pour l'approvisionnement en ressources de l'Extrême-Orient russe. Ses fonds marins recèleraient des gisements d'hydrates de méthane. Stratégiquement, elle est cruciale pour la sécurité régionale, abritant des bases navales majeures et étant le lieu d'exercices militaires fréquents. Environnementalement, elle est un bassin sensible au changement climatique et à la pollution. Culturellement, elle a façonné les sociétés littorales, de la pêche traditionnelle au développement des ports comme Niigata, Busan et Vladivostok. Le différend sur son nom symbolise les enjeux de mémoire et de souveraineté dans la région.

Anecdotes

La mer qui se vide ?

En raison de son isolement relatif et de la faible profondeur de ses détroits, le renouvellement complet des eaux profondes de la mer du Japon prendrait plusieurs centaines d'années. Certains scientifiques étudient l'impact du réchauffement climatique sur ce processus, qui pourrait à terme affecter la formation de ses eaux profondes et son écosystème unique.

Le mystère des navires fantômes

Chaque année, des « navires fantômes » en bois, souvent de fabrication nord-coréenne et parfois contenant des restes humains, s'échouent sur les côtes japonaises de la mer du Japon. Ces épaves sont attribuées à des bateaux de pêcheurs nord-coréens dérivant à cause de pannes mécaniques ou de conditions météorologiques, devenant un phénomène macabre et un indicateur des difficultés en Corée du Nord.

Le Tsushima, un courant chaud vital

Le courant de Tsushima, une branche du courant Kuroshio, est responsable du climat relativement doux de la côte ouest du Japon, contrastant avec les hivers rigoureux de la côte est soumise au courant froid d'Oyashio. Il apporte des espèces subtropicales et influence profondément la pêche et l'agriculture de la région.

Sources

  • Organisation hydrographique internationale (OHI) - Limits of Oceans and Seas
  • Japan Meteorological Agency - Oceanographic analysis of the Sea of Japan
  • Marine Policy Journal - 'The naming dispute of the Sea of Japan'
  • National Oceanic and Atmospheric Administration (NOAA) - Oceanographic data
  • Ministère des Affaires étrangères de la République de Corée - Position on the naming issue
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