Golfe du Bengale

Le Golfe du Bengale est une vaste mer marginale de l'océan Indien, bordée par l'Inde, le Sri Lanka, le Bangladesh, la Birmanie et la Thaïlande. C'est la plus grande baie du monde, formée par la subduction de la plaque indienne sous la plaque birmane. Il joue un rôle climatique et économique crucial pour l'Asie du Sud et du Sud-Est.

Introduction

Le Golfe du Bengale est une immense étendue d'eau située dans le nord-est de l'océan Indien. Il s'étend sur environ 2 172 000 km², ce qui en fait la plus grande baie du monde en termes de superficie. Sa forme triangulaire est délimitée par la côte orientale de l'Inde, la côte occidentale de la Birmanie et de la Thaïlande, et le littoral du Bangladesh et du Sri Lanka au nord. Cette mer est le réceptacle de plusieurs des plus grands fleuves du monde, ce qui influence profondément ses caractéristiques physiques, écologiques et humaines.

Description

Le Golfe du Bengale est une mer épicontinentale relativement peu profonde, avec une profondeur moyenne de 2 600 mètres et une profondeur maximale d'environ 4 694 mètres dans la fosse centrale. Sa bathymétrie est complexe, avec un plateau continental étendu au nord et à l'ouest, notamment le large plateau du Bengale. Il reçoit les eaux douces et les sédiments de grands fleuves himalayens : le Gange, le Brahmapoutre, la Meghna, l'Irrawaddy et la Godavari. Cet apport massif (plus d'un milliard de tonnes de sédiments par an) crée le plus grand cône sous-marin du monde, le cône du Bengale, et rend ses eaux de surface moins salées que la moyenne océanique. La circulation des eaux est dominée par les courants de mousson, inversant leur direction entre l'été et l'hiver.

Histoire

Le Golfe du Bengale a une longue histoire en tant que carrefour majeur du commerce et des civilisations. Dès l'Antiquité, il était au cœur de la « Route maritime de la soie », reliant l'Inde à l'Asie du Sud-Est et à la Chine. Des empires maritimes comme les Chola (Inde du Sud) y ont étendu leur influence. Les ports de la région, tels que Mamallapuram, Satgaon et plus tard Calcutta, ont prospéré grâce au commerce des épices, des textiles et des pierres précieuses. À l'époque coloniale, il fut le théâtre de rivalités entre puissances européennes (Portugais, Hollandais, Français, Britanniques) pour le contrôle du commerce asiatique. Sa formation géologique est le résultat de la tectonique des plaques, avec la subduction de la plaque indienne sous la plaque birmane, processus qui a créé l'arc volcanique des îles Andaman-et-Nicobar et continue de générer une importante activité sismique.

Caracteristiques

Les caractéristiques principales du Golfe du Bengale sont : 1) **Hydrologie unique** : Une stratification marquée avec une couche de surface peu salée et riche en nutriments surmontant des eaux profondes pauvres en oxygène (zone minimale d'oxygène). 2) **Climat de mousson** : Il est le « chaudière » de la mousson du sud-ouest, où se forment les dépressions et cyclones tropicaux les plus intenses de la planète (appelés cyclones dans la région). 3) **Biodiversité** : Il abrite des écosystèmes variés : mangroves des Sundarbans (les plus grandes du monde), récifs coralliens des îles Andaman-et-Nicobar, herbiers marins et une faune comprenant dauphins, baleines, tortues marines et le requin-baleine. 4) **Ressources** : Il possède d'importantes réserves d'hydrocarbures (gaz offshore) et de minéraux, et ses eaux sont parmi les plus poissonneuses au monde.

Importance

L'importance du Golfe du Bengale est multidimensionnelle. **Économiquement**, il est vital pour la pêche, fournissant des moyens de subsistance à des millions de personnes. Ses ressources en hydrocarbures sont stratégiques. C'est aussi une voie maritime majeure pour le commerce mondial, avec un trafic intense de pétroliers et de porte-conteneurs. **Climatiquement**, il est le moteur de la mousson asiatique, dont dépend l'agriculture et l'approvisionnement en eau de plus d'un milliard de personnes. **Environnementalement**, les Sundarbans, classés au patrimoine mondial de l'UNESCO, constituent une barrière cruciale contre les cyclones. Cependant, la région est extrêmement vulnérable au changement climatique (élévation du niveau de la mer, acidification, intensification des cyclones) et à la pollution (plastique, rejets fluviaux). La coopération régionale (via l'initiative BIMSTEC) est essentielle pour gérer ces défis communs.

Anecdotes

L'île qui apparaît et disparaît

En 2013, un puissant séisme au Pakistan a fait émerger une nouvelle île, « Zalzala Jazeera » (l'île du tremblement de terre), au large de la côte pakistanaise, dans la mer d'Arabie. Bien que cet événement ne se soit pas produit dans le Golfe du Bengale proprement dit, il illustre le même processus géologique actif dans toute la région : la remontée de boue et de sédiments le long des failles de subduction. Dans le Golfe, des phénomènes similaires ont été observés historiquement.

La mer qui « respire » deux fois par an

En raison du renversement saisonnier des courants de mousson, la circulation de surface du Golfe du Bengale s'inverse complètement deux fois par an. En été, le courant circule dans le sens des aiguilles d'une montre, portant les eaux vers le nord le long de la côte est de l'Inde. En hiver, il tourne dans le sens inverse, créant un courant côtier vers le sud. Cette « respiration » océanique influence la migration du plancton et des poissons.

Le cimetière des sous-marins de la Seconde Guerre mondiale

Les eaux du Golfe du Bengale, en particulier autour des îles Andaman-et-Nicobar et du détroit de Malacca, sont le lieu de repos de plusieurs épaves de sous-marins de la Seconde Guerre mondiale, japonais, britanniques et américains. Ces sites sont aujourd'hui des spots de plongée sous-marine et des habitats artificiels pour la vie marine.

Sources

  • National Geographic - Golfe du Bengale
  • UNESCO - Commission océanographique intergouvernementale
  • Journal of Geophysical Research: Oceans (études sur l'hydrologie du Golfe)
  • Food and Agriculture Organization (FAO) - Zone de pêche 57
  • Intergovernmental Panel on Climate Change (IPCC) - Rapports sur les régions côtières
EdTech AI Assistant