Introduction
La Mer Morte, appelée en hébreu Yam Ha-Melah (la mer de Sel) et en arabe Al-Bahr al-Mayyit, est un phénomène naturel unique à la frontière entre le Moyen-Orient et le Levant. Bien que nommée 'mer', il s'agit en réalité d'un lac hypersalin sans débouché sur l'océan. Son statut de site le plus bas de la planète et ses propriétés thérapeutiques légendaires en font une curiosité géographique et une destination touristique majeure.
Description
La Mer Morte est un lac endoréique, ce qui signifie qu'il n'a pas d'écoulement vers la mer. L'eau ne s'en échappe que par évaporation, laissant derrière elle les sels et minéraux dissous. Elle est alimentée principalement par le fleuve Jourdain, ainsi que par quelques sources et oueds. Sa superficie actuelle est d'environ 605 km², mais elle diminue rapidement en raison de la surexploitation des eaux du Jourdain. Le paysage environnant est aride et montagneux, avec les falaises du désert de Judée à l'ouest et les plateaux jordaniens à l'est. Ses eaux sont d'une couleur bleu profond intense, contrastant avec les dépôts de sel blancs qui cristallisent sur ses rives.
Histoire
L'histoire de la Mer Morte est profondément liée à celle des civilisations de la région. Elle est mentionnée dans la Bible (notamment dans les récits de Sodome et Gomorrhe) et dans d'autres textes anciens sous le nom de 'mer de Sel' ou 'mer d'Arava'. Les Égyptiens utilisaient son bitume (asphalte) pour la momification, et les Nabatéens en faisaient commerce. Cléopâtre aurait fait fabriquer des produits de beauté à partir de ses boues minérales. Au XXe siècle, elle est devenue un centre majeur pour l'extraction de minéraux (potasse, brome, magnésium) et un lieu de recherche scientifique sur les environnements extrêmes. La division politique de la région après 1948 a placé ses rives sous la souveraineté de la Jordanie, d'Israël et de l'Autorité palestinienne.
Caracteristiques
Les caractéristiques de la Mer Morte sont exceptionnelles : 1. **Altitude** : Sa surface se situe actuellement à environ -430 mètres sous le niveau de la mer, un record mondial qui continue de baisser. 2. **Salinité** : Avec une concentration en sel d'environ 34% (soit près de 10 fois plus que l'eau de mer), elle est l'un des plans d'eau les plus salés du monde. Cette salinité est principalement due à des chlorures de magnésium, de sodium, de calcium et de potassium. 3. **Densité** : Cette forte salinité confère à l'eau une densité de 1,24 kg/litre, permettant une flottabilité remarquable. 4. **Absence de vie** : Aucun poisson, algue macroscopique ou organisme supérieur ne peut y survivre, d'où son nom. Seules certaines bactéries et archées halophiles extrêmes y prospèrent. 5. **Composition minérale unique** : Ses eaux et ses boues noires sont riches en magnésium, calcium, potassium, brome et autres oligo-éléments, auxquels on attribue des propriétés thérapeutiques pour la peau et les articulations. 6. **Rétrécissement** : Le lac perd plus d'un mètre de profondeur par an en moyenne, créant des milliers de dolines (effondrements) sur ses rives.
Importance
L'importance de la Mer Morte est multiple. D'un point de vue **économique**, elle est une ressource cruciale pour l'industrie minérale israélienne et jordanienne. **Touristiquement**, elle attire des centaines de milliers de visiteurs pour ses bienfaits supposés sur la santé (psoriasis, arthrite) et son expérience de flottaison unique. **Scientifiquement**, elle offre un laboratoire naturel pour étudier l'adaptation de la vie aux milieux extrêmes, la géologie des bassins fermés et les impacts du changement climatique. **Écologiquement**, son assèchement rapide constitue une catastrophe environnementale régionale, menaçant les infrastructures et modifiant les écosystèmes. Des projets de canal depuis la mer Rouge (projet Red Sea-Dead Sea) sont étudiés pour la stabiliser, mais ils sont controversés. **Culturellement**, elle reste un symbole fort, présent dans les textes sacrés de trois religions monothéistes et dans l'imaginaire collectif comme un lieu à la fois mystérieux et thérapeutique.
