Lac Volta

Le lac Volta est le plus grand lac artificiel du monde en superficie. Situé au Ghana, il a été créé par la construction du barrage d'Akosombo sur le fleuve Volta entre 1961 et 1965. Il joue un rôle crucial dans l'économie ghanéenne, fournissant hydroélectricité, eau pour l'irrigation et une voie de transport majeure.

Introduction

Le lac Volta est une étendue d'eau monumentale et une réalisation humaine spectaculaire qui a radicalement transformé le paysage et l'économie du Ghana. Plus qu'un simple réservoir, il s'agit d'une mer intérieure artificielle dont la création a entraîné des bouleversements sociaux et environnementaux profonds, tout en devenant le pilier énergétique de la nation. Sa présence domine la partie sud-est du pays, s'étendant comme les tentacules d'une pieuvre le long des vallées des rivières Volta Noire, Volta Blanche et Oti.

Description

Le lac Volta s'étend sur environ 8 502 kilomètres carrés, ce qui en fait le plus grand lac artificiel du monde par sa superficie, dépassant largement le lac Kariba ou le réservoir Bratsk. Il contient environ 148 kilomètres cubes d'eau. Sa forme est extrêmement ramifiée, avec un littoral très découpé s'étirant sur près de 5 500 kilomètres. Sa longueur maximale du nord au sud est d'environ 400 km, et sa largeur maximale atteint près de 25 km. Le lac est alimenté principalement par le fleuve Volta et ses affluents, et son niveau fluctue selon les saisons des pluies. Les eaux sont généralement calmes et brunâtres en raison des sédiments. Le paysage environnant est principalement constitué de savanes et de collines, avec de nombreuses îles, dont certaines abritent des villages.

Histoire

Le projet du lac Volta est né de la vision du premier président du Ghana, Kwame Nkrumah, qui souhaitait industrialiser le pays et le rendre énergétiquement indépendant. Le plan, étudié depuis l'époque coloniale britannique, fut mis en œuvre avec la construction du barrage d'Akosombo, financé en partie par des prêts internationaux, notamment des États-Unis et du Royaume-Uni. Les travaux commencèrent en 1961 et le barrage fut achevé en 1965. La mise en eau du réservoir, qui dura plusieurs années, nécessita le déplacement de près de 80 000 personnes appartenant à 740 villages, ainsi que le réaménagement de 200 000 animaux domestiques. Des sites historiques et des forêts sacrées furent également submergés. Ce fut l'une des plus grandes opérations de réinstallation de l'époque.

Caracteristiques

Le lac est retenu par le barrage d'Akosombo, un barrage en enrochement avec un noyau en argile, haut de 114 mètres et long de 660 mètres. La centrale hydroélectrique associée, initialement dotée de six turbines, fournit l'essentiel de l'électricité du Ghana (environ 70% historiquement, bien que cette part ait diminué avec la sécheresse et l'augmentation de la demande). Le lac a créé une voie navigable intérieure majeure, permettant le transport de marchandises et de passagers entre le sud et le nord du pays. Il est également le siège d'une importante industrie de pêche, devenue vitale pour la sécurité alimentaire locale. L'environnement du lac est marqué par des défis tels que la prolifération de jacinthes d'eau, l'envasement et la déforestation des rives.

Importance

L'importance du lac Volta est multidimensionnelle. Économiquement, il est la colonne vertébrale de la production électrique ghanéenne, attirant des industries comme la fonderie d'aluminium de VALCO. Socialement, il a créé de nouvelles communautés de pêcheurs et amélioré les liaisons de transport, mais a aussi causé des traumatismes durables liés aux déplacements forcés. Environnementalement, il a modifié les écosystèmes locaux, noyé des habitats et créé de nouveaux, tout en contribuant à une réduction des émissions de gaz à effet de serre par rapport à une production thermique. Le lac est aussi une source majeure d'eau pour l'irrigation et l'aquaculture. Cependant, sa gestion est confrontée à des défis de durabilité, notamment la baisse du niveau d'eau lors des sécheresses, affectant la production d'électricité.

Anecdotes

La cathédrale engloutie

Lors de la mise en eau, la ville d'Okyereko et son église catholique furent submergées. Parfois, lors des grandes sécheresses, lorsque le niveau du lac baisse considérablement, les ruines de l'église refont surface, devenant un spectacle à la fois fascinant et poignant pour les habitants et les visiteurs, rappelant le passé englouti.

Les forêts de mâts

Le lac Volta abrite la plus grande flotte de pirogues en bois au monde, estimée à des dizaines de milliers. Les rives sont souvent bordées de 'forêts' de mâts et de coques séchant au soleil. La pêche, essentiellement artisanale, est une activité économique majeure pour des centaines de communautés lacustres.

Un cimetière d'arbres

Le fond du lac est parsemé de millions d'arbres morts qui n'ont pas été coupés avant la mise en eau. Ces troncs, visibles en surface par endroits, constituent un danger pour la navigation, mais fournissent aussi des habitats pour les poissons. Des projets de récupération de ce bois précieux, bien que techniquement complexes et coûteux, ont été envisagés.

L'île-hôpital

L'île de Dodi, au milieu du lac, est devenue une destination touristique populaire pour les Ghanéens, accessible par des ferries. De manière plus singulière, le navire-hôpital 'MV Dodi Princess' sillonne le lac pour apporter des soins médicaux aux communautés isolées des îles et des rives éloignées, qui n'ont souvent pas d'autre accès aux services de santé.

Sources

  • Volta River Authority (VRA) - Official Documentation and Reports
  • Ghana Statistical Service - Environmental and Economic Data
  • International Commission on Large Dams (ICOLD) - Register of Dams
  • Academic Papers: 'The Volta River Project: A Case Study in Politics and Technology' (2018)
  • UNEP - Environmental Impact Assessment of Large Water Reservoirs
EdTech AI Assistant