Introduction
Hokkaidō, autrefois appelée Ezo, est l'une des quatre îles principales de l'archipel japonais. Séparée de Honshū par le détroit de Tsugaru, qu'enjambe le tunnel ferroviaire sous-marin du Seikan, elle se distingue par son climat subarctique, sa faible densité de population et ses vastes étendues de nature préservée. Capitale administrative, Sapporo est une métropole moderne mondialement connue pour son festival de neige.
Description
Avec une superficie d'environ 83 450 km², Hokkaidō est la 21e plus grande île du monde. Son relief est marqué par des chaînes de montagnes volcaniques (telles que les monts Daisetsuzan), de vastes plaines agricoles, des caldeiras (comme le lac Toya), et de nombreuses sources chaudes (onsen). La côte, découpée, offre des paysages spectaculaires comme les falaises de la péninsule de Shakotan. L'île abrite six parcs nationaux, dont le parc national de Shiretoko, classé au patrimoine mondial de l'UNESCO pour son écosystème marin et terrestre interconnecté. La faune est unique au Japon, avec la présence de l'ours brun de l'Oussouri, de l'aigle de Steller et du cygne chanteur.
Histoire
Les premiers habitants de Hokkaidō sont le peuple autochtone Aïnou, dont la culture de chasseurs-cueilleurs s'est développée indépendamment de l'archipel japonais. L'île, appelée Ezo, est longtemps restée en marge du pouvoir impérial. À l'époque d'Edo (1603-1868), le clan Matsumae y établit un comptoir commercial. L'ère Meiji (à partir de 1868) marque un tournant : le gouvernement rebaptise l'île Hokkaidō et lance une politique de colonisation et de développement intensif, dirigée par Horace Capron et d'autres conseillers étrangers. Cette période vit l'arrivée massive de colons japonais (Wajin), la mise en place d'une agriculture moderne et la marginalisation forcée des Aïnous. Durant la Seconde Guerre mondiale, Hokkaidō fut relativement épargnée par les bombardements. Son développement économique d'après-guerre s'est concentré sur l'agroalimentaire, l'exploitation forestière et la pêche.
Caracteristiques
Hokkaidō présente plusieurs caractéristiques distinctes. Son climat est le plus froid du Japon, avec des hivers longs et neigeux propices aux sports d'hiver (Niseko est une station de ski renommée) et des étés frais et secs. C'est le grenier du Japon, produisant une grande partie du blé, du maïs, des pommes de terre, des produits laitiers et de la betterave à sucre du pays. La pêche, notamment du crabe, du saumon et de l'oursin, est une industrie majeure. L'île possède un réseau urbain moins dense, avec Sapporo comme unique grande ville, et de nombreuses petites villes dispersées. La culture Aïnou, bien que longtemps réprimée, connaît une renaissance et une reconnaissance officielle croissante, avec des musées et des centres culturels comme le Upopoy (Musée national des Aïnous).
Importance
Hokkaidō est d'une importance stratégique et économique capitale pour le Japon. Elle assure une part significative de la sécurité alimentaire nationale. Son environnement naturel, préservé dans des parcs nationaux, est un pilier du tourisme, attirant des visiteurs pour le ski, les randonnées estivales, l'observation de la faune et les onsens. Géopolitiquement, sa proximité avec la Russie (les îles Kouriles, objet d'un différend territorial) en fait une région sensible. Culturellement, elle représente la diversité du Japon, avec l'héritage Aïnou qui questionne l'identité nationale homogène. Enfin, son modèle de développement, axé sur une agriculture à grande échelle et une industrie touristique saisonnière, sert de laboratoire pour les régions rurales japonaises confrontées à la dépopulation.
