Introduction
L'Orange, connu sous le nom de Gariep en Khoekhoe et Senqu en sesotho, est un fleuve majeur de l'Afrique australe. Il constitue une artère vitale à travers des paysages spectaculaires et souvent inhospitaliers, façonnant la géographie, l'économie et l'histoire de la région. Son bassin versant, le plus étendu d'Afrique du Sud, couvre une superficie d'environ 973 000 km², englobant des parties du Lesotho, de l'Afrique du Sud, de la Namibie et du Botswana.
Description
Le fleuve Orange naît dans les hautes terres du Lesotho, au sein du massif du Drakensberg, à plus de 3 000 mètres d'altitude. Il coule d'abord vers l'ouest à travers les plaines du Highveld sud-africain, recevant ses principaux affluents : la Caledon, qui marque une partie de la frontière avec le Lesotho, et le Vaal, son tributaire le plus important, qui draine une grande partie du centre industriel du pays. Après la confluence avec le Vaal, l'Orange s'engage dans une région de plus en plus aride, le Namaqualand et le Richtersveld. Son cours inférieur traverse des canyons profonds et des déserts, formant la frontière naturelle entre l'Afrique du Sud et la Namibie sur près de 500 km. Il se jette finalement dans l'océan Atlantique à Alexander Bay. Son débit est très irrégulier, sujet à de fortes crues estivales et à de longues périodes d'étiage, caractéristique des cours d'eau des zones semi-arides.
Histoire
Les peuples San (Bochimans) furent les premiers habitants connus de la région du fleuve, laissant des peintures rupestres. Il fut ensuite nommé « Gariep » (Grande Eau) par les Khoikhoi. L'explorateur écossais Robert Jacob Gordon le baptisa « Orange » en 1779 en l'honneur de la maison d'Orange-Nassau, famille régnante des Pays-Bas. Au XIXe siècle, le fleuve devint une frontière naturelle et une route pour les explorateurs, les missionnaires et les prospecteurs lors de la ruée vers le diamant. La découverte de diamants alluviaux à son embouchure dans les années 1920 mena à la fondation d'Alexander Bay et à une exploitation minière intensive. Le XXe siècle vit la construction de grands barrages, transformant radicalement son utilisation.
Caracteristiques
Longueur : environ 2 200 km. Bassin versant : ~973 000 km². Débit moyen : 365 m³/s à l'embouchure, mais extrêmement variable. Principaux affluents : la Caledon et le Vaal. Le fleuve est caractérisé par son « Ligne de l'Orange », une chute spectaculaire près d'Upington, et par les rapides d'Augrabies, où il plonge de 56 mètres dans une gorge étroite, donnant son nom au parc national des chutes d'Augrabies. Son cours inférieur traverse le désert du Richtersveld, un paysage lunaire et l'un des endroits les plus chauds et secs d'Afrique du Sud. La qualité de l'eau se dégrade en aval en raison de l'évaporation intense, de la salinisation naturelle et de la pollution agricole et minière.
Importance
L'Orange est la colonne vertébrale hydrique de l'Afrique du Sud. Il est au cœur du projet des « Tunnels de l'Orange » et du Lesotho Highlands Water Project, l'un des plus grands projets de transfert d'eau interbassins au monde, qui détourne l'eau du haut bassin vers le réseau du Vaal pour approvisionner la région économique de Johannesburg et Pretoria. Le barrage de Gariep et le barrage de Vanderkloof sont des sources majeures d'hydroélectricité et d'irrigation, permettant le développement de vastes périmètres agricoles (vignes, agrumes, coton) dans des régions désertiques. Le fleuve est aussi une frontière internationale majeure et un lieu de biodiversité unique, notamment dans le Richtersveld, reconnu comme site du patrimoine mondial mixte (culturel et naturel). Cependant, sa gestion est un enjeu géopolitique sensible entre les pays riverains, confrontés aux défis du changement climatique, de la surexploitation et de la pollution.
