Indus

L'Indus est l'un des plus longs fleuves d'Asie, prenant sa source au Tibet et traversant le Pakistan sur la majeure partie de son cours. Il est le berceau de la civilisation de l'Indus, l'une des plus anciennes du monde. Son bassin est vital pour l'agriculture et l'économie du Pakistan.

Introduction

L'Indus, dont le nom dérive du sanskrit 'Sindhu' signifiant 'fleuve' ou 'océan', est un fleuve majeur de l'Asie du Sud. Avec une longueur estimée entre 2 900 et 3 200 km, il est le plus long fleuve du Pakistan et l'un des plus importants du sous-continent indien. Son bassin versant, s'étendant sur plus d'un million de kilomètres carrés, couvre des régions de la Chine (Tibet), de l'Inde et du Pakistan. Il a façonné non seulement la géographie, mais aussi l'histoire, l'économie et la culture de cette région depuis des millénaires.

Description

L'Indus prend sa source dans les hautes montagnes du Tibet, près du lac Mansarovar et du mont Kailash, un site sacré pour plusieurs religions. Il coule d'abord vers le nord-ouest à travers le Ladakh en Inde, puis pénètre au Pakistan par le territoire du Gilgit-Baltistan. Il traverse ensuite les chaînes de l'Himalaya et de l'Hindou Kouch, créant des gorges spectaculaires. Après avoir reçu les eaux de la rivière Kaboul en provenance d'Afghanistan, il émerge dans la vaste plaine du Pendjab, où il est rejoint par ses cinq grands affluents : la Jhelum, la Chenab, la Ravi, la Beas et la Sutlej, formant le système du 'Pendjab' (littéralement 'Cinq Rivières'). Il traverse ensuite le désert du Sind avant de se jeter dans la mer d'Arabie par un vaste delta au sud de Karachi. Son régime est principalement nival et glaciaire, avec des crues importantes en été dues à la fonte des neiges et des glaciers de l'Himalaya.

Histoire

L'Indus est le berceau de la civilisation de l'Indus (ou civilisation harappéenne), qui s'est épanouie d'environ 3300 à 1300 av. J.-C. Cette civilisation urbaine sophistiquée, avec des villes comme Mohenjo-daro et Harappa, maîtrisait l'urbanisme, l'écriture et le commerce. Le fleuve était alors probablement plus large et navigable. Dans l'Antiquité, la vallée de l'Indus fut conquise par les Perses achéménides, puis par Alexandre le Grand en 326 av. J.-C., qui atteignit ses rives. Le nom 'Inde' dérive d'ailleurs du fleuve Indus. Pendant des siècles, il a constitué une frontière naturelle et culturelle. À partir du XIXe siècle, les Britanniques ont développé un vaste système de canaux d'irrigation dans la plaine du Pendjab, transformant des terres arides en grenier à blé et posant les bases de l'actuel réseau d'irrigation, le plus grand du monde.

Caracteristiques

Longueur : Environ 3 180 km. Débit moyen : Environ 6 600 m³/s, mais très variable selon les saisons. Bassin versant : Environ 1 165 000 km². Source : Plateau tibétain, près du lac Mansarovar (environ 5 200 m d'altitude). Embouchure : Mer d'Arabie, formant un delta de 7 800 km². Principaux affluents : Rivière Kaboul (rive droite), et les cinq rivières du Pendjab (Jhelum, Chenab, Ravi, Beas, Sutlej) sur sa rive gauche. Régime hydrologique : Nival et glaciaire, avec un maximum de débit entre juin et septembre. Le fleuve transporte une charge sédimentaire considérable, contribuant à la fertilité des plaines mais aussi à l'envasement des barrages.

Importance

L'Indus est la colonne vertébrale économique du Pakistan, fournissant l'eau nécessaire à plus de 90% de l'agriculture du pays grâce au système d'irrigation de l'Indus. Il alimente en eau des centaines de millions de personnes. Le fleuve possède un immense potentiel hydroélectrique, exploité par des barrages comme Tarbela et Mangla, parmi les plus grands du monde. Il revêt une grande importance culturelle et religieuse, étant cité dans les anciens textes védiques de l'hindouisme. Le traité des eaux de l'Indus de 1960, négocié par la Banque mondiale, répartit les eaux du fleuve et de ses affluents entre l'Inde et le Pakistan, en faisant un enjeu géopolitique crucial. Son delta, menacé par la diminution du débit d'eau douce et la montée des eaux marines, est un écosystème fragile abritant une biodiversité unique, dont le dauphin de l'Indus, une espèce en danger critique d'extinction.

Anecdotes

Le dauphin aveugle de l'Indus

Le Plataniste de l'Indus est l'un des dauphins de rivière les plus rares au monde. Vivant exclusivement dans le fleuve Indus, il s'est adapté à ses eaux boueuses en perdant presque complètement l'usage de ses yeux. Il se repère et chasse principalement par écholocalisation. Sa population, autrefois répandue, est aujourd'hui confinée à quelques segments du fleuve au Pakistan en raison des barrages.

Mohenjo-daro, la 'Colline des Morts'

L'une des grandes cités de la civilisation de l'Indus, Mohenjo-daro, a été redécouverte dans les années 1920. Elle révélait un urbanisme remarquable pour l'époque (vers 2500 av. J.-C.) : rues tracées au cordeau, système d'égouts élaboré, grands bains publics. Son déclin et son abandon restent partiellement mystérieux, avec des hypothèses évoquant des changements du cours du fleuve, des invasions ou des changements climatiques.

Le traité qui évita une guerre de l'eau

Après la partition de l'Inde et du Pakistan en 1947, le partage des eaux de l'Indus devint une source de tension majeure, l'Inde contrôlant la tête de certains affluents. Après plus de dix ans de négociations, le Traité des eaux de l'Indus fut signé en 1960 sous l'égide de la Banque mondiale. Il attribue les eaux des trois fleuves de l'Est (Ravi, Beas, Sutlej) à l'Inde, et celles des trois fleuves de l'Ouest (Indus, Jhelum, Chenab) au Pakistan. Ce traité a survécu à trois guerres et reste un pilier des relations entre les deux pays.

Le mythe des sources sacrées

Dans la mythologie hindoue, l'Indus est considéré comme un fleuve sacré. Ses sources légendaires sont associées au mont Kailash, demeure du dieu Shiva, et au lac Mansarovar, dont les eaux sont réputées purificatrices. Pour les bouddhistes tibétains, le mont Kailash est le centre de l'univers. Ces sites attirent des pèlerins depuis des siècles, bien que l'accès aux sources exactes soit extrêmement difficile en raison de l'altitude et du terrain.

Sources

  • Encyclopædia Britannica - 'Indus River'
  • World Wildlife Fund (WWF) - 'Indus River Delta'
  • A. Dani, J.-P. Mohen (dir.), 'Histoire de l'humanité, Vol. II' (UNESCO)
  • International Rivers - 'The Indus Basin'
  • Pakistan Water and Power Development Authority (WAPDA)
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